Actualites Le Semainier Opinions

Lésés

Parmi la tranche de la population, les enfants sont classés dans la catégorie des groupes vulnérables aux côtés des femmes, des travailleuses du sexe, des handicapés et des personnes âgées. Tant en zone urbaine que rurale, les conditions de vie des enfants sont lésées en raison du faible niveau de vie et de pouvoir d’achat des ménages. De surcroît, les budgets alloués aux différents secteurs dédiés à l’enfance demeurent dérisoires. Par exemple, dans une commune de neuf fokontany, chacun dispose d’une école primaire, mais les élèves qui réussissent à leur CEPE doivent rejoindre un ou deux collèges situés dans le chef-lieu de la commune, ce qui représente une faible capacité d’accueil. Ce sera encore pire lorsqu’ils atteignent le niveau lycée. De ce fait, soit les parents inscrivent leurs
enfants dans une école privée où les frais de scolarité ne sont pas à la portée de leur bourse ou ils leur demandent d’abandonner les études et leur proposent de travailler. L’on sait qu’un enfant âgé de 13-15 ans sur deux n’a pas pu achever le cycle primaire; 17% des enfants sont capables de lire en français ou en malgache; le taux d’abandon à la fin de la première année du primaire est de 30%. Dans son document « Analyse budgétaire de l’éducation nationale 2014-2019 », l’Unicef rapporte que « la déconcentration et la décentralisation du budget de l’éducation nationale doivent être concrétisées pour qu’il y ait un réel impact sur les élèves qui se trouvent au niveau des structures locales.

Actuellement, le taux de déconcentration est estimé à moins de 10% du budget total de l’éducation nationale ». Plusieurs efforts et défis restent à déployer et à relever si l’État souhaite réellement se pencher sur le bien-être des enfants malgaches.

Du côté de la santé, l’Unicef a partagé aux parlementaires de Tsimbazaza quelques indicateurs alarmants tels que vingt-deux bébés vivants sur mille naissances décèdent avant d’atteindre un mois; cinquante enfants vivants sur mille naissances décèdent avant l’âge de 5 ans; un enfant de moins de 5 ans sur deux souffre de malnutrition chronique (taille trop petite par rapport à l’âge); deux enfants sur trois vivant dans les zones rurales n’ont pas accès à des sources d’eau améliorées. Madagascar alloue actuellement 7 % de son budget à la santé publique, ce qui est loin d’être suffisant, celui-ci devrait au moins être doublé en vue d’une meilleure couverture sanitaire. D’autres secteurs méritent d’être abordés si on ne cite que l’eau, l’hygiène, l’assainissement et la protection. 

Add Comment

Click here to post a comment

  • Madagascar et d’autres iles de l’Océan Indien devront également se préparer à faire une Exit aussi vis-à vis de l’Union Africaine dans les années à venir. Seul cela permettra à la Zone Océan Indien de mieux rayonner à l’international