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Îles Éparses – La terre «com»promise

France - Madagascar

Le sort en est jetè. Le pouvoir règalien, síagissant de la diplomatie a permis ‡ andry rajoelina ce mercredi 29 mai aprës-midi de revendiquer ouvertement les óles eparses face au prèsident de la rèpublique franáaise, emmanuel macron

Amorce à suivre. Le Palais de l’Elysée n’étant jamais  aussi calme malgré l’affluence assez nombreuse, deux chefs d’Etat sont parvenus à toucher un sujet sensible. C’est assez hâtif au siège de la Présidence de la République Française qu’une rencontre ait lieu entre Emmanuel Macron et Andry Rajoelina. Les fastes diplomatiques absents ont fait rapidement place à une conférence de presse. Le Président de la République Française, Emmanuel Macron, est resté prudent dans le règlement du litige depuis longtemps enfoui, impliquant l’Etat malgache et l’Etat français, concernant les îles Eparses depuis 1979. La résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies cette année-là ayant enjoint à la France de restituer les îles Eparses au Gouvernement de la République Démocratique de Madagascar.

Recours

Un acte déclaratoire sans effet car aucune exécution de la part de la République Française n’a eu lieu jusqu’à l’heure où l’on parle. Même le contexte de la guerre froide, favorable pour Madagascar rangé dans le camp socialiste et soutenu par les autres Etats décolonisés n’y fit rien. Autre époque, autres mœurs, selon l’adage. Quarante-ans après, la visite d’Etat en cette année 2019 du Président de la République Andry Rajoelina à Paris, fait rebondir le règlement à l’amiable et d’une façon consensuelle du litige de fait planant sur les relations franco-malgaches. C’est par la conférence de presse historique, dans l’après-midi sobre du 29 mai, à l’Elysée face aux délégations ministérielles françaises et malgaches, qu’Emmanuel Macron apostrophe en insinuant la restitution des îles Eparses  d’ici la veille du soixantième anniversaire de l’Indépendance de Madagascar.

Et c’est toujours lors de cette conférence de presse  avant  laquelle Andry Rajoelina s’est permis de demander les îles Eparses d’une manière franche, directe, et sans ambages, que son homologue français évoque une « solution partenariale sans passer par des recours juridictionnels ». Emmanuel Macron n’a pas donné une réponse définitive laissant entrevoir un ajournement de la décision effective des deux parties et plaçant en conséquence les îles Eparses sous occupation française jusqu’à nouvel ordre. « Une commission mixte pour trouver une solution commune » est immédiatement proposée par Andry Rajoelina  , appuyant sa cause sur l’invitation d’Emmanuel Macron à venir alors à Madagascar le 26 juin 2020 en tant qu’invité de marque. En réponse, la République Française, de par la voix de son chef de l’Etat se dispose donc à résoudre la question problématique des îles Eparses dans un délai d’un an. Sitôt le sujet des îles Eparses évoqué dans  la rencontre en tête-à-tête entre deux chefs d’Etat concernés,  les enjeux économiques qui y sont liés sont omis, au point que la presse française a quand même consacré de l’importance au geste téméraire d’Andry Rajoelina dans sa demande de restitution des îles Eparses face à Macron.

Priorités

Curieusement, aucun protocole d’accord n’est signé en marge de la rencontre à l’Elysée pour le cas des îles Eparses tandis que lors de la rencontre avec des entrepreneurs français deux jours auparavant, des conventions formelles dans le secteur de l’énergie ont eu lieu.

De là vient l’étonnement sur la véritable priorité accordée aux îles Eparses. L’atout économique que ces dernières présentent devient l’otage de l’absence d’un cadre exact de gestion. La mise en place d’une entité effective pour assurer la restitution des îles est laissée pour compte. Loin d’être une victoire acquise, aborder les îles Eparses comme sujet de rencontre parmi d’autres est tributaire de la question de marché du carburant qui fait la richesse énorme de ces îles. Le point focal est oublié pendant qu’à Madagascar les distributeurs et opérateurs dans le domaine des hydrocarbures et notamment l’importation du pétrole se résignent dans leur mutisme face au diktat de l’Etat désireux de réduire le prix à la pompe. Les îles Eparses regorgent d’un stock important de carburant et de gaz, mais aucun exploitant malgache n’est sollicité pour y entreprendre et n’est préparé pour prendre aux mains des occupants actuels ces potentialités basiques pour l’économie de Madagascar. Si au regard du droit international, l’administration d’Etat sur un territoire est exigée pour que celui-ci fasse partie intégrante d’un Etat, les îles Eparses sont françaises en raison de l’absence là-bas, de structures administratives malgaches.

Par tsiory fenosoa ranjanirina