Grand Angle

Artisanat – Le haut de gamme perce le marché

Líartisanat síarme de bons atouts en misant sur la qualitÈ. Les diffÈrents ÈvÈnements mettent en avant cette belle mÈtamorphose.  La filiËre perce 
de plus en plus sur le marchÈ local, et sÈduit davantage la clientËle

La qualité s’ajoute à l’originalité des articles des artisans. L’artisanat cible plus haut. Faites de différentes techniques et à partir des matières qui font la singularité de la Grande Île, et en mettant des valeurs ajoutées sur chaque article, les pièces artisanales ont tout pour plaire. La valeur éthique et ethnique des œuvres luxueuses des artisans séduit. Les Malgaches manifestent aussi leur vif intérêt face à ce changement. Les foires et salons exhibent avec fierté les produits artisanaux haut de gamme et  cartonnent à chaque édition. Cette stratégie rencontre un vif succès et donne une autre envergure à l’art de la Grande Île.

Dans chaque discipline de l’art, quelques noms ou quelques enseignes se distinguent du lot en proposant des articles d’une extrême finesse.

 

 

 

 

 Rayonnements

Le haut de gamme est leur leitmotiv. La galerie Les Goyaviers en fait partie. Elle participe activement aux différentes expositions locales et internationales. à rythme régulier, elle expose à l’hôtel Le Louvre à Antaninarenina et y prévoit une autre édition du 1er au 30 juin.  « Constamment, les expositions démontrent que l’art évolue dans le bon sens, que les artisans sont capables de donner le meilleur d’eux-mêmes. Nous avons des nouveautés pour cette édition du mois de juin au Louvre. C’est l’occasion de découvrir ou redécouvrir les belles pièces qui sont les preuves palpables des travaux rigoureux des artisans et qui méritent d’être connues et reconnues à leur juste valeur. J’invite surtout les Malgaches à venir apprécier ces belles réalisations.

Les étrangers à la recherche d’articles originaux y trouveront leur bonheur. Le ministre de l’industrie viendra pour le vernissage, le mercredi 5 juin », explique Nirina Serin de la galerie Les Goyaviers. Son goût prononcé pour l’ artisanat de qualité l’a poussée à avoir une grande ambition pour emmener les travaux des artisans dans les grandes expositions de grande envergure. Son amour et son soutien inconditionnel à l’art malgache, ses initiatives lui ont valu le titre de Commandeur de l’Ordre National des Arts en 2017.

Qualification

Toutes les disciplines de l’artisanat misent 
de plus en plus sur la qualité et l’originalité

honorifiqueHaut de gamme est une qualification honorifique. Les articles sous cette appellation là s’adressent à une cible plus sélective qui n’hésite pas à mettre la main au portefeuille. Les galeries d’art dénichent des articles qui répondent aux exigences de leur clientèle. Originalité et qualité sont leurs critères de sélection. Sacs et chapeaux, maquettes de bateau en bois précieux, dinanderie,  fer forgé et minéraux, pièces en pierres précieuses, bijoux et artisanat contemporain, peintures, sculptures ont fière allure. L’ensemble reflète le côté noble de l’artisanat de la Grande Ile.

Côté vulnérable

Les artisans déploient tous leurs efforts pour assurer ce marché en pleine évolution. Trouver de la bonne matière reste leur premier défi. Face à la concurrence des exportateurs et au besoin considérable des  géants, ils ne sont pas les premiers servis et doivent se contenter des restes que les autres ne veulent plus. La faible trésorerie des artisans ne leur permet pas  de s’aligner aux puissants concurrents. La bataille des prix des matières premières ne leur est pas du tout favorable. « Beaucoup de facteurs entrent en jeu pour être sûrs d’avoir les matières premières dont on a besoin pour travailler. Prévoir et anticiper chaque situation aident à contourner les mauvaises surprises. Il nous arrive parfois de stocker une grande quantité de nos matières premières quand on sent qu’il y aura une baisse de récolte au niveau des producteurs. Et surtout c’est de ce côté-là que les artisans sont vulnérables. La plupart d’entre eux n’ont pas la trésorerie nécessaire pour faire face à ce contexte.  Pourtant, c’est la base de tout notre travail. La mise en place d’un central d’achat aide considérablement les artisans pour s’approvisionner en matières premières. Quand on manque de matières ou si elles ne sont pas de bonne qualité, on ne peut pas travailler correctement », évoque Saholy Razafindrakoto, travaillant dans la vannerie.

L’habilité des artisans
 garantit la qualité de l’œuvre

Culture

d’excellence« Il faut tout d’abord aimer ce que l’on fait. Savoir faire ne suffit plus. L’art demande une grande patience pour obtenir de bons résultats. La culture de l’excellence aussi est nécessaire. Ne pas hésiter à refaire jusqu’à obtenir le résultat escompté. Puis, se documenter ou rechercher d’autres procédés pour innover dans sa discipline apporte une valeur ajoutée à l’œuvre. Il faut entretenir régulièrement son esprit créatif. Marier deux  matières inattendues, utiliser d’autres supports, ou oser sortir des sentiers battus attirent toujours l’attention. Et s’inspirer de ce qui marche ailleurs sans tomber bêtement dans la copie. Bref, l’art demande beaucoup de rigueur pour avoir une certaine finesse », conseille Solomon Manan’Art, un sculpteur de renom.

 

 

Les expositions investissent les hôtels 
de haut standing pour mettre en avant l’artisanat malgache haut de gamme

 

 

 

Par Ricky Ramanan / Photos :  Mamy Mael, Archives