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Concours de projet – K-çava remporte « 24 heures pour Entreprendre »

Soixante-deux étudiants issus de différents écoles et instituts supérieurs ont concouru dans le cadre du « 24 heures pour Entreprendre ». L’équipe qui a présenté le projet K-çava a gagné le premier prix

Projet ambitieux. Nirina Samuel Rakotonasolo (Misa), Mahenina Andriantsoa (Iscam), Cédric Jonathan Randriamilamina (IT-U), Toky Axel Andriamizakason (MISA), Philibert Gianie Ramananjato (UCM) et Domoina Ratsirahonana (ASJA) qui ont présenté le projet K-çava ont impressionné les membres du jury en marge d’une préparation de vingt quatre heures d’affilée. Ils ne se connaissaient pas au début. Le Cocoon et le Centre d’excellence en entrepreneuriat (Ceentre), organisateurs du concours, ont composé les équipes et ces étudiants aux multiples compétences se sont réunis pour exposer un projet unique. « Chacun de nous a exprimé son projet, mais au final nous avons opté pour le projet K-çava qui valorise le manioc lequel sera proposé comme aliment de base au même titre que le riz », relate Mahenina Andriantsoa.
En phonétique, K-çava signifie « manioc » en anglais. « Le mot çava dénote l’apport nutritionnel de ce féculent, son pouvoir plus consistant et ne comportant aucun gluten. La nouvelle forme que nous allons lui donner, peut supplanter le riz », fait remarquer Nirina Samuël Rakotonasolo.
Le manioc traité se transformera en graines, seraemballé et commercialisé. Face à l’augmentation du prix du riz et le faible pouvoir d’achat des ménages malgaches, les porteurs du projet croient que les granules en sachet vendus à plus de 1 000 ariary seront prisées. Le manioc étant réputé être décalcifiant, les pilotes du projet ont déjà étudié l’extraction du cyanure pour que les familles puissent consommer sans problème le nouveau produit. « Les usagers n’auront plus à éplucher le manioc. Un sachet contiendra un kilo de grains. Ce qui explique le prix de plus de 1 000 ariary. D’après notre calcul, le prix reviendra moins cher que celui du riz », rapporte Mahenina.

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Les autres projets sur la sécurité informatique, la salle de vidéo, le parking, la proposition de recettes et l’accompagnement d’élèves au lycée restent des bases écrites, mais leurs initiateurs apportent tous leur savoir-faire dans la réalisation de K-çava.
Les jeunes entrepreneurs vont aborder les paysans et mettront la main à la pâte durant tout le processus tel que le lavage, le grattage, le séchage jusqu’à l’obtention de graine et l’emballage. Ils ciblent en premier lieu les ménages à faibles revenus et, de fil en aiguille, l’approvisionnement des grandes surfaces. Plus tard, ils comptent atteindre les producteurs de manioc et envisagent de les former dans la transformation des graines.
Les jeunes gagnants ont profité d’une journée et d’une nuit pour enrichir leur partage. Ils ont appris à exprimer leurs idées, à s’écouter les uns les autres et ont découvert qu’ils sont polyvalents et complémentaires.
Cette première édition de « 24 heures pour Entreprendre » a vu la participation de l’Iscam, de MISA, de l’UCM, de l’Inscae, de l’INTH, de l’Imgam, de l’Université d’Antananarivo et de l’ASJA. Les équipes ont reçu des coachings en marketing et communication, en matière financière et juridique, une formation de montage de projet et de business plan.
Comme récompenses, les gagnants reçoivent une formation gratuite donnée par Tumbu, un accompagnement dans la formalisation de l’entreprise avec le Ceentre, la possibilité d’une vitrine sur site web, la mise à disposition d’un espace de coworking à Ankorondrano, pendant trois mois, un accès progiciel gratuit sur vente et gestion de la relation avec les clients et un certificat de premier prix.

Textes par Farah Raharijaona