Actualites Social

Violences basées sur le genre : Mialy Rajoelina la douceur comme arme

La première dame a inauguré cette semaine un centre destiné à accueillir les victimes des violences basées sur le genre. Aux yeux des Nations unies, il s’agit là d’un signal fort

“Vous qui voyez ou qui connaissez une victime de violences. Vous avez des devoirs sur elle. Nous ne devrons pas rester les bras croisés, en pensant que ce n’est pas à nous d’intervenir dans une telle circonstance. » L’engagement sur la lutte contre la violence basée sur le genre (VBG) part des plus hauts sommets de l’état. Ces paroles prononcées par la Première dame de Madagascar lors de l’inauguration, cette semaine, du centre intégré pour accueillir les survivantes des victimes de VBG sis à Mahamasina, en témoignent.

« Faites savoir aux victimes que vous croyez en elles et que vous n’êtes pas là pour les juger. Dites-leur qu’aucune raison n’explique la violence », ajoute Mialy Rajoelina.

Cet engagement de la Première dame dans la lutte contre la violence basée sur le genre est salué par les
Nations unies, à travers le Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap). Pour Constant-Serge Bounda,
représentant l’organisme à Madagascar, Madagascar est dans la bonne direction. « Cela fait un moment que le pays dispose d’un cadre qui régit toutes les politiques en matière de VBG. Maintenant, nous sommes passés à la vitesse supérieure, non seulement grâce à l’action de la première dame, mais également grâce à l’implication du gouvernement et du parlement », constate-t-il. Il est optimiste quand à l’atteinte de zéro violence, en 2030.

La Première dame est très impliquée dans cette lutte. Grâce à cela, elle a été choisie en avril dernier par le FNUAP pour être l’ambassadrice de la lutte contre les VBG. Ses engagements et son professionnalisme séduisent et incitent plusieurs associations et organisations à s’impliquer dans cette lutte de longue haleine. Celles-ci ont manifesté leur volonté à s’engager avec l’association Fitia, fondée par la première dame, qui a travaillé depuis toujours, auprès des plus vulnérables. Les unes veulent appuyer la prévention des violences, d’autres entendent intervenir dans la réinsertion des victimes.

Pour le commissaire Ny Aina Randriambelo, point focal national sur les questions liées aux VBG, ce centre est primordial dans la lutte car le point de contact des victimes en termes de prise en charge a augmenté en nombre.  “Mais le plus important est qu’il s’agit d’un centre intégré : toutes les prises en charge se trouvent au même endroit et mieux encore, il y a un endroit où les victimes peuvent se réfugier pour quelques temps”, se félicite-t-elle.

Un projet de loi sur les violences basées sur le genre est en cours d’examination. Madagascar pourrait donner l’exemple à l’Afrique et au monde, en étant l’un des pays à se doter de cette loi importante, selon le Fnuap.
Mialy Rajoelina, elle, ne lâche rien « Tant qu’il y aura des victimes, je continuerais à me battre. Ce fléau affecte la société. Ces faits monstrueux me blessent profondément.»

Plus de femmes que d’hommes

131 personnes ont été prises en charges par la brigade féminine de protection cette année. Ces personnes ont principalement subi des violences économiques. Des victimes de violences physiques et morales mais aussi huit cas de maltraitance d’enfants, ont également été répertoriées. Les chiffres font froid dans le dos : soixante cinq plaintes reçues pour viol, 255 cas de détournement de mineurs, seize tentatives de viol, … indiquent entre autres les statistiques de la Brigade féminine de protection, recueillies depuis le mois de mai.

La classification internationale donne quatre types de violences : physique, morale ou psychologique, sexuelle et économique. Toute forme atteinte à l’intégrité physique constitue une violence physique: les gifles comme les coups de poing, les meurtres ou autres empoisonnement.

à Madagascar , les cas de violences basées sur le genre les plus courantes sont les violences domestiques qui englobent la violence conjugale, la violence intrafamiliale et les différentes sortes d’abus et de maltraitance envers les enfants.

Les études montrent à l’unanimité que l’on compte plus de femmes que d’hommes. « Cela ne veut pas dire que les hommes ne pourraient pas être victimes. Mais, le nombre de cas dénoncé est moindre du fait de la représentation sociale que les hommes sont forts, ils sont les chefs et les maîtres », souligne le commissaire Ny Aina Randriambelo. Par peur du regard des autres, d’être accusés de faibles, ils ne dénoncent pas.