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Les violences basées sur le genre

Les violences basées sur le genre ou VBG sont un fait social vieux comme le monde bien que l’intérêt porté au sujet soit plus marquant depuis cette dernière décennie. Les organisations de femmes de par le monde ont réussi, par la lutte pour la reconnaissance de leurs droits et l’obtention de l’égalité homme-femme, à amener cette question douloureuse et souvent occultée voire tolérée, au-devant de la scène internationale.

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes a été célébrée  le 25 novembre, soutenue par l’Organisation des Nations unies. Elle a été l’occasion pour chaque continent de contribuer à sa manière au renforcement des engagements dans la protection des femmes. Cette journée débute la campagne de 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe. Mais qu’entend-on par VBG ? Ce terme désigne tout acte de violence perpétré contre une personne en raison de son identité ou de son expression de genre. Il regroupe tous les actes infligés à une personne contre son gré. Les VBG touchent beaucoup plus la gent féminine bien que les hommes et les garçons peuvent aussi en être victimes.

 

Les principaux types de VBG sont :

  • les violences sexuelles (viol, attentat à la pudeur, propos obscènes, harcèlement sexuel, dénigrement sexuel, gestes déplacés de nature sexuelle, etc.)
  • les violences physiques (agressions corporelles occasionnant des douleurs, des blessures ou de la gêne)
  • les violences psychologiques et émotionnelles (insultes, menaces, intimidations, harcèlement verbal, isolement, humiliations, etc.)
  • les violences économiques (déni de l’accès légitime à des ressources, opportunités de subsistance ou à des services sociaux, etc.)
  • le mariage forcé

Un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA)  établit que 
30 % des femmes malgaches ont été victimes de violence conjugale. Ce chiffre bien que déjà effarant, édulcore pourtant la triste réalité. La méconnaissance des VBG et la culture de subordination sociale et économique de la femme envers l’homme occultent les cas de violence à l’égard des femmes.

La plupart des VBG sont illégales et constituent des infractions correctionnelles et même criminelles, mais elles ne le sont pas toutes. Parler de violences faites aux femmes dans notre société évoque souvent l’image de la femme battue. Même si elle ne laisse pas de marque et est à la fois difficile à prouver et à évaluer, la violence morale est réelle. Tandis que le droit Français a reconnu la violence psychologique depuis 2010, la Grande Ile accuse du retard sur le sujet. Toujours d’après le rapport de l’UNFPA, de 2015 à 2019, 70% des victimes de violences  psychologiques ont passé ces agissements sous silence. Il est à spécifier que la violence envers les femmes – dont la plus courante est conjugale – frappe toutes les catégories sociales.

Pour protéger la femme des violences conjugales, le législateur malgache avait intégré le droit du  Misintaka dans la Loi sur le mariage. Il consiste au droit pour l’épouse de quitter temporairement le domicile du mari  jusqu’à ce que celui-ci procède aux démarches du Fampodiana ou invitation à réintégrer le domicile conjugal. Ces dispositions ne suffisent toutefois pas à enrayer le phénomène.

Une proposition de nouvelle loi spécifique aux cas de violences basées sur le genre a été soumise au ministère de la Justice. Elle tient compte de violences non encore punies par la législation actuelle, comme la violence économique. Une chaîne spéciale de juridiction comportant une trentaine de magistrats devrait être mise en place pour juger des cas de violences basées sur le genre a annoncé la Première Dame en tant qu’ambassadrice de l’UNFPA, au mois de mai de cette année.