Actualites Chronique de ... Opinions

Je ne sais quels furent vos rêves adolescents

e ne sais quels furent vos rêves adolescents, devenir une fée (peut-être pas du logis), un ingénieur, un pilote de ligne (euh ! faut pas le répéter, mais une de mes petites-filles veut devenir pilote de chasse). Quand je pense qu’à mes 12 ans, je voulais devenir hôtesse de l’air. C’est vrai qu’à 6 ans, pour moi l’homme idéal, c’était le pompier, je ne voulais pas devenir pompière (ça se dit ça ?), je voulais convoler en justes noces avec un pompier. Ah ! que j’aurais été belle, auprès d’un homme en costume noir et rouge, avec de grosses bottes noires, un casque brillant et une grosse voiture rouge qui fait pim-pon, pim-pon, tandis que moi, j’aurais été couverte d’un voile blanc qui aurait caché ma splendeur virginale revêtue de blanc.

Ouais ! Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela, j’en avais glissé un mot à ma mère qui m’a mis une de ces branlées : « Tes études fera, ton bac passera et tes délires bouclera. » Point. La volée de bois bien vert, le droit chemin a poursuivi, à un point tel qu’à seize ans, j’ai rêvé d’être bonne sœur, carmélite, Marguerite Soubirous et j’en passe. Le pied. Je me voyais déjà, comme disait Charles Aznavour, de robe de bure vêtue, dans une cellule monacale, vivant de pain de seigle ou de riz bien sec, avec un verre d’eau, et levant les yeux au ciel en remerciant Dieu tout puissant de m’avoir donné la force de supporter ces épreuves.

Mais je crois que je vais remercier maintenant nos divers gouvernements et tous ceux ou celles qui sont partis avec les caisses de la Jirama, entre autres ,(bof, on sait tous à peu près qui c’est, mais en bon malgache, on est partisan de : « ta langue retiendra »), je disais donc merci de nous donner ainsi l’occasion de tester notre patience et de nous mettre à l’épreuve de l’austérité presque extrême.  Ah non mais, on est en odeur de sainteté, nous Malgaches et nous pourrons envoyer nos experts en austérité, recycleries, j’en passe et des meilleures.

Délestage de 24 heures ? Pas de problème. Nous sommes habitués : lampes solaires pour les sophistiqués, lampe à piles, lampes à pétrole, (qui puent), bougies, mêmes que nos futurs bacheliers on les fait passer leurs examens à la bougie. C’est pas romantique çà, je ne pense pas qu’ailleurs une académie ait pensé à le faire. Exit tous les produits de consommation tels que frigo, fer électrique, ordinateur (tiens ! la machine qui me sert à écrire mes chroniques montre qu’elle va bientôt se délester). Pour l’eau, ne vous en faites pas, vous entretenez votre amour de l’austérité complète en vous levant à une heure du matin, pour récolter quelques gouttes dans un bidon jaune, et si vous devez sortir pour le faire, agrémentez vous d’un gilet jaune et allez y à plusieurs, car on ne sait jamais. Pour le déplacement, montrez votre endurance en supportant l’attente de deux heures dans une file de voyageurs longue de 500 mètres. Et gueulez pas quand une voiture à plaque rouge passe devant vous.  C’est la voiture d’un haut responsable, faut pas toucher aux institutions et à leurs représentants. La démocratie, c’est  « avale ton substitut de soupe de vary soasoa tsy misy vary, fa be rano ») enfin si la Jirama veut bien agréer ce nouveau plat. Et si vous êtes malade, vive le Paracetamol : t’as une diarrhée ? Paracétamol, t’as une dent qui te fait mal, Paracétamol (au fait comment ils font avec tous leurs appareils les gens du corps médical, hôpitaux and co, quand il y a coupure, et les usines qui sont censés faire vivre le pays ?)

Non vraiment, merci à tous ceux qui se sont barrés avec les caisses, car depuis, nous les Malgaches, nous sommes devenus de véritables ascètes , d’une austérité confondante et d’une endurance hors pair.