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Enjeux de lumières

La saison des pluies arrive avec son lot de tracas: des éclaboussures aux petites inondations que n’arrivent plus à juguler les canaux vétustes et obstrués. Des batailles rangées aux environs des arrêts de bus les soirs après le travail aux dîners aux chandelles en famille désormais coutumiers. Voilà comment Antananarivo, Tana pour les intimes, capitale de Madagascar, fait face à son quotidien. La résilience des habitants de la première ville malgache laisse songeur. Bien sûr, il ne se passe pas une journée sans que la seule compagnie des eaux et electricité de Madagascar, la Jirama , ne se fasse traiter de tous les noms sur les réseaux sociaux. Ces derniers sont d’ailleurs devenus le seul exutoire possible pour des clients désabusés mais lucides à la fois. Malgré les communiqués rassurants, les licenciements à la pelle, et une volonté affichée de bien faire de la part des responsables, le Tananarivien le sait bien : la délivrance ne sera pas pour demain. Chaque jour aura sa petite histoire d’electro-ménagers détruits, de repas gâchés faute d’electricité, de devoirs à la maison faits à la lueur d’une bougie. Le Tananarivien aura perdu son sens du romantisme quand il a vu il y a un peu plus d’un mois ses enfants passer les examens nationaux dans le noir. L’enjeu de la lumière est tel que le sujet s’est invité dans la campagne des communales. Des candidats promettent l’étincelle qui sortira la capitale et ses environs de son marasme. Une capitale complètement desséchée, rythmant sa vie désormais sur la valse des camions porteurs d’eau et alignant ses objectifs sur la file des bidons jaunes devant les bornes fontaines. Un responsable étatique a enflammé Facebook récemment en interpellant cette impatiente et ingrate Antananarivo qui ferme sciemment les yeux sur les efforts déployés à son encontre alors que d’autres contrées, tout aussi malgaches, sont dans le noir depuis la nuit des temps. La pique a fait mouche certes, mais elle a également frappé un moral déjà à terre. Ce n’est pas la mer à boire pourtant. Tout ce que l’on demande c’est un peu de jugeote, du savoir faire en matière de gestion d’entreprise, de l’éthique, de la probité et le déclic se fera tout seul. Tout redeviendra clair. 

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