Reportage

Election – Les gagnants de la campagne

D’où viennent les fonds de campagne électorale, personne ne sait. Par l’observation, certains candidats utilisent plus de moyens pour parvenir à ses fins

Louer des hélicoptères autour de 2000 euros par heure.
Un exercice de haut vol qui n’est pas à la portée de tous les candidats. Les candidats peuvent survoler un lieu ou une région en quatre heures. Ce ne sont que les candidats qui possèdent des moyens qui peuvent se permettre de survoler tout le pays, chaque jour. Les candidats sont censés demander l’autorisation de location d’hélicoptère , deux mois avant, auprès de l’Aviation civile de Madagascar (ACM). La plupart des hélicoptères ont été importés de l’Afrique du Sud. Onze hélicoptères étrangers survolent l’espace aérienne malgache. Pour pouvoir entrer dans le territoire malgache, les pilotes ont d’abord suivi des consignes auprès de l’entreprise Sky service pour le climat et la carte géographique. « L’autorisation est délivrée par l’ACM. Le plan de vol est exécuté par l’entreprise Sky services», a-t-on informé une source. D’après un renseignement auprès de Sky Service, une heure de vol est évaluée à 2 200 euros hors TVA, soit 8 800 000 ariary. Un candidat peut survoler les régions qu’ils veulent côtoyer pendant deux heures. Deux heures coûtent déjà 17 600 000 ariary. En un mois, l’argent alloué à la location d’hélicoptère s’élève à 264 millions d’ariary. D’après une source anonyme, un hélicoptère suivent un plan de vol. Les programmes des candidats sont déjà établis à l’avance. Il ne s’agit pas de partir d’abord dans le Sud et revenir dans le Nord. Pour gagner plus de région et alléger les dépenses, si les candidats rendent visite à une région, ils profitent aussi à retrouver ces partisans sur les districts environnants. «  Si le candidat décide de rencontrer la population de la région Sava, il traverse Antalaha, Vohémar et Sambava ainsi que les parties du Sud Est », d’après l’explication d’une source anonyme.

Partisans ou non

Le bain de foule suscite l’attention de la population. Convaincus ou pas convaincus, partisans ou non, les gens récoltent de l’argent juste pour animer la propagande. D’après les informations recueillies auprès des personnes sources qui ont requis l’anonymat. Ces personnes reçoivent
5 000 à 25 000 ariary quotidiennement. Ceux qui parcourent le centre-ville au-dessus des voitures obtiennent beaucoup plus d’argent que les autres. Chaque fokontany possède un lieu de ralliement pour l’organisation. D’après un responsable de point de ralliement, le côté financier reste confidentiel, mais ils recrutent des personnes pour faire le tam-tam dans toutes les rues chaque jour. Des personnes restent fidèles et profitent de cette occasion pour faire un peu d’argent durant un mois. Lors de grand rassemblement, les partisans ne reçoivent pas d’argent mais viennent juste par conviction. « J’ai assisté pleinement à des rassemblements des candidats. Certains n’achètent pas la volonté des gens pour les épauler dans leur campagne mais dépendent du propre désir de leurs partisans. Il existe un candidat, parmi les trente six qui se présentent à l’élection présidentielle, qui ne convoque pas ses partisans, en leur proposant de l’argent. Même si ce candidat peut trouver des sources d’argent pour sa propagande, il préfère convoquer ses partisans par leur propre volonté afin de ne pas avoir une dette morale ».

Aucun bénéfice pour les sérigraphes

La plupart des sérigraphes du centre-ville n’ont pas tiré des bénéfices par rapport à la campagne électorale, cette année. Le marché extérieur a pris tous les marchés d’accessoires pour la propagande. « Les tee-shirts et les casquettes ainsi que les banderoles ont été exportés de Chine »,
affirme un responsable de point de ralliement à Besarety. Les commandes de tee-shirt sont très peu. « Nous n’avons jamais de fortes demandes de conception de tee-shirt pour la propagande jusqu’à maintenant. Les organisateurs ne commandent pas de tee-shirt, sauf s’ils sont en rupture de stock. Mais nous ne nous engageons pas sur des commandes où nous ne pourrons en tirer
aucun bénéfice. Nous n’avons jamais fait de banderole ni d’ affiche pour le moment », affirme un gérant de sérigraphie à Ambohijatovo. L’impression des photos de candidats coûte 1 000 ariary, or, les organisateurs veulent des prix encore moins chers. Lorsque les candidats optent pour un grand rassemblement à Antananarivo, plusieurs personnes proposent des impressions de la photo des candidats qu’ils adorent.
Le prix des photos imprimées sur les tee-shirts
reste 1 000 ariary, comme prix de gros. Mais, si les impressions se font une à une alors, le prix est de 1 500 ariary.

Par Mamisoa Antonia / Photos : Tojo Razafindratsimba