Rencontre

Cédric Ranjalahy – « Je veux devenir un expert-comptable »

Deuxième année au Lycée technique professionnel d’Ampefiloha, série G2, comptabilité et gestion, Cédric Ranjalahy nous partage ses futures ambitions. Après avoir obtenu la mention Très bien au baccalauréat

À quoi attribuez-vous votre mention Très bien ?

Je dirais à mes notes plus qu’excellentes dans les matières de base. Comme la comptabilité et étude des cas qui vaut un coefficient 8. Quand vous trouvez les bonnes réponses au bout d’une multitude de complications, vous gagnez de nombreux points déjà décisifs. Dans le cas contraire, c’est la catastrophe. Pour les mathématiques financières, droit fiscal, mathématiques générales et statistiques, où il est impératif d’être précis, j’ai aussi placé la barre assez haut. Sans négliger les épreuves littéraires comme le français, l’anglais ou la philosophie. L’ensemble a donné le résultat qui m’a un peu surpris. Il n’est pas fréquent dans notre lycée, qu’un élève de l’étage inférieur obtienne ce « graal » très convoité.

À qui devez-vous votre réussite scolaire ?

À mes parents qui m’ont soutenu sur les plans moral et physique. Je tiens à les remercier. Ils ont consenti d’énormes sacrifices pour que je puisse étudier dans les meilleures conditions. Nous habitons à Analamahitsy et pour aller à Ampefiloha et revenir avec des taxis-be, avec les embouteillages sur cet axe, il faut partir très tôt le matin et rentrer le plus vite le soir. Avec l’insécurité ambiante, il n’est pas indiqué de traîner dans ce quartier où pullulent les voleurs à l’esbroufe. L’exploit des Barea de Madagascar m’a inspiré. Avec de la persévérance et de l’assiduité, la récompense ne peut être que plus belle.

Et maintenant ?

J’entends entrer, par voie de concours, dans un de ces instituts supérieurs de comptabilité et d’administration des entreprises dont la bonne réputation a dépassé nos frontières. L’économie nationale commence à se redresser après des années de crise politique, des firmes internationales commencent à s’installer. Ils auront plus besoin de mains d’œuvre qualifiées, des ouvriers spécialisés et des techniciens supérieurs que de philosophes ou historiens. Plusieurs opportunités s’offrent mais mon objectif ultime serait de devenir un expert-comptable. C’est un métier méconnu mais d’une importance capitale pour la vie économique et financière. Il appartient aux experts-comptables de valider les comptes d’exploitation et du bilan des entreprises. Leurs signatures approbatrices valent de l’or.

Vous avez le profil de l’emploi ?

J’ai lu dans les journaux qu’il n’existe que 144 experts-comptables agrées par leur Ordre et 86 stagiaires. Alors que le pays compte 200 000 entreprises légalement constituées et un million de sociétés individuelles. Les travaux à faire, comme nous disions dans notre jargon, sont d’une densité impressionnante. L’offre ne suit pas la demande. Il s’agit d’un créneau qui possède une marge de progression intéressante. Je n’exclus pas de partir à l’extérieur, si j’obtiens une bourse, pour parfaire mes connaissances. Je pense que les conditions sont réunies pour honorer la dignité des experts-comptables et les professions qui gravitent tout autour de la gestion et du management.

Il vous arrive de vous divertir ?

Bien entendu. Comme les adolescents de mon âge, je suis très actif sur les réseaux sociaux, dans le bon sens de l’expression. Je ne perds pas mon temps à polémiquer sur des sujets futiles. J’adore aussi la natation. S’il est difficile d’atteindre le niveau de Michaël Phelps, c’est une discipline sportive qui entretient le corps et l’esprit. Je me débrouille pas mal dans quatre styles. Je regarde aussi la télévision. Mes émissions préférées sont la série « The big bang theory » où les conversations sont à la fois amusantes et intelligentes. J’apprécie aussi les films documentaires comme la genèse et la chute des Nazis. Je ne suis pas tellement un fan de foot mais la
Premier league anglaise m’intéresse. Des équipes se valent alors qu’en France, le PSG est au-dessus du lot. Je ne cours pas les bars et karaokés avec les copains et copines. Etre « nightclubber » n’est pas, a priori, ma vocation.

Qui êtes-vous au juste ?

Je suis l’ainé d’une famille de deux garçons. Je salue mon petit frère, Herriot, mes cousines, Manel et Anna, mes cousins Tojo, Hasina, Haritiana, Manou, Toavina, Fabrice, Dylan et les deux franco-malgaches, Aina et Tahina. Ma devise est simple : l’estime de soi et le respect des autres.

Qu’en dites-vous du système éducatif ?

C’est un peu dommage que la formation technique et professionnelle soit plus ou moins délaissée au profit de l’enseignement général. Le nombre des candidats au baccalauréat l’atteste. Ceux des filières techniques ont été le dixième de ceux de l’enseignement général. Ils ont besoin d’orientation pour la suite. Ils savent un peu tout mais ne maîtrisent rien. Nous, nous sommes déjà opérationnels si demain nous devrons nous attaquer au marché du travail. C’est toute la différence. De son temps, le président Marc Ravalomanana a voulu inverser cette tendance. Mais ses réformes ont été abandonnées par ses successeurs au pouvoir.

Par Mamisoa Antonia