Rencontre

Mère – Mamiarinelina Raholinirina

La cinquantaine, cette mère de famille ne limite pas ses affections et attentions envers ses enfants. La preuve, elle continue de témoigner sa bienveillance à ses petits enfants

Véritables richesses. Il y a les mères de famille qui fréquentent des bureaux, exercent des métiers comme médecin, enseignante, architecte, infirmière, comptable, informaticienne, pilote… Mamiarinelina Raholinirina, femme au foyer, a décidé de laisser tomber son travail de commerçante et a choisi de prendre soin de ses enfants puis de ses petits-enfants.
Jeune, elle a étudié et n’a jamais pensé qu’un jour, elle évoluerait dans une famille élargie. « Quand je me suis
mariée, je me suis rendue compte que j’ allais être mère de famille et voilà un grand chantier à assurer. Notre premier enfant est né. À cette époque, je travaillais dans le commerce. Je me réveillais à 4 heures, me chargeais de toutes les tâches ménagères, partais pour le travail et ne rentrais qu’à 17 heures pour reprendre les obligations familiales. Le rythme est resté le même jusqu’au quatrième enfant. Aucune nurse, ni domestique, ni baby-sitter n’a été engagée. Quand les enfants n’allaient pas à l’école, je les emmènais avec moi », se souvient-elle. Ses enfants ont grandi, se sont mariés, ont des enfants. Encore une fois, Mamiarinelina renoue avec ses anciennes habitudes. Au lieu de donner naissance, elle assiste l’accouchement de ses filles, change les langes, donne du biberon, s’occupe de la cuisine. Toutefois, elle engage une lavandière pour tout ce qui touche la lessive. Une de ses filles et son fils s’organisent pour conduire trois enfants à l’école tandis que Mamiarinelina gardent ceux de bas âge à la maison et prépare le repas.

Dévouée
« La responsabilité de mère de famille n’est pas faite pour les paresseuses et les négligentes.
La vie m’a forgée. Je joue à la fois le rôle de père et de mère puisque mon mari s’absente souvent pour ses missions,
de même que mes enfants ne peuvent pas abandonner leur travail. J’y suis habituée », avoue-t-elle. Voir toute la tribu réunie dans son foyer lui fait plaisir. « Ils font preuve d’entraide, d’unité et de fraternité et j’en suis fière. Je les comble d’amour car ce sont la chair de ma chair », conforte la grand-mère.

Polyvalente

Mamiarinelina est reconnaissante envers Dieu de lui avoir donné tant d’enfants et de petits-enfants. Elle conjugue ainsi l’amour et le sacrifice à l’inconditionnel car elle donne et n’attend rien en retour. « Ce sont mes richesses, tout ce qu’il y a de précieux au monde. Je les aime car c’est un cadeau du ciel », poursuit-elle. La quinquagénaire endosse en même temps la casquette d’économe, de gestionnaire, de cuisinière, d’infirmière. « Quand l’un de mes petits-enfants tombe malade, cela m’affecte beaucoup. Je ne comprends pas ce qui lui arrive et avant d’arriver chez un médecin, je souffre avec lui », ajoute-t-elle. Il lui arrive de veiller tard ou de ne pas dormir toute la nuit pour observer l’état de santé du petit ou de la petite. Sinon, elle emploie les trucs de grand-mère en déployant des baumes et en appliquant des massages pédiatriques pour soulager les bobos des petits.
Animée d’un amour maternelle sans faille, Mamiarinelina ne lésine pas sur ses efforts même si, par trois fois, la fatigue générale l’a attaquée et a justifié son hospitalisation. Elle ne change pas ses horaires jusqu’à ce jour. « Être mère n’est point chose aisée. Cette responsabilité requiert de l’abnégation, de la bonne volonté, beaucoup d’amour et d’affection. Quelle que soit la situation qui se produit au sein d’un ménage, un enfant a toujours besoin de sa mère », conclut-elle.
Cette grand-mère, férue de poisson et de saucisse, n’a jamais pu profiter d’un instant spécial en couple depuis l’arrivée de ses petits-enfants. Si son mari et elle partent en vacances, tous les petits enfants les accompagnent. Partout où elle va, quelques-uns la suivent. Mamiarinelina se divertit autrement. Très pieuse, elle fréquente son église et s’acquitte de son devoir sacerdotal selon sa disponibilité.

Par Farah Raharijaona