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Verdict des urnes – Leurre de vérité

Va-t-il encore jouer des mauvais tours

Tous les regards, une fois de plus, se tournent vers la Haute cour constitutionnelle, HCC, qui doit prononcer les résultats officiels du premier tour de l’élection présidentielle. Sauf un invraisemblable retournement de situation, un second tour se tiendra le 19 décembre

Le monticule d’Ambohidahy accouchera-t-il d’une petite souris ? La déception peut saper le moral des partisans du candidat Andry Rajoelina qui attendent un miracle : la victoire d’entrée de jeu ou avant le terme lors du scrutin du 7 novembre. Un cas de figure qui ne s’est produit que lorsque le parti au pouvoir a organisé lui-même le « truc ». Cette fois-ci, le gouvernement de consensus de Christian Ntsay a imposé la neutralité de l’Administration. Même apparente, elle a privé le HVM de son principal atout, il est plus qu’impossible de l’emporter d’un seul coup. Mais la HCC, sous la présidence de Jean Eric Rakotoarisoa, a souvent publié des décisions à contre-courant de la logique constitutionnelle. Il se peut qu’elle récidive dans ses fausses interprétations des textes pourtant fondamentaux. Quoique son directeur de cabinet, Andrianirina Ratsarazaka, ait voulu rassurer les citoyens sur la « propreté » des opérations à faire.

les prescriptions de l’article 54 de la constitution, sont pourtant claires et sans équivoque, mais sujettes
à polémiques.

insensés

En mai 2015, le président de la République Hery Rajaonarimampianina a signé les résolutions ineptes des Assises nationale de la réconciliation. Une réunion à laquelle participaient des « ramassis » de gens n’ayant aucune légitimité à l’échelle nationale. Des propositions indécentes ayant édicté et exigé la dissolution de toutes les institutions, en premier lieu l’Assemblée nationale. C’en était trop pour des députés, indésirables à cette concertation dépourvue de toute légalité.
Toutes tendances politiques confondues, les frustrés ont engagé auprès de la HCC, une motion de requête en déchéance du Chef de l’État. Pour, entres autres raisons, des violations répétitives de la constitution. Ces frondeurs ont acquis la majorité requise pour agir ainsi. Mais la HCC, au lieu de trancher sur le sort du coupable, lui a inventé une porte de sortie, une issue de secours en prônant la signature d’un « Pacte de responsabilités » entre les deux institutions en conflit. Même les députés qui ont affirmé l’avoir paraphé ignoraient tout de son contenu. En matière d’ânerie, il est difficile de faire mieux.
Le 25 avril dernier, après la prise du Parvis de l’Hôtel de ville par les « 73 députés pour le changement » contestant les lois organiques des élections, adoptées par la majorité fictive pro-régime, ils ont refait le même coup. Tenté de déchoir Hery Rajaonarimampianina avec une nouvelle charge : «le génocide » de ses compatriotes. Alors que les affrontements du samedi 21 avril autour de la Place du treize mai, opposant manifestants du TIMAPAR aux éléments des Forces de l’ordre, n’a fait qu’une seule victime, si l’on peut s’exprimer ainsi.
Mais la HCC a trouvé une autre parade dans ses gesticulations. Le départ du Premier ministre Ollivier Mahafaly et de son gouvernement, la nomination d’un autre de consensus, dans un délai d’une semaine. Olivier Mahafaly et son équipe ont été ainsi sacrifiés sur l’autel de l’absurdité. La HCC est allée jusqu’à exiger le retour à la configuration de la majorité simple issue des législatives de décembre 2013, donnant au Mapar le droit de présenter le nom du Chef du gouvernement, à nommer par le président de la République. Selon les prescriptions de l’article 54 de la constitution, claires et sans équivoque, mais sujettes à polémiques.

volte-face

Membre du SEFAFI, Observatoire de la vie publique, Jean Eric Rakotoarisoa a été de cet avis. Il l’a dit au cours d’une émission de débat télévisé. Mais une fois investi à la tête de la HCC, il a dilué ses convictions. Et défendu les « députés mutants » estimant qu’ils n’ont de compte à rendre au parti ou Associations qui les ont présentés aux législatives. Ils sont redevables devant leurs électeurs. Jean Eric Rakotoarisoa sera bien servi par les « rapports » à n’en plus finir au centre d’Analakely. Une prise de position incompréhensible, une étrange conception de la démocratie, allant dans le sens voulu par le HVM. Sans présenter un seul candidat aux législatives, la parti fondé par Hery Rajaonarimampianina, par « l’achat des voix et des âmes » a pu constituer un groupe parlementaire. Un cas de flagrant délit sur lequel les observateurs de l’Union européenne doivent jeter un œil attentif. Une mauvaise pratique et malsaine hissée par le HVM au rang de tradition.

équilibriste

La HCC a tout fait pour ne pas sévir Hery Rajaonarimampianina, en satisfaisant une partie des revendications des « 73 députés pour le changement ». Alors que le professeur Albert Zafy, le 4 septembre 1996, a écopé de l’empêchement pour des broutilles. Le retard des nominations aux hauts emplois de l’État. À cause de la tenue irrégulière, par intermittence des Conseils des ministres. Cette ambiguïté ou dextérité à trancher la poire en deux, a quand même affaibli et fragilisé le président de la République en exercice. Dépouillé de l’essentiel de ses prérogatives, rappelé à démissionner 60 jours avant le début de la campagne présidentielle s’il brigue un autre mandat. Il s’est exécuté le 7 septembre, mais « l’encre de ses yeux » a trahi un sentiment d’amertume à peine enfoui sous sa volonté de se présenter devant le monde entier comme un homme d’État digne des respects.
Tous les spécialistes en droit constitutionnel ont démontré à leurs façons que les juges « suprêmes » ont outrepassé leurs domaines de compétence en jouant dans la cour des politiciens. Serait –ce le cas pour départager les protagonistes de la présidentielle ? Satisfaire tout le monde, mécontenter personne, un exercice d’équilibre périlleux…

Par Eric Ranjalahy