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Royaume-Uni – Boris Johnson un homme de controverses

Le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, 55 ans, a suscité quantité de controverses ces trente dernières années, sans entraver son ascension vers la plus haute marche du pouvoir.

Boris Johnson est à la tête de la diplomatie britannique depuis à peine plus d’un an quand il commet, fin 2017, un impair dans l’affaire Nazanin Zaghari-Ratcliffe, cette ressortissante ira- no-britannique détenue en Iran et accusée d’avoir par- ticipé à des manifestations contre le régime islamique. Devant une commission parlementaire, le ministre déclare qu’elle formait des journalistes au moment de son arrestation en avril 2016, alimentant les accusations de Téhéran alors que ses proches ont toujours affirmé qu’elle était en vacances. Boris Johnson finit par revenir sur ses propos mais n’échappe pas à des appels à la démis- sion. Le slogan était inscrit en grand sur un bus qui avait sillonné le Royaume- Uni pendant la campagne du référendum du 23 juin 2016 : « Nous envoyons 350 millions de livres à l’UE chaque semaine, finançons plutôt notre NHS», le service de santé publique. Une évaluation «raisonnable », affirmait Boris Johnson, selon lequel la sortie de l’UE permettrait de «reprendre le contrôle» de cet argent. Reste que, d’après les chiffres de la Commission européenne, la facture du Royaume-Uni s’est élevée en moyenne à 135 millions de livres par semaine, entre 2010 et 2014 : 2,5 fois moins que les 350 millions évoqués par «BoJo». Le populiste Nigel Farage, chantre du Brexit, parlera lui- même à ce sujet d’ «erreur de campagne». Cette arithmétique hasardeuse a valu à Boris Johnson des pour- suites pour mensonge. La Haute Cour de Londres a fini par les rejeter, donnant raison à la défense de M. Johnson qui avait dénoncé des accusations à caractère «politique». L’idée était séduisante : construire un pont-jardin sur la Tamise. 366 mètres recouverts d’arbres et de fleurs. « Une oasis étonnante de tranquillité» en plein Londres, promet en 2014 Boris Johnson, alors maire de la capitale. Mais le dossier de financement, mal ficelé, fait tout capoter. Présenté de prime abord comme un «cadeau » fait aux Londoniens, grâce à l’apport de fonds privés, le projet aura finalement coûté des dizaines de millions de livres aux contribuables britanniques.

Grands espoirs

En 2017, son successeur Sadiq Khan, effrayé par une facture qui ne cesse de grimper, signe son arrêt de mort. En tant qu’édile, Boris Johnson s’est également illustré en achetant à l’Allemagne trois canons à eau d’occasion pour équiper la police britannique, pour plus de 300.000 livres. Jamais utilisés, ils ont été revendus pour un montant trente fois inférieur. «Fadaises», répond Boris Johnson en 2004 lorsqu’on l’interroge sur une liaison extra-conjugale qu’on lui prête avec Petronella Wyatt, une journaliste du Spectator, l’hebdomadaire d’opinion dont il est alors le rédacteur en chef. Marié et père de quatre jeunes enfants, Boris Johnson est à l’époque un des grands espoirs des conservateurs. Las : la mère de Petronella, Lady Wyatt, révèle que sa fille est tombée enceinte et a dû avorter. Pris en flagrant délit de mensonge, Boris Johnson est exclu de la direction du parti tory. Ses jours en politique ne sont pas ter- minés», dira, prémonitoire, un porte-parole des conservateurs.Selon le professeur d’université Colin Lucas, le roi Edouard II «vécut un règne de débauche avec son giton, Piers Gaveston», dans un palais construit en 1325.