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Reboisement à Sahamalaza-Iles Radama : Un million de propagules contre la pêche illicite

Les mangroves jouent un rôle important dans la protection et la conservation de certaines ressources marines. Le Parc national Sahamalaza-Iles Radama fait du reboisement de propagules une meilleure défense contre la pêche illicite et illégale.

Reboisement à double impact. Des habitants de vingt-quatre villages qui environnent le Parc national Sahamalaza-Iles Radama, sur la côte Nord-Ouest de Madagascar, à cheval entre le district d’Ambanja (Diana) et d’Analalava (Sofia), ont décidé de prendre en main l’avenir du parc en menant une action citoyenne, à Mahitsiazo. C’était début octobre, à travers le reboisement de plus d’un million cinq cents propagules sur une superficie de 350 hectares. Ils ont placé cette journée de reboisement sous le thème « Honko voleko niany, tavandraiko amaray ».

Le personnel du siège de Madagascar National Parks (MNP) a également pris part à cette action quelques jours plus tard, en repiquant quatre mille propagules. Cette double action vise à préserver le label Site Ramsar de l’aire protégée et le statut de Réserve de Biosphère de l’Unesco pour harmoniser la conservation et le développement de la population voisine de la vaste zone humide qui s’étale sur 26 035 hectares.

Ces communautés auront non seulement l’occasion de voir les espaces reboisés reverdir, mais elles verront les fonctions naturelles des mangroves dans la lutte contre la pêche illicite et illégale. « Elles atténueront également l’ensablement qui a un impact négatif sur le récif en entrainant le blanchissement des coraux. Étant plantées dans une zone de protection, ces mangroves réduiront aussi et surtout la pression qui s’abat sur celles qui se trouvent dans l’aire protégée », fait savoir MNP.

Hormis la protection, le reboisement de mangroves contribue au développement socioéconomique des communautés qui prennent conscience de l’importance de ces forêts. « Nos ancêtres n’ont jamais fabriqué de charbon ni construit de maison avec des bois de mangroves parce qu’ils étaient conscients de l’importance de cet incroyable écosystème pour les générations futures », annonce le Printsy Arana IV, notable, président d’honneur du Comité d’orientation et de soutien à l’aire protégée (Cosap) lors d’une sensibilisation sur place. Si les mangroves perdurent, les ressources qui s’y trouvent se multiplieront et garantiront des revenus pérennes aux pêcheurs.
Du point de vue écologique, les mangroves luttent directement contre le changement climatique et répondent à l’attente de la Politique générale de l’État pour la reconstitution de l’île verte. L’année prochaine, MNP entend reprendre cette activité de reboisement dans le Parc national Sahamalaza-Iles Radama.

Cette association de droit malgache met en œuvre dans ce parc national son projet de Pêche côtière durable qui vise à renforcer les capacités des communautés de base. « Nous avons formé et accompagné les communautés sur la gestion des ressources naturelles en consolidant leur savoir-faire sur la patrouille et surveillance, la sensibilisation, le zonage, le calendrier de pêche, le dina et les textes réglementaires. Nous leur avons également appris des techniques de pêche et l’utilisation d’un matériel adéquat pour la pêche en haute mer dans le but d’obtenir à la fois la qualité et la quantité. De plus, nous les avons initiés à l’apiculture de mangroves, de manière moderne, pour améliorer leurs revenus. La gestion rationnelle de ces ressources incombera sur leur propre protection », explique Frida Razafinaivo, coordinateur du projet Pêche côtière durable au sein de MNP.

Développement

Amorcé en 2018, le projet porte déjà ses premiers fruits tels que la production de miel et de riz, issue des activités alternatives pour éviter la surpêche, ainsi que les poissons séchés signés « product of biosphere reserve Sahamalaza Iles Radama » qui ont commencé à être présents sur le marché de différents salons et foires de la Grande Ile. « Madagascar National Parks est conscient que la conservation rime avec le développement socioéconomique de la population autour du parc ou de la réserve. C’est pourquoi nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour améliorer les revenus des communautés, notamment en les formant à bien gérer les ressources naturelles », fait savoir le Dr Mamy Rakotoarijaona, directeur général par intérim de Madagascar National Parks. 

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