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Festival : Ils nous font jazzer

D’envergure internationale, c’est un festival Madajazzcar arrivé à maturité qui a réjoui les mélomanes pour sa 30e édition. Il s’est fait redécouvrir en affichant ses valeurs citoyennes tout en promouvant la culture et la musique dans toute sa splendeur.

Trois décennies maintenant que le festival international Madajazzcar contribue à populariser ce genre intemporel et incontournable qu’est le jazz, marquant de son empreinte la vie culturelle du pays, tout en rassemblant plusieurs générations de mélomanes, de passionnés et de talentueux musiciens. Jouant un rôle important dans le développement artistique de la Grande île, le festival voit continuellement l’émergence de plusieurs artistes et groupes de tous horizons. Et cela grâce à la bienveillance de Haja Ravaloson qui, de son vivant, avait initié une jeune génération au jazz. Le festival Madajazzcar, du fait de ses objectifs et de la pluralité de ses activités, est ainsi devenu un lieu d’apprentissage, d’expérimentation, de mise en pratique pour former des professionnels de la culture. Il continue à s’affirmer en tant que Vitrine de la musique à Madagascar, mais également et surtout, à propulser les jeunes talents du jazz malgache à travers l’île et au-delà de ses frontières. Du 3 au 17 octobre, autant dans la capitale qu’à Mahajanga, à Antsirabe et à Nosy Be où il s’est déroulé simultanément, Madajazzcar a brillé par sa programmation mélodieuse, mais surtout son engagement à travers différentes conférences-concerts à thème.

Des artistes et des groupes exceptionnels

Cette 30e édition de Madajazzcar a affiché cinq artistes et groupes internationaux dans sa programmation. Déjà habitué de la Grande île qui a marqué son histoire, le groupe franco-américain Sax Machine est revenu avec son hip hop jazz ainsi que le bassiste français Dominique Di Piazza, l’un des tauliers du jazz en France. Charmante découverte en perspective, Lina Stalyte Quintet, originaire de la Lituanie, nous a séduits avec un répertoire
de jazz-soul-groove et du jazz pop envoûtant. Le guitariste Louis Matute, d’origine suisse, a affriolé nos oreilles avec sa maîtrise du jazz conjugué au flamenco. L’Américano-mexicaine Sacha Boutros, quant à elle, a été annoncée, mais a compté finalement parmi les grands absents.

Un festival à vocation citoyenne

Tout au long de cette 30e édition, Madajazzcar a tenu à réveiller la conscience collective en se redécouvrant comme une plateforme d’échanges et d’interactions culturelles, voire ludiques, où plusieurs sujets de société en rapport avec le volet culturel de la Grande île ont été mis en avant. Notamment, avec une conférence sur « La participation des femmes journalistes culturelles pour le développement de l’art et de la culture ». De même qu’un questionnement sur le
« Patrimoine et la citoyenneté », le temps d’une rencontre entre les acteurs du patrimoine malgache. Désiré Razafindrazaka, président du Comité d’organisation de Madajazzcar d’affirmer: « Depuis sa création, le festival joue un rôle prépondérant pour le développement artistique et culturel à Madagascar. Grâce à lui, beaucoup de musiciens ont émergé et se sont fait un nom dans le domaine du jazz, autant sur la scène nationale qu’internationale. Désormais, nous sommes aussi plus que fiers de l’envergure qu’il ne cesse de prendre et cette édition le confirme, mais surtout par sa portée au-delà de la musique comme étant une plateforme citoyenne et d’échanges socioculturels ». D’autres thématiques qui privilégient surtout des faits sociaux ont été ainsi à l’honneur et discutés tout au long de cette 30e édition de Madajazzcar, tels que « La place des personnes en situation de handicap et Entrepreneuriat » et « Culture et respect de la dignité de la femme » au sein de la société actuelle. 

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