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Réserves en danger – Ankarafantsika la forêt désenchantée

Alarmant. Une perte significative des forêts sur une soixantaine d’hectares est constatée dans l’aire protégée d’Ankarafantsika. Cette situation s’est accélérée ces cinq dernières années. Selon les constatations, une bonne partie des forêts dans le parc d’Ankarafantsika a disparu. « Autrefois couvertes par des forêts luxuriantes, il ne reste plus que des savanes et des buissons », regrette Jacqueline Razaiarimanana, responsable de la conservation et de recherche dans le Parc. Elle enchaine que l’exploitation et les coupes illicites ont accéléré la destruction de la forêt d’Ankarafantsika à partir de 2013. C’est le cas à Madirozato dans la commune rurale d’Andranofasika. Un lourd bilan est dressé dans un rapport : 2 476 troncs d’arbres, tous diamètres confondus, ont subi des coupes illicites et deux cent dix-huit sacs de charbon saisis jusqu’à maintenant (rapport d’AllianceVoahary Gasy en 2018). La migration massive du Sud vers l’Ouest est un phénomène social qui influe sur la biodiversité, et l’aire protégée d’Ankarafantsika est en grand danger. Les migrants, en plus de participer activement à la déforestation, pratiquent des cultures sur brûlis. Pour finir, ils finissent par déserter les lieux en laissant derrière eux des terres stériles et dépourvues d’arbres et de forêts. « Cinq véhicules transportent trois fois par semaine les migrants au nombre oscillant entre cinquante et quatrevingt personnes », avoue Alan Thierry Ngilitara, le maire d’Andranofasika. Les activités des migrants constituent une menace à l’existence de l’aire protégée, car ils pratiquent les feux de brousse et les cultures sur brûlis pour pouvoir survivre autour du Parc. « Après avoir fait du tavy, ils plantent du maïs, du « Lojy », du manioc », indique Gilbert, maire de la commune de Marosakoa. En outre, Les coupes illicites sont pratiquées afin de fabriquer des combustibles. « Après l’abattage des arbres, ils commencent à faire du charbon pour le vendre et d’autres cultures rentables » indique encore Jaotera, directeur du Parc d’Ankarafantsika.

Outre la commune d’Andranofasika, douze autres communes sont exposées à ce fléau, dont des zones de protection aux alentours du parc d’Ankarafantsika « La forêt limitrophe dite zone de protection de la réserve naturelle de biodiversité est en voiede disparition depuis que les migrants se sont établis dans la zone », dénonce le maire de la commune de Marosakoa. La situation empire d’après les explications : « Si nous n’agissons pas, la forêt disparaitra dans les cinq prochaines années », exposet-il. La stérilité du sol oblige les exploitants à se déplacer tous les trois ans. « Ce déplacement fréquent finira par atteindre le noyau dur de l’aire protégée », déplore Jacqueline Razaiarimanana, chef de service de la protection, la conservation du Parc.