Alternative

Santé des récifs coralliens – La méthode Reef Check approuvée à Ambodivahibe

La santé des récifs coralliens mérite d’être suivie. L’approche Reef check permet aux communautés de base des aires protégées marines de gérer durablement les ressources qui les entourent

Résultats encourageants. La hausse globale de la température, l’action de l’homme dans la la transformation d’espaces, de paysages, d’écosystèmes ou de milieux semi-naturels menacent l’écosystème marin, alors que des milliers de personnes en dépendent. Un protocole de suivi de l’état de santé des récifs coralliens dénommé Reef check a été appliqué dans l’aire protégée marine d’Ambodivahibe. Développée depuis 1996, cette méthode de suivi s’opère dans quatre-vingt pays. « Il est simple, à la portée de tous, scientifiques ou non. Ses valeurs scientifiques sont pourtant robustes grâce à sa bonne représentativité d’échantillonnage. Pour
arrêter le déclin des récifs coralliens, le Reef Check s’appuie sur trois piliers :  le suivi, la gestion et l’éducation. Ce protocole rassemble les gestionnaires des récifs coralliens pour mettre en œuvre leurs objectifs de conservation », souligne Bemahafaly Randriamanantsoa, coordinateur national du programme Reef Check-Madagascar et coordinateur de la gouvernance  de la conservation marine-WCS-Madagascar. Actuellement, l’équipe qui vulgarise la méthode intervient dans la Baie d’Antongil, à Nosy Be, Toliara et à Ambodivahibe.

Expérimentation

Bemahafaly Randriamanantsoa, coordinateur national
du programme Reef Check-Madagascar explique
le processus de suivi de la santé des récifs coralliens

Un projet sur le suivi écologique pour assurer la gestion effective de l’Aire Marine Protégée d’Ambodivahibe a bénéficié de l’appui financier de la Commission de l’océan Indien (COI). Ce projet s’étalant sur une durée de quinze mois a pour but de renforcer la gestion de l’AMP en fournissant des données de suivi, lesquelles démontrent que la gestion durable des ressources marines et côtières améliore la santé de la biodiversité et les conditions de vie des communautés locales. « On a utilisé la méthode Reef check. Par rapport aux résultats de suivi Reef Check au niveau mondial réalisé entre 1998 et 2001, les résultats obtenus après le suivi en décembre 2017 dans cette AMP  montrent que le taux de couverture moyenne en corail dur vivant est de 49 %.  Ceci est largement supérieur au 32 % de recouvrement moyen constaté dans les 95 % des stations de suivi des 80 pays tropicaux », explique le coordonnateur.
Reef check a fait ses preuves. Au cours d’un suivi des récifs coralliens à l’échelle mondiale, le poisson napoléon (Cheilinus Undulatus) n’a pas  été listé sur les 88 % des récifs de la région Indo-pacifique. Pourtant , Ambodivahibe
en a recensé deux dont un jeune de taille de 50 à 60 cm  et un adulte mesurant 1 à 1,50 m de long. Par contre, cette localité abrite aucun concombre de mer. La surpêche de cette espèce expliquerait sa disparition dans ces eaux.

Farah Raharijaona

COP 24 – Madagascar renforce sa résilience

La Conférence des parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP) 24 s’est déroulée du 2 au 14 décembre à Katowice, en Pologne. Madagascar a formulé ses engagements.
La réunion au sommet a regroupé des gouvernements de plus de cent quatre vingt-dix pays qui ont discuté des négociations sur la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de  l’Accord de Paris. Les pourparlers de cette année incitent les pays à augmenter leurs objectifs climatiques d’ici 2020, en réponse à la dernière science climatologique présentée dans le rapport spécial du Groupe international d’experts sur le climat (GIEC) sur le réchauffement planétaire de 1,5. Ils ont été chargés d’élaborer des règles de base solides, susceptibles de donner vie à l’Accord de Paris, de s’engager par une décision de la COP à actualiser les objectifs nationaux en matière de climat d’ici 2020, et offrir un soutien prévisible et adéquat à la mise en œuvre intégrale des plans climat national.
Selon le rapport scientifique, « La vie sauvage dans un monde en réchauffement », édité par WWF en mars, si nous limitons l’augmentation de la température de la Terre à 2°C, la situation climatique sera insoutenable pour
25 % des espèces de Madagascar. Une situation critique requérant une solution pérenne. La Grande ile a été représentée par le gouvernement et le Groupe-thématique Changement Climatique, dont WWF assure la coprésidence avec la direction générale de la Météorologie. « Comme à chaque COP le Groupe thématique Changement climatique est en  charge des préparations des évènements parallèles de Madagascar avec le ministère de l’Environnement, de l’écologie et des forêts, afin de rehausser notre visibilité dans la lutte contre les changements climatiques, que ce soit en terme d’adaptation ou encore de résilience des communautés locales », explique Harisoa Rakotondrazafy du WWF.
La COP24 est un test sur le multilatéralisme climatique. Il s’agit pour chaque pays de mettre en œuvre des contributions nationales, déterminées ambitieuses pour un effet positif au niveau mondial. Les résultats de la COP 24 mettent en exergue le Sommet des Nations Unies sur le changement climatique pour le
23 septembre 2019. Les dirigeants profiteront de cette occasion pour répondre à l’appel de la COP 24 en faveur d’une ambition accrue, en annonçant des objectifs climatiques actualisés et plus ambitieux d’ici 2020. À ce stade, agir concrètement à tous les niveaux est de toutes les façons, la meilleure chose à faire aujourd’hui. Sans attendre les engagements des leaders empêtrés dans des dilemmes qui empêchent sans doute de voir ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas.
Recueillis par Farah R. 

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