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Présidentielle – Le TGV file vers Iavoloha

Andry Rajoelina a su titiller la corde sensible des Malgaches

Les résultats officieux et provisoires disponibles du second tour de la présidentielle sont encore partiels pour déduire des conclusions définitives. Mais les grands équilibres du premier tour sont maintenus. Ce qui avantage le candidat Andry Rajoelina

Préparation psychologique. À la sortie de son bureau de Faravohitra, Marc Ravalomanana agite déjà le spectre de la contestation des résultats du second tour de la présidentielle qui l’oppose à son meilleur ennemi Andry Rajoelina. Il a insisté sur l’existence de nombreuses cartes d’identité falsifiées et des fausses cartes électorales. En fait, il s’agit des affabulations véhiculées par Faniry Ernaivo, sans la moindre des preuves, lors du premier tour pour prévenir une victoire précoce d’Andry Rajoelina. Une fois que ce scénario ne s’est produit, la magistrate à la langue fourchue n’exige plus l’assainissement des listes électorales, les mêmes qu’elle a tant décriées auparavant. Elle a apporté « son soutien » à Dada. Si ces imprimés évoqués et invoqués existaient, le taux de participation aurait dépassé les 69%. Le directeur de l’Imprimerie nationale, Jean Angelson Andriamboavonjy a déjà apporté un démenti officiel à ces « vue de l’esprit ».

BELLIQUEUX

En outre, Marc Ravalomanana accuse le ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, Tianarivelo Razafimahefa, de faire pression sur les représentants de l’État pour faire pencher la balance vers Andry Rajoelina. L’ex a oublié que l’organisation matérielle de votes ne revient plus aux administrateurs civils mais attribuée à la Commission électorale nationale indépendante. Il est habitué aux anciennes pratiques qui l’ont fait gagner au premier tour.
Marc Ravalomanana procède ainsi à une guerre préventive. Comme il savait que la tournure des événements irait en sa défaveur. Car des tendances significatives se dégagent pouvant dessiner les contours du verdict final des urnes. D’abord, dans les six arrondissements de la capitale, citadelles inaccessibles des Ravalomanana depuis 1999, les deux candidats se trouvent dans un mouchoir de poche. Dans les quartiers d’Alarobia et Ivandry, par exemple, sur douze bureaux de votes, Marc Ravalomanana n’a pas gagné un seul. Par contre, il a pris le dessus à Ampandrana, Ampahibe, Analamahitsy-Cité, ou Ambohitsorohitra. Il est loin le temps, en 2001, où le self made man du yaourt a écrasé Didier Ratsiraka par un score fleuve de 70 à 30%. Et aussitôt revendiquait une victoire dans tout Madagascar.
Ensuite, dans les régions et districts où Marc Ravalomanana a fait le trou, Vakinankaratra, Itasy, Bongolava, ou Ambatondrazaka, les gros écarts du premier tour ont été comblés. Des situations ont été même renversées et inversées. Avec les « Radios » qui relaient les « vraies » informations depuis la capitale, l’effet et les méfaits des fausses nouvelles diffusées par les spécialistes en matière, au service du HVM avant de basculer dans le camp du TIM, ont été limités. Andry Rajoelina y a fait de nombreux déplacements. Une mobilité qui a surpris le camp adverse, estimant qu’il n’ a plus un sou pour mener la campagne du second round. Ces « régions-clés » peuvent décider de l’issue du duel tant attendu.
Puis, Andry Rajoelina a presque réalisé les mêmes performances dans les villes côtières, Toliara-Mahajanga-Antsiranana et Toamasina. Avec une belle percée à Fianarantsoa, un autre vivier important de voix après la capitale et Antsirabe. Les artifices de dernière minute de Marc Ravalomanana s’affichant avec des stars côtières de la variété, n’ont pas effacé les écrits sur les réseaux de ses partisans radicalisés, des « suprématistes blanc », qualifiant les « foza » et les habitants des provinces de « moins que rien ». Des considérations pires que du temps de l’apartheid en Afrique du Sud. Andry Rajoelina s’est présenté comme le plus rassembleur des deux.

MAUVAIS PERDANT

Marc Ravalomanana entend engager un nouveau bras de fer. Mais cette fois-ci, il n’aura plus la communauté internationale avec lui. Beaucoup parmi ses composantes comme durant la crise politique de 2009 à 2014. Les observateurs dépêchés sur place, même ne couvrant qu’une portion du vaste territoire national, ont félicité le déroulé global du scrutin. Sur un autre plan, les Forces armées ont déclaré « qu’elles n’accepteront les incartades postélectorales ». À bon entendeur… salut de la nation. Même si une autre « anomalie » peut survenir. Le nombre des voix obtenues par le vainqueur peut être inférieur à ce qu’il a engrangé au premier tour. Par la hausse du taux d’abstention. Le comble de la démocratie et ses suffrages universels directs.

des
tendances significatives se
dégagent pouvant dessiner les contours du verdict final
des urnes

Par Eric Ranjalahy