Editorial Opinions

Par ici la récup

Les ténors du parti HVM se mordent les doigts. Durant quatre années, à chaque contestation, même les plus légitimes, leurs quotidiens, télévisions, et radios ont massacré les meneurs de grève. Ils ont été accusés de terroristes, de fauteurs de troubles, de fomenteurs de coup d’État et d’être des déstabilisateurs sinon des ennemis de la nation. Que le pays n’a plu besoin de crise politique, que l’amorce de la relance économique nécessite une stabilité absolue, qu’il faut attendre 2018 pour s’emparer du pouvoir par la voie des urnes. Toutes ces mauvaises récitations ont été galvaudées pour qu’ils puissent piller en toute tranquillité les ressources naturelles du pays. Tout le monde a eu la patience d’attendre l’échéance. Le verdict des urnes a fait le reste. Peut-être qu’on reparlera du HVM en… 2030.
Ces gens-là, inutile de citer leurs noms, ont trouvé refuge chez Marc Ravalomanana. Celui-ci aura-t-il le courage de se débarrasser de ces êtres nocifs, de ces piètres personnages peu fréquentables, traînant non plus des casseroles mais des marmites, si jamais il retrouve la présidence de la République? Beaucoup ont l’impression que ces déchets du HVM l’ont déjà pris à la gorge. Que son hypothétique victoire ait été acquise par les fausses informations, les mensonges à tout-va qu’ils ont véhiculés sur leurs supports médiatiques. Ainsi que les insultes, diffamations, dénigrements et médisances, qu’ils ont proférés à l’encontre d’Andry Rajoelina, les membres de sa famille et ses proches collaborateurs.
Affaibli politiquement, eu égard à son score dans les six arrondissements de la capitale au premier tour de la présidentielle, Marc Ravalomanana n’a plus la force, ni l’orgueil, encore moins la dignité de refuser ces « aides providentielles ». Alors que l’un d’eux, journaliste, encore un allié « radicalisé » d’Andry Rajoelina, a traité Marc Ravalomanana de tous les noms, de tous les mots et de tous les maux. Dans un certain « lyrisme » pamphlétaire, accompagné d’un chapelet de diatribes. Le tout écrit avec du français tatillon, au style si particulier que lire quelques lignes suffit à dégouter les lecteurs les plus courageux. Ministre de la Communication,
il a été allergique aux diffusions de fausses nouvelles, aussitôt suivies et assorties de menaces par ses fameuses « lettres de mise en demeure ». Aujourd’hui, ses quotidiens se nourrissent de « ragots » sans fondement. Du journalisme de caniveau à l’état pur et pire.
Ces « mutants » du HVM, selon des indiscrétions, voient déjà d’un mauvais œil l’influence grandissante de Serge Zafimahova auprès de Marc Ravalomanana. Qualifié aussi de « Roublard au pouvoir » par le beau-frère du professeur Albert Zafy, dans un livre « mémorable ». Personne n’a aussi oublié que Serge Zafimahova a été parmi les « mauvais » conseillers du Prof pour l’avoir entrainé dans la spirale infernale et infructueuse des financements parallèles. À l’origine de son départ précoce du pouvoir, scellé par une motion d’empêchement dûment votée à l’Assemblée nationale, entérinée par la Haute cour constitutionnelle, HCC, le 4 septembre 1996.
Ouvrant un boulevard au retour à la barre de l’Amiral Didier Ratsiraka par une présidentielle anticipée. Alors qu’en 1991, il a fallu six mois de grève générale sur la Place du Treize-Mai pour le contraindre à lâcher du lest. Partager ses pouvoirs démentiels avec le Premier ministre de consensus, Guy Willy Razanamasy, qu’il a lui-même choisi et désigné. Il n’a quitté le fauteuil présidentiel que le 27 mars 1993, à l’issue des élections présidentielles, battu à la régulière par le professeur Albert Zafy.
Des membres du « TIM- Canal historique » et ceux du KMMR authentiques s’interrogent sur les réelles intentions de Marc Ravalomanana face à la capacité de nuisance de ces résidus du HVM. Ceux-là mêmes, avant le premier tour de la présidentielle, n’ont jamais accepté que leur favori, Hery Rajaonarimampianina, ait été élu président de la République par défaut. À cause du principe du « ni… ni » imposé par la communauté internationale lors de la présidentielle de novembre-décembre 2013. Alors que des diplomates ont insisté que les élections de 2013 sont celles de la sortie de crise. Pour 2018, il sera question du retour à l’ordre démocratique. Mais ils ont tout fait pour inventer une majorité fictive à l’Assemblée nationale pour contourner les recommandations de l’article 54 de la Constitution sur la présentation et la nomination du Premier ministre.
Roger Kolo, Jean Ravelonarivo et Olivier Mahafaly ont été des chefs de gouvernement anticonstitutionnels. L’un après l’autre, ils ont été évincés de la primature. Des anomalies réparées par la décision numéro 28 du 25 mai de la HCC qui restitue la majorité à l’Assemblée nationale au Mapar. Soit le droit de présenter le nom du Premier ministre. Pour camoufler leur revers, les caciques du HVM parlent d’un « Accord politique tripartite », ayant débouché à l’avènement de Christian Ntsay à Mahazoarivo, sans avoir publié son contenu. La mort lente du HVM a commencé et les rats ont quitté le navire pour s’accrocher aux fromages du Groupe Tiko. Ils ont peur de vivre une longue et difficile traversée du désert. Quitte à vendre leurs âme et inconscience.

par Eric Ranjalahy