L’analyse politique

Recrutement de masse pour l’IEM de Rajoelina : Appel aux cerveaux

A Madagascar, les crises politiques à répétition ont favorisé la situation qui a ceci de particulier : il est l’un des rares pays à s’être appauvris depuis son indépendance. Appauvris d’abord par des politiciens qui vendent leur patrie au plus offrant, mais aussi par un peuple qui continue de creuser après avoir touché le fond. La pauvreté et la misère sont présentes partout : dans la rue jusque dans les moindres recoins des bureaux. Le pays est confronté au manque et à la détérioration des infrastructures publiques, à la corruption, à l’absence d’éthique et à l’incivisme au sein de l’administration publique. La lenteur administrative reste un problème majeur au grand dam des usagers. Continuité, mutabilité, égalité ne sont que théories. Quant à la redevabilité des agents de l’administration, si elle existe, elle demeure microscopique.

Durant une conférence de presse du 14 janvier 2019, le directeur de cabinet du chef de l’état a déclaré que mille cinq cents postes à haute responsabilité sont à pourvoir au sein de l’Administration publique. Ce recrutement de masse entrant dans le cadre de la réalisation de l’IEM. Ainsi, l’Exécutif a mis la machine en marche pour que cette année soit « la concrétisation des velirano ». Les critères de sélection reposent sur des standards tels que les diplômes, l’expérience, le patriotisme. Le procédé, quant à lui, passe par un cabinet de recrutement privé et un comité de validation. Une initiative à saluer qui permettra éventuellement de mettre fin au parachutisme qui gangrène la fonction publique. Il ne reste plus qu’à espérer que les futurs décideurs n’auront pas le tic du « mametraha kely », un handicap qui pèse sur l’ensemble des secteurs : les projets de travaux publics, l’attribution des permis de conduire, la justice, le foncier… 

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