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Conjoncture – Le gouvernement à reformater

Andry Rajoelina tranchera en dernier recours

Un retour à une structure classique du gouvernement peut s’imposer. Après un essai non-transformé avec des fusions.

Au nom de l’austérité budgétaire, le président de la République Andry Rajoelina a limité le nombre des ministères à vingt-deux. Au lieu de trente auparavant. Aussi, les uns ont été encastrés dans d’ autres. Louable certes, cette initiative prête à discussion quant à son efficacité. Car, dans les départements «mis sous tutelle», des hauts fonctionnaires ont toujours assuré le «service minimum» avec les dépenses de fonctionnement y afférentes. Sans compter les privilèges sur les coûts de télécommunication, les chèques-carburants et les indemnités diverses. Sur le plan pratique, ces phagocytoses ont atteint leurs limites.

Prenons l’exemple de la ministre Marie-Thérèse Volahaingo qui s’occupe à la fois de l’Éducation nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Il s’agit quand même d’un recul car dans le passé les deux derniers domaines cités avaient un ministère à part entière. Ce qui est tout à fait logique. Avec la venue des investisseurs qui commencent à être attirés par Madagascar, leurs entreprises, une fois installées auront besoin de ressources humaines prêtes à faire face aux défis de l’évolution technologique.

Déluge
Elles se passeraient bien des philosophes ou des sociologues, habitués à contempler les étoiles, à formuler des phrases à méditer pour des années encore. Marie-Thérèse Volahaingo a eu aussi à gérer la suspension du Plan sectoriel de l’éducation, PSE. Peut-être pour rompre avec le passé du régime HVM. Mais ce système se voulant être novateur a prévu un calendrier scolaire à l’abri de la saison des pluies. Le déluge du mercredi 8 janvier qui a submergé la capitale a eu lieu un après-midi où les élèves observent un break. Sinon, les pertes en vies humaines auraient été plus conséquentes. Tout le monde a laissé échapper un ouf de soulagement. Même les farouches détracteurs du PSE. Enfin, la même ministre a été secouée par la «déprime» des enseignants privés de la générosité présidentielle de 65000 ariary enguise de panier garni pour les fêtes de fin d’année. Des grèves ont éclaté. Marie-Thérèse Volahaingo, mal inspirée dans ses explications, a confondu chiffons et serviettes. Il a fallu une précision sans équivoque de la part du président de la République Andry Rajoelina, sur le sujet, pour mettre un terme aux contestations latentes. Pour la défendre, son parti, le MMM fondé par Hajo Andrianainarivelo, allié politique de l’IRD, agite le spectre d’une éventuelle «scission» de la coalition au pouvoir au cas où la fautive serait remise à sa famille. Des déclarations à peines couvertes par la courtoisie ou hypocrisie politique d’usage.

Et sur la composition du gouvernement, la domination des natifs d’Antananarivo, pour ne pas évoquer des considérations ethniques et tribales, saute aux yeux. Ils ont hérité de portefeuilles épais et étoffés. Naina Andriantsitohaina aux Affaires étrangères avant sa candidature à la mairie de la capitale, Hajo Andrianainarivelo s’occupe des Travaux publics, des habitats et de l’Aménagement du territoire, Lucien Ranarivelo pour l’Agriculture, l’élevage et la pêche, Lantosoa Rakotomalala à l’Industrie, le commerce et l’arisanat, Richard Randriamandranto à l’Économie et finances, Joël Randrimandrato pour le Tourisme, transport et météorologie, Tianarivelo Razafimahefa à l’Intérieur et décentralisation… Les miettes pour les autres. Des voix commencent à s’élever contre ce fâcheux déséquilibre. L’approche par compétence de Marc Ravalomanana n’a convaincu personne. Autant dire que la formation du gouvernement, simple retouche ou refondation totale, sera attendue avec impatience et curiosité. L’avenir du mandat présidentiel en dépendrait. Les membres de l’équipe de Mahazoarivo feront l’objet d’une analyse pointue par les observateurs de la vie politique. Gare à de nouvelles déceptions.