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Église catholique – Le cardinal Désiré Tsarahazana donne le ton

Devant un parterre de politiciens, lors de sa mise en place officielle en tant que cardinal à Toamasina, Monseigneur Désiré Tsarahazana a donné le la. Il n’a pas hésité à dénoncer la mauvaise gouvernance et la corruption qui mine ce pays

Acta non verba. A peine fraîchement créé cardinal par le pape François, Monseigneur Désiré Tsarahazana, en terre conquise et devant des fidèles acquis à sa cause, n’a pas pris de gants pour dire ses quatre vérités au parterre de personnalités politiques venus assister à sa messe d’installation à Toamasina.
« Il est triste qu’on ne puisse plus rien faire dans le pays sans passer par un geste de politesse, en ce sens graisser la patte aux tenants du pouvoir », avait-il déclaré dans son homélie à une assistance composée notamment de Hery Rajaonariampianina et son épouse, du premier ministre Christian Ntsay, du président de l’Assemblée Nationale Jean Max Rakotomamonjy ou encore de l’ancien dirigeant de la Transition Andry Rajoelina.


Dénoncer la corruption n’est pas chose nouvelle chez les catholiques. Et pour le président de la Conférence épiscopale de Madagascar, fustiger la mauvaise gouvernance s’inscrit dans la droite ligne des recommandations émises par cette instance consultative de l’église catholique. Mais pour cette fois, Monseigneur Tsarahazana a bien souligné la nécessité de prendre en compte la fragilité et la pauvreté de la population souvent impunément exploitée par les politicards. En ces temps d’élections, l’homme d’église a bien martelé que la population ne devait plus être nourrie de fausses promesses, et que le temps où ceux qui nous gouvernent ont tendance à infantiliser leurs sujets, est désormais révolu.

 

Par Rondro Ramamonjisoa
Photo Sergio Maryl