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Trafics : Littoral Mahafaly Androka, zone rouge en braconnage de tortues radiées

Le braconnage de l’espèce de tortues radiées ou « radiata » se poursuit dans le paysage mahafaly, dans la région
Atsimo-Andrefana. Du 4 au 11 octobre, un genre de patrouille appelé « Dialava » dans une partie du littoral mahafaly, commune rurale d’Androka, où une découverte inouïe justifie encore le massacre perpétré à l’encontre de ces espèces sans défense Éternelle zone rouge.

Dans le cadre de « Dialava », réalisé par le Collectif des organisations de la société civile des jeunes engagés de la région Atsimo-Andrefana (Cojeaa)-Miharo, appuyé financièrement par WWF Madagascar, des membres des communautés de base ou « vondron’olona ifotony » (VOI) et des autorités locales ont accompagné en sillonnant des forêts de cactus rouge, habitat naturel des tortues radiées. Les troupes ont visité les forêts de Bevoalavo, d’Anengihegny à Beavoho-Atsimo et celles de Kilibory.

À Bevoalavo, la patrouille dans une superficie de 600 mètres sur 500 mètres de champs de culture, a permis aux troupes de trouver dix-huit individus (tous âges confondus, juvéniles, sub-adultes et adultes). Soafara, président de la VOI Milamintsoa à Befolitse reconnaît qu’une crise climatique perdure depuis dix ans. « On s’en prend aux tortues et la sécheresse sévit dans les fokontany. Les braconniers violent ainsi nos fady, pourtant, ils se lavent les mains et lavent leurs vaisselles avec l’eau de nos puits », se plaint-il.

Dans la forêt d’Anengihegny à Beavoho-Atsimo, les patrouilleurs ont aperçu des carapaces de tortues déjà blanchies. « Leur massacre remonte à huit à dix ans et les tueurs changent d’endroits pour chercher d’autres proies. En général, cet emplacement éloigné du village constitue un lieu de transbordement de tortues. Des barques en provenance de Salary, Anan-tsona, récupèrent des sacs ici et les transportent vers Mahavatse à Toliara. Nous protégeons cette forêt car elle abrite encore des espèces de lémuriens (maki, sifaka), de serpents et de tortues », explique Herembita de la VOI Tsirabe Mahasoa. Anengihegny possède aussi un large éventail de nourritures destinées aux tortues. On y distingue pikanala, sakoa bory, lalangy, filofilo et lampagna. « Dialava » dans la forêt de Kilibry a été le plus palpitant, car elle est réputée pour être le lieu de boucherie et de fumage de viande de tortues. Il a fallu y pénétrer en silence, rester sur ses gardes car on ne sait jamais les dangers qui surviennent, notamment l’affrontement avec des Antanosy armés de « tombon-kisoa » ou de « tombonosy » (fusil artisanal).

Des chuchotements derrière les bosquets de cactus rouges ont justement contraint un groupe à se camoufler ; les uns à plat ventre, les autres en accroupis. Au fur et à mesure qu’on entre dans le cœur de la forêt, les buissons épineux s’épaississent et on arrive dans une sorte de petite clairière bondée de deux mille carapaces fraîches, cinq foyers et des barres suspendues. « Ce sont des Antanosy de Fotadrevo et de Lazarivo qui ont commis ce crime, il y a entre quinze jours et une semaine. Plusieurs tortues vivent encore dans cette forêt et ils prennent les petites et les grosses », clarifie un membre de la VOI Tsilakary Mahasoa qui gère la forêt de Kilibory.

D’après les VOI, les braconniers ne restent jamais longtemps au même endroit. Ils se déplacent vite, changent de campement et ripostent au cas où ils ne veulent pas être appréhendés. Les protecteurs de tortues munis de leurs bâtons, de quelques pierres, se sentent impuissants face à eux. Le constat des éléments de la gendarmerie de la compagnie d’Androka, qui ont dressé un procès verbal, a clos « Dialava ».

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