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Communales et municipales : La capitale en ligne de mire

Les électeurs de la capitale ont toujours opté pour un candidat de l’opposition au pouvoir central lors des communales et municipales. Sera-ce encore le cas ce mercredi ?

Une lutte acharnée. Comme dans les années précédentes, les élections communales et municipales dans la capitale vont captiver l’ attention des observateurs de la vie politique. Dans la mesure où les électeurs de la première ville du pays ont souvent un penchant pour le porte-fanion des opposants au régime en place. Marc Ravalomanana en 1999 a été élu pour signifier à Didier Ratsiraka, revenu à la barre du pays le 10 février 1997, le ras-bol des Tananariviens à son égard. De même, Andry Rajoelina a été plébiscité le 12 décembre 2007, jour anniversaire de Marc Ravalomanana alors président de la république entamant son second mandat, au détriment de Hery Rafalimanana, président de la délégation spéciale de la Commune urbaine d’Antananarivo, CUA. Il a fait les frais de l’impopularité grandissante de Marc Ravalomanana, imbu de sa petite personne,  animé par des dérives dictatoriales au service de ses propres intérêts.

 Renversant

Pourtant, Hery Rafalimanana a pu redorer un peu le lustre d’antan de la capitale par l’accueil des Jeux des îles. Pour une fois, les habitants de « Vohitsara » étaient fiers de leur cité. Aujourd’hui, après quatre années de gestion par le couple Ravalomanana, monsieur a été le conseiller très spécial de madame le maire, la ville a sombré dans la saleté, l’insalubrité, l’anarchie totale, l’indiscipline généralisée, la mobilité urbaine bloquée par des embouteillages monstres de jour comme de nuit, des marchés désorganisés, l’insécurité persistante et des éclairages publics défaillants sinon inexistants, des rues transformées en parkings et en garage. S’y ajoutent des lavages sauvages sans interruption.

Le candidat du TIM, Rina Randriamasinoro, étant secrétaire général de la CUA, porte une lourde responsabilité dans cette situation chaotique. Comment peut-il encore promettre quoi que ce soit alors que l’équipe des Ravalomanana n’a pas réalisé un seul projet tendant à améliorer le cadre de vie de la population dont le nombre, par l’essor démographique et des flux migratoires, n’a cessé de croître. Alors que les infrastructures publiques déjà insuffisantes, se détériorent  à vue d’œil,  par manque d’entretien, et détruites par des actes de vandalisme. Rares sont les panneaux  qui ont été épargnés par les voleurs des biens communs. Comme ceux du boulevard de l’Europe, arrachés la nuit même de  son inauguration. L’état de délabrement avancé du stade de Mahamasina illustre à quel point la CUA a été  dans l’incapacité totale de mener à bien ses missions. Et refuse toute collaboration avec le pouvoir central.

La CUA, sous la coupe des Ravalomanana, se couvre d’un triste bilan. Avec des points négatifs. Pour ne citer que le nombre pléthorique des membres du cabinet de Lalao Ravalomanana, pas moins de 287 personnes. Des compétences particulières sur des domaines précis ou forme aboutie du népotisme absolu en faveur des familles, amis et connaissances ?  Par ce manque manifeste de transparence d’un management bien opaque, des conseillers municipaux ont exigé un audit de la part de l’Inspection générale de l’État, IGE. La CUA, par exemple, a effectué un recensement parallèle des propriétés bâties. Avec à la clé, d’importantes recettes fiscales dont l’affectation demeure un vrai mystère. Des employés de la CUA se plaignent du retard presque à chaque mois du paiement de leurs misérables salaires.

Pour cette fois-ci, la dégradation de la capitale est telle que les électeurs ont le choix entre la continuité dans la médiocrité ou un changement radical. Persister dans cette voie sans issue à s’opposer aux dirigeants élus au lieu de coopérer avec eux pour le bien de tous ? Voilà pourquoi Naina Andriantsitohaina, candidat de la plateforme présidentielle IRD, a des opportunités à saisir. Rompre avec ce passé qui a fait de la capitale un théâtre des batailles de la politique politicienne. Sans le moindre apport positif pour les administrés, devenus presque des otages en permanence de ces interminables conflits.

 Boulet

Pour Rina Randriamasinoro, le plus difficile sera de se débarrasser de cette tutelle encombrante des Ravalomanana. Même l’hymne à la gloire de l’ancien maire sert encore de support de campagne pour Rina Randriamasinoro. En tout cas, lors de la présidentielle et des législatives, Andry Rajoelina et ses protégés ont fait jeu égal avec le team de Marc Ravalomanana dans les six arrondissements. Il est loin le temps où le TIM a eu la main mise sur cet électorat. Sur un plan plus général, une large victoire de l’IRD et ses alliés à l’échelle nationale peut déboucher sur les sénatoriales avec des grands électeurs. Une autre paire de manches.