Reportage

Entretien d’un site de décharge – Andralanitra abrite des projets de valorisation de déchets

Andralanitra, le fameux site de décharge d’ordures pour la Commune urbaine d’Antananarivo accueille plusieurs projets. Le but : assurer la durée de vie du site

L’extraction de mercure dans un fût contenant
du charbon actif

Va pour des projets pérennes. Le site de décharge d’ordures d’Andralanitra, commune rurale d’Ambohimangakely, s’étend sur une superficie de 18 hectares. Tous les jours, des camions y ramènent plus de cent tonnes de déchets de toutes sortes et sans entretien, la hauteur des immondices qui s’entassent augmente déjà à 50 mètres du niveau zéro des rizières.

Le processus de production de compost

pilote
La saturation atteint ainsi le site et en 2015, un premier essai sur la valorisation des déchets et des produits connexes a eu lieu. À l’heure actuelle, le ministère de l’Eau, de l’énergie et des Hydrocarbures, la Commune urbaine d’Antananarivo, Syctom, Gevalor, WWF Madagascar, Madacompost et le Service autonome de maintenance de la ville d’Antananarivo (Samva) réalies un grand projet pilote de la réhabilitation de la décharge d’Andralanitra. Celui-ci se subdivise en volets indépendants mais ayant chacun son importance étant donné que chaque type d’ordure joue un rôle crucial en tant que matières premières.
« Nous commençons par la valorisation des déchets entrants et frais, dont ceux fermenticibles en provenance des marchés, les déchets industriels et les déchets verts. Il nous arrive également d’ acheter des ordures auprès des « mpikiritaka » ou chiffonniers », fait savoir Antonio Randriantsimihory, responsable du projet Gevalor. Ce dernier mentionne également la fabrication de combustibles écologiques pour les chaudières industrielles qui fournissent une énergie calorifique considérable.

Concret
Le ministre de l’Eau, de l’énergie et des Hydrocarbures, Lantoniaina Rasoloelison, expose que ces activités visent à réduire la quantité de déchets qui entrent dans le site de décharge. « Le tri, la transformation et le recyclage constituent des stratégies qui garantissent la viabilité du site. Cependant, l’éducation en gestion d’ordures devrait commencer dans les ménages sachant que les déchets peuvent se reconvertir en autobloquants, en compost, et en énergie », conclut-il.
Devenu un site sécurité, Andralanitra est une zone où se concentre des activités de tri, de valorisation et de transformation. La société Madacompost s’occupe de la gestion des ordures, la production de compost et de briquettes. « Les camions arrivent, le tri débute. Les ordures à composter s’empilent en rondins, les papiers et les cartons se séparent des autres. 80% des déchets sont compostables. 38% peuvent se transformer en combustible, 2% en charbon et 3% de déchets en plastique se recyclent en pavés », explique Mihaja Andriamiadana, directeur de Madacompost. Elle précise que le compost qui est un amendement en agriculture fertilise le sol, tandis que les engrais s’obtiennent à partir des cornes et des sabots des mammifères. En deux mois d’essai, 1 600 t de déchets ont été collectés et les déchets alimentaires putrescibles ont été extraits pour en faire du compost.
D’ici la fin de l’année, les travailleurs du site vont produire 250 t d’engrais destinés aux petits paysans. Un champ de démonstration est mis en place à côté pour éprouver les produits dérivés.
Des cartons et des papiers, immergés dans l’eau et sous la pression d’un compacteur, donnent des briquettes. « Ils substituent les bois de chauffage dans les sociétés industrielles. Par exemple, Soctam les utilisent dans le séchage de feuilles de tabac. Cotona procède à une phase d’essai mais le but reste le même, réduire la coupe de bois », indique Tendry Randriandimbiarime, assistant technique auprès de Madacompost.

 

La fabrication de briquette à patir des coupeaux
de cartons

Par Farah Raharijaona