Rencontre

Jean Claude Ratsimivony – Tradipraticien pour la vie

«Nul n’est prophète en son pays ». C’est en ces quelques termes que le tradipraticien résume son parcours professionnel. Membre de l’académie malgache, Ratsimivony a consacré toute sa vie à la médecine traditionnelle héritée de son grand-père, a reçu le titre honorifique de honoris causa des Etats-Unis et de l’Albanie mais les dirigeants malgaches ne reconnaissent pas les valeurs de ses recherches, d’après ses dires. « En Chine, 20 % du budget sont alloués aux produits allopathiques et le gouvernement devrait également en faire autant pour que les Malgaches estiment les vertus de nos plantes médicinales et de la médecine traditionnelle. »

talent inné

Il a commencé à collecter des plantes médicinales dans la forêt dès l’âge de 4 ans et à traiter des patients à l’âge de 12 ans. « Je n’ai jamais eu de doute quand des personnes se sont présentées devant moi. J’ai pu répondre à toutes leurs questions sans hésitation », raconte-t-il. Ce père de famille a multiplié ses recherches. Il n’a poursuivi aucune étude en médecine occidentale mais a approfondi ses connaissances avec la médecine alternative comme l’homéopathie, l’aromathérapie aux Etats-Unis et en Suisse. Non seulement, il prend en charge les humains mais soigne également les animaux. « Il s’agit d’une question de fluidité que le côté médical ne saura expliquer », poursuit-il. La découverte de la médecine traditionnelle émerveille tout le temps cet homme. « Je me souviens de ma mère qui a souffert à cause d’un cancer. Les médecins l’ont condamné et lui ont donné six mois à vivre quand elle a eu 75 ans. Grâce à la médecine traditionnelle, elle a survécu pendant vingt ans et elle est morte de sa vieillesse et non de son cancer », se souvient-il. Son arrière grand-père mourut à l’âge de 118 ans. Actuellement, cette science n’est plus question d’héritage mais de prédisposition génétique puisque sa petite-fille de trois ans s’imprègne déjà de cette discipline. « Elle sait déjà masser et à chaque fois qu’elle prend un stéthoscope, elle répète à maintes reprises qu’elle sera médecin plus tard. »

Efforts

Au point d’aider ses compatriotes, Dr Ratsimivony a mis en place une structure permettant aux patients malgaches de bénéficier d’une prévention et d’un traitement adaptés à leurs pathologies. « Les maladies dégénératives ont une source commune. C’est un système en équilibre et lorsqu’il est rompu, il obéit à la loi naturelle, celle de l’entropie qui tend vers le désordre dont le modèle fractal et de répartition qui couvre la maladie et elle se développe. Lorsque la maladie atteint le stade de l’irréversibilité, il n’y a plus rien à faire puisqu’aucun homme ne trouve aucun remède contre la mort », explique-t-il. Voilà pourquoi, le cabinet médical JCR a vu le jour. Cette structure fait partie du groupe JCR qui inclut la chaîne Green club (tourisme médical, Spa…) et la chaîne Vaniala (bien-être). Bien qu’il ait cédé Homéopharma, il ne le regrette pas parce que le nouveau cabinet médical prolonge ce qu’il a amorcé et innove. « Ce cabinet allie la tradition à la modernité. Le diagnostic se fait par imagerie à l’aide d’une échographie en 4D, par des analyses biomédicales en laboratoires mais nous remontons en amont en explorant la conscience, l’inconscience et la subconscience avant toute prise en charge. Que chaque Malgache trouve la santé, la forme et le bien-être avec les produits de leur pays. Nous accompagnons à la fois le patient et sa famille dans la prévention et la prise en charge. Nous essayons de renforcer la défense et le système immunitaire, de prolonger l’espérance de vie la population à plus de 80 ans », fait savoir le fondateur du cabinet. Par la suite, le traitement recourt à l’usage des plantes médicinales et endémiques en rehaussant leur importance biologique. Le groupe s’occupe de la plantation, de la transformation en collaborant avec des paysans d’Analamanga, de Moramanga, de Brickaville et de Mahajanga en exploitant jusqu’à 2 000 hectares, avec l’ambition de placer haut la pharmacopée traditionnelle malgache.
Le cabinet médical propose des consultations et des observations dans la journée ainsi que des consultations spécialisées en diabétologie, en ORL, en allergologie, en cardiologie et en oncologie. Il cible à la fois les cadres des entreprises et le grand public. Les indigents du fokontany d’Ankadivato jouissent également de ses prestations en contrepartie d’une participation symbolique. Le cabinet médical s’implante également dans les grandes villes d’Antsirabe, de Toamasina, de Nosy Be et de Sainte Marie.

Perspectives

Dr Ratsimivony souhaite que la médecine traditionnelle soit traitée de la même façon que celle occidentale.
« Qu’elle puisse être budgétisée et votée à l’Assemblée nationale », sollicite- t-il. Il commente que les dirigeants fassent leur possible pour que les patients malgaches n’aillent plus à l’étranger pour se soigner. « Ils dépensent une grosse somme d’argent pour l’obtention d’un visa pour La Réunion et pour un voyage à Maurice alors que le traitement peut se faire ici. Comme s’ils désavouent les médecins malgaches et n’ont plus confiance en la médecine traditionnelle alors que nos plantes médicinales produisent des miracles et guérissent des maladies », conforte-t-il.
Il encourage tout un chacun à prioriser la prévention, à favoriser le check-up et le dépistage précoce afin d’éviter le stade avancé d’une maladie et le traitement.

Par Farah Raharijaona 

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