Dossier

Addiction – Les cigarettes font un tabac chez les jeunes

Un indonésien qui a fait scandale dans le monde entier

Le tabagisme infantile et juvénile concerne les jeunes entre 10 à 18 ans et influencé par des variables d’origines sociales, et surtout psychologiques. Mais également, puisque le bouleversement de l’équilibre biologique, psychologique et social implique la nécessité d’accompagnement pour le malade sevré

Un indonésien qui a fait scandale dans le monde entier

L’accoutumance au tabac ne touche pas non seulement les adultes mais concerne de plus en plus de jeunes mineurs notamment, des enfants et des adolescents entre 10 et 18 ans. Allant de tabagisme passif vers une dépendance au tabac et aux produits psychotropes ou tabagisme actif, les jeunes ne sont nullement épargnés. Selon L’OMS ou Organisation Mondiale de la santé dans son bulletin, le tabagisme est un sujet de préoccupation majeure pour la santé des enfants dans le monde, à peu près quatre-vingt-deux mille jeunes à quatre-vingt-dix-neuf mille jeune allument leurs premières
cigarettes chaque jour. Encore à
Madagascar, l’office National de Lutte Antitabac (OFNALAT) estime que pour les personnes dépendantes à la nicotine,sur six cent milles fumeurs invétérés 19 %sont essentiellement des jeunes.
Ces derniers qui s’exposent à des risques de dégradation de leur santévoire des risques de cancer. Outre le
tabagisme en milieu défavorisés, le tabagisme en milieu scolaire est de plus en plus fréquent. Il s’apparente à une toxicomanie résultant de l’addiction des produits fabriqués à partir des feuilles de tabac dont des cigarettes, cigares. « Une cigarette contient au moins quatre mille poison toxique dont la cinquantaine sont des facteurs
de cancer » indique le docteur Lanto Ratsifandrihamanana.

Mécanisme

Un bout de plaisir

L’accoutumance à la nicotine, agent d’accoutumance, chez un jeune, arrive lorsqu’il commence à prendre une
petite quantité. L’arrivée de la nicotine dans l’organisme notamment dans le cerveau équivaut à la libération
de la dopamine. Ce dernier qui influe sur la perception neurologique du plaisir à savoir la réduction de l’anxiété, amélioration de l’humeur pour un effet éphémère. « La nicotine un produit psychotrope, crée la dépendance. L’initiation commence par la première prise de la cigarette. Dans ce cas, la nicotine provoque une stimulation éphémère associée à la sécrétion de la dopamine par le cerveau. Au bout de trois tiges par jour, la prise devient une dépendance et c’est là que le sujet perd le contrôle » explique Docteur MiarintsoaAndriamiarinarivo, spécialiste en addictologie au Centre de Cure AroAina (CCAA).

Facteurs

Fumée comme une usine

Les facteurs d’accoutumance sont d’origine sociale, psychologique et émotive . Chez un enfant, l’accoutumance commence dès le plus jeune âge et se trouve influé par de nombreux facteurs. Les facteurs sociaux sont liés à l’entourage et l’environnement où évolue le sujet « L’effet de groupe et l’influence des pairs constituent la première cause du tabagisme juvénile, La plupart des jeunes sont
influencés par leurs amis et deviennent dépendant. La dépendance s’apparente ici comme un problème d’affirmation de soi » affirme Lanto
Ratsifandrihamanana, Psychiatre. Par ailleurs, la communication familiale est un facteur essentiel sur le comportement de l’adolescent, puisque le manque de communication entre les parents en est à l’origine dans la plupart des cas. Selon le Docteur Miarintsoa Andriamiarinarivo « la famille est dans la majeure partie des cas, à l’origine de l’accoutumance dans la mesure où l’échange parents et enfants ne favorisent pas la sensibilisation du jeune à l’effet du tabagisme ou encore les parents sont des fumeurs »
A partir de la stimulation jusqu’à la dépendance, les effets sont de plus en plus néfastes « Chez un mineur, la dépendance entraine un impact négatif sur son cerveau, puisque le développement de son cerveau se fait jusqu’à 21 ans, la perturbation survient, ainsi c’est dans ce cadre que les troubles de comportement est observé chez le jeune, la dépendance en soi entraine une réduction de la capacité d’un adolescent lorsque ce dernier effectue une tâche » affirme Docteur Miarintsoa Andriamiarinarivo. Outre le changement de comportement, les maladies respiratoires et les risques du cancer du poumon peuvent survenir. Le jeune est sujet à l’essoufflement, le crachat et autre. Mais également, à l’âge adulte, le jeune risque l’infarctus du myocarde, anorexie ou des problèmes cardio-vasculaire.

asphyxies
Egalement , l’Association tabac et cannabis sont les plus fréquemment utilisés, les effets qui pourreient être
néfastes pour le sujet surtout sur la santé mentale: « sur les soixante internés au sein de l’hopital psychiatrique Anjanamasina, quarante sont déjà dépendants au tabac et au cannabis, produit composés essentiellement
de nicotine » affirme Docteur Lanto Ratsifandriahamananana, Directeur de L’hopital Psychiatrique Anjanamasina.
En janvier 2018, Madagascar a été incluse dans la liste des quinze pays qui vont bénéficier de la lutte anti-tabac. Le lancement de la convention anti-tabac 2030 entre Madagascar et la Grande Bretagne le 24 janvier 2018 a été un tournant marquant dans la lutte. La ratification du protocole d’accord sur l’élimination du commerce illicite de tabac, thème de la célébration de la journée mondiale anti-tabac 2015 a mis également en exergue cette lutte. La journée mondiale sans tabac est célébrée chaque année le 31 mai, le thème change chaque année mais tourne autour du tabagisme. Pour l’année dernière, le thème abordé étant le tabagisme et les cardiopathies,
ayant pour facteur de risque des maladies vasculaires et cérébraux.

QUESTIONS à… – “ Une addiction évitable ”

Docteur MiarantsoaAndriamiarinarivo Addictologue et présidente de la Centre de Cure Aroaina (CCAA)

Le jeune durant la période de sevrage nécessite l’appui de la famille et l’accompagnement
psychologiques du médecin pour obtenir le résultat escompté

Pouvez-vous expliquer le mécanisme de cure ou de sevrage chez
le jeune ?
Quant on dit tabagisme juvénile le sevrage se caractérise par deux étapes, le sevrage médical qui est définit par la consultation médicale par le médecin par rapport au degré de dépendance définit sur une base. C’est ainsi qu’il est prescrit au patient le substitut de la nicotine. Outre ce type de sevrage, le second est un accompagnement psychologique du malade appelé, psychothérapie. Afin d’éviter la rechute, cette étape est cruciale. La cure qui dure un à deux mois est étalés sur trois séances.

De quelle manière la cure s’effectue durant ces trois séances qui vous avez cités ?
L e sevrage au sein de notre établissement s’effectue de manière brutale c’est-à-dire non progressive. La cure en elle-même aurait pour objectif de provoquer l’arrêt net de la dépendance contrairement à la méthode progressive consistant au fur et à mesure à réduire la consommation du produit psychotrope par le sujet. Durant les trois séances, le malade est suivi psychologiquement et les approches adoptées consistent à favoriser la communication familiale d’où la nécessité d’une thérapie familiale.
Les cas de rechute se produisent- ils fréquemment et dans ce cas, quelles mesures prenez-vous par rapportaux patients récidivistes ?
Le taux de succès est de 80 % à 90 % dans la plupart des cas et le taux de rechute est de 15%, ce chiffre s’explique par le fait que l’influence du groupe est forte que le jeune n’arrive pas à se maintenir, ainsi dans ce cas nous évaluons le patient par la durée de son sevrage et c’est par cette constatation qu’on décide de refaire la thérapie et revenir au début du sevrage. La réussite du sevrage quiest conditionnée par la volonté du patient sans aucune contrainte de ses proches.

Diamondra Randriantsoa – Photos: Mamy Mael- fournie 

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