Grand Angle

Made in Madagascar –

Des sacs en raphia, dont les couleurs sont obtenues à partir de la teinture végétale, respectent les règles de la mode responsable.

Les artisans se rivalisent de créativité et proposent des articles cadeaux pour les fêtes. La période s’annonce avantageuse pour séduire une clientèle haut de gamme. Le « vita malagasy » attire l’attention en affichant ses bons atouts.

Tohiniaina Nomena Rabehasy cofondatrice de la marque Tohan met en valeur
les produits locaux en garantissant
la qualité de sa production.

Le côté familial des fêtes de fin d’année véhicule un esprit de partage qui peut se traduire par des échanges de jolis petits cadeaux. Peu importe le prix, ces petits paquets joliment emballés et tout mignon avec ses rubans colorés procurent toujours de la joie. Ils marquent une certaine attention, expriment de l’affection, visent souvent à surprendre et augmenter la joie de la retrouvaille.
Côté offre, la concurrence s’annonce rude. Le marché est inondé de produits de toute sorte pour toute la clientèle. Certains produits artisanaux affichent de l’ambition en présentant de meilleurs atouts et ciblent les plus exigeants des acheteurs. Originalité, qualité, et un bon packaging sont leurs armes de séduction. Ils rivalisent les offres existantes et profitent des expositions pour avoir de la visibilité. Accessoires de mode, produits de beauté, décorations d’intérieur, et autres arrivent à séduire par tous les moyens.

Opération  à cœur ouvert

De plus en plus de jeunes s’intéressent à la filière artisanat haut de gamme et investissent dans ce secteur. L’esprit d’entreprise de la jeune génération s’ajoute au savoir-faire des artisans pour réaliser des produits à forte valeur ajoutée avec un cachet original et une touche particulière. La plupart de ces entreprises travaillent en étroite collaboration avec différentes associations œuvrant dans la réinsertion sociale des personnes vulnérables, par exemple.
« Nous donnons une formation gratuite pour une durée de deux mois aux femmes démunies qui s’affilient à notre association. On leur apprend les techniques de teinture végétale et l’art du crochet en général. On leur fait comprendre aussi le danger de l’utilisation des produits chimiques pour l’environnement. Comme la plupart d’entre elles sont en relation directe avec la nature dans la vie quotidienne, elles sont très réceptives à la méthode dite biologique », explique Hortensia Rakotonanahary, chef d’atelier et formatrice de l’association Mada Fusion.
«Nous avons travaillé sur le packaging pour rendre nos produits plus attractifs au niveau de la présentation.  Et nous misons aussi sur la qualité du contenu. Notre huile au coco, par exemple, est pressée à froid. Nous mettons tout simplement en valeur ce que la Grande Ile a de meilleur pour les soins de beauté. Nous utilisons des matières premières locales. Nous travaillons avec l’ONG Manda qui s’occupe des femmes en réinsertion sociale. Pour l’instant, on se limite à trois gammes. Mais on les élargira au fur et à mesure. Notre objectif est de viser le marché international », précise Tohiniaina Nomena Rabehasy, une jeune femme de vingt-sept ans, en présentant une huile de coco de sa propre marque Tohan.
« L’idée est née suite à nos voyages à travers l’île. Ici, nous avons la fève de cacao et énormément de saveurs différentes. On a investi sur une petite machine pour notre consommation personnelle. Puis, les copains devenaient les premiers clients de notre production. Et ça a pris une certaine ampleur au fil du temps. Maintenant, on fournit sept points de vente dans la capitale et quelques hôtels à Nosy Be. On commence à toucher le marché extérieur. Nous avons présenté un nouveau produit lors du marché de Noël du Lycée Français à Ambatobe, cette année. Il a été très bien apprécié. Nous avons aussi des offres adaptés pour les fêtes destinées aux particuliers ou pour les entreprises. Le but est de séduire avec un produit noble tout en évoquant la particularité de Madagascar par sa richesse en matière de saveurs et de savoir-faire. Et comme Madagascar est une île avec énormément de goûts, on a encore pour quelques mois de création. On prévoit quelque chose d’innovant pour l’année prochaine », expliquent Malo Hallé et Dodo Razafy, le couple fondateur de Kabos Chocolat, une marque de chocolat artisanal fondé en 2017.

Des sacs en raphia, dont les couleurs sont obtenues à partir de la teinture végétale, respectent les règles de la mode responsable.

 

 

Rencontre directe de l’offre et de la demande

Les ateliers fonctionnent en plein régime quelques mois avant les fêtes de fin d’année. On augmente la production pour cette occasion. Des nouveaux produits sortent de la fabrication et étoffent les gammes de certaines marques. Les différents événements culturels et commerciaux servent d’outils pour tester les nouveaux produits artisanaux haut de gamme. Dans un climat propice à des échanges, l’offre rencontre la demande.
Kabos Chocolat, Tohan, Association Mada Fusion, et by Macana participent à la vente exposition du dimanche 16 décembre dans le cadre d’un brunch convivial.

Accessoires de mode, produits de beauté, décorations d’intérieur, et autres arrivent à séduire par tous les moyens.

 

 

Par Ricky Ramanan
Photos : Sergio Maryl