Actualites alaune Politique

Andry Rajoelina – Aux portes du pouvoir

La vague orange déferle sur Madagascar

Ce mercredi 19 décembre, Andry Rajoelina a rendez-vous avec l’histoire. Il aura l’occasion de devenir pour la première fois de sa jeune carrière politique, un président de la république. Tous les feux sont aux verts pour le candidat des « Oranges »

Les partisans irréductibles, extrémistes et radicalisés de Marc Ravalomanana, très actifs sur les réseaux sociaux sur le front des insultes, dénigrements et diffamations, ont tout fait pour faire croire à tout le monde qu’Andry Rajoelina n’a pas le courage d’affronter leur « Dada » dans un débat télévisé. Le contraire s’est produit lors du premier face à face sur le plateau de la chaîne nationale de télévision. Les nombreux téléspectateurs ont été des témoins privilégiés que le MAP-II de Marc Ravalomanana sonnait comme une coquille vide.
Il n’a pu répondre qu’avec ses récitations favorites. Comme « kapoaka izany » sans préciser les détails de son programme de quatre feuillets, résumés dans le « Manifesto ». Alors que l’IEM est un volumineux dossier de 300 pages. Avec des pactes, « velirano » du candidat Andry Rajoelina avec les populations de chaque région. Comme celles d’Alaotra-Mangoro avec qui il promet la réhabilitation de la RN 44, conduisant au grenier à riz du pays. Frôlant souvent le K.O, acculé aux cordes, Marc Ravalomanna tente quelques esquives désespérées et se présente comme un préféré des bailleurs de fonds. En affirmant qu’un programme avec le Fonds monétaire international, FMI, ouvre les vannes des autres soutiens financiers.

classique

À commencer par celles de la Banque mondiale et de l’Union européenne et ses aides non-remboursables. Mais l’équipe de Didier Ratsiraka, avec ses techniciens hors du commun, n’a-t-elle pas été qualifiée par le FMI « de bons élèves ». Mais le progrès économique n’était pas au rendez-vous. D’où la révolte populaire de mai à octobre 1991, obligeant Didier Ratsiraka à abréger la durée de son mandat acquis deux ans plus tôt. Sachant que la générosité de ces partenaires financiers est assortie de quelques recommandations ou conditionnalités ou encore critères de performance. Comme l’application de la vérité des prix du carburant. Durant la Transition, par une bonne gestion des dépenses publiques, Andry Rajoelina a déjà prouvé qu’il a été possible de se passer de ces subsides qui renforcent la dépendance financière et économique du pays.
Il entend réussir le vrai décollage économique par l’exploitation à bon escient des ressources naturelles existantes. Sur le plan économique toujours, Marc Ravalomanana a été le premier à oser mettre à la tête de la Jirama, société nationale de l’eau et de l’électricité, un étranger. Le canadien Rodrigues Haché de Lamheyer International. Refusant la privatisation tout court, au sens de la cessation d’actifs par crainte d’une contestation brutale des syndicalistes, Marc Ravalomanana a opté pour le contrat de gestion avec cette firme allemande, peu connue dans le milieu de l’énergie. Et au centre d’une polémique au Lesotho.
L’offre de l’EDF étant jugée plus bénéfique pour la Jirama mais la francophobie de Marc Ravalomanana étant ce qu’elle est, il a aussitôt jeté dans les poubelles les propositions françaises. Aussi la société allemande, sans verser le moindre ariary dans le capital de la Jirama, avait la mainmise sur la direction générale. Elle s’est contentée du transfert douteux de savoir-faire. Sans compter les salaires exorbitants de Rodrigues Haché et ses collaborateurs expatriés. Ce qui a frustré les cadres nationaux. La même stratégie a été imposée chez
Air Madagascar avec Lufthansa Consulting. Jusqu’au scandale sexuel perpétré par le boss allemand sur des hôtesses malgaches.

arbitraires

Marc Ravaloamanana a aussi décidé l’exonération des taxes d’importation de plus de 4500 articles. Alors que le cadrage macro-économique de Madagascar souffre de la faiblesse de ses recettes fiscales. 12 à 13% du Produit intérieur brut, PIB, l’une des performances les plus insignifiantes en Afrique. Ces mesures d’apparence salvatrices ont été prises pour favoriser les activités des entreprises du Groupe Tiko. Afin de mieux étouffer la concurrence. Le ministre des Finances et du budget de l’époque, Benjamin Andriamparany Radavidson, a été le maître d’œuvre de ces dispositions contraires aux dogmes des bailleurs de fonds. Les Il sera évincé pour être relégué ministre de l’Éducation nationale, humilié par Hajanirina Razafinjatovo qui quitte le « Tranoboribory » d’ANosy pour monter en grade à Antaninarenina. Le concerné a-t-il oublié une telle brimade pour faire partie encore de ceux qui soutiennent Marc Ravalomanana. Andry Rajoelina a raison de dire que Marc Ravalomanana se soucie avant tout de ses propres biens si jamais il revient au pouvoir. Le choix appartient aux électeurs. Revenir en arrière ou prendre la voie du progrès.

Par Eric Ranjalahy