Dossier

Secourisme – Des pompiers sur la braise

Pour cette année, d’après les statistiques fournies, soixante et un incendies ont été répertoriés dans les cinq mois. Seize incendies ont été confirmés pour le mois de mars, le mois qui a été marqué par des cas d’incendie et
qui ont requis l’intervention des sapeurs pompiers. Sept points sont vulnérables aux incendies, dont Ankasina, Antohomadinika 3G Hangar, Anosibe Tsena, Anosibe Mananjary Andranomanalina, Manarintsoa Afovoany, Andravoahangy. Leurs interventions débutent par un appel reçus. L’alarme retentit pour accélérer le processus. En une minute, aussitôt l’appel de détresse via des appels téléphoniques reçus au niveau du centre de traitement d’alerte, les sapeurs pompiers se mettent en route. Quand bien même, le travail des « soldats du feu » intrigue et inspire tel comme la série vue à la télévision, la réalité sur terrain est une toute autre histoire. Vu que beaucoup de difficultés sont rencontrées par ces derniers dans l’accomplissement de leur travail. Les moyens matériel d’infrastructure en font partie.
C’est le cas de l’insuffisance des bouches d’incendie notamment dans la capitale. Deux cent dix neuf dont cent trente et huit, fonctionnent et neuf appartienent à des personnes privées. Selon les explications, la plupart des bouches d’incendie sont en panne ou sont ensevelies sous des constructions. L’accès à ces derniers constitue des obstacles dans les missions de sauvetage. « Dans les cas d’urgences, nous sommes dans l’obligation de trouver une source d’eau tout près de l’incendie. Des fois, nous utilisons de l’eau venant d’une piscine ou des canaux d’eaux usées » indique le Commandant Randrianarisoa 2e officié adjoint des sapeurs pompiers de Tsaralalana. Les bouches d’incendie deviennent rares, et la réhabilitation coûte très cher, selon les informations, une bouche d’incendie maintenant coûte à peu près seize millions d’ariary.

Recrutement

En action

Aucun recrutement. Les sapeurs pompiers d’Antananarivo sont cent quarante quatre actuellement. D’après le capitaine Mamy Razafindrabe, commandant de compagnie, le dernier recrutement s’est tenu en 2011. Huit ans après la Commune urbaine d’Antananarivo n’a pas réagi. Dans les normes internationales, un pompier est destiné à huit cents personnes. « Trois millions de personnes circulent à Antananarivo le jour et deux millions de personnes la nuit. Par rapport au nombre de pompiers en service à Antananarivo, nous pouvons dire que c’est suffisant », explique sergent Henri Randriarimanana, responsable de la communication. À part les incendies, les sapeurs interviennent dans tout ce qui est danger au niveau de la population tels que les accidents de la circulation, les noyades, les évacuations sanitaires et les effondrements de maison.

Manque d’équipements

Sauvetage en eau trouble

Pour une bonne organisation, ils sont divisés en quatre sections dont les trois s’occupent des interventions et l’une du commandement. Ils sont répartis dans trois casernes, à savoir Anosivavaka, Andravoahangy et Tsaralalàna. Une cinquantaine de pompiers font un tour de garde tous les jours. Quarante pompiers travaillent la nuit. Dans des cas graves, les pompiers sont tous appelés à intervenir. Les équipements des sapeurs pompiers ne sont pas conformes au nombre des sapeurs pompiers. La plupart des équipements de sapeurs pompiers ont été obtenus à partir de partenariats étrangers.
En tout, sept grands camions sont utilisés pour les interventions. Une association appelée Phénix les appuie dans les accessoires comme les tronçonneuses, les groupes électrogènes, etc. « Nous ne pouvons pas encore nous permettre d’acheter des camions. Notre budget est géré par la Commune urbaine d’Antananarivo. Un camion de sapeurs pompiers peut coûter des milliards. Il existe des fourgons d’appui en cas où les camions ne suffisent pas. À un certain
moment, quelques institutions nous prêtent main forte comme le Corps de protection civil (CPC), le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) et l’Agence de la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna)  », ajoute le sergent Henri.

Commandant Randrianarisoa, 2e officier adjoint – « J’ai frôlé la mort dans un puits »

Dignes et fiers

Le Commandant Randrinarisoa s’est engagé dans les rangs des sapeurs pompiers en 1982. Dans sa jeunesse, il aimait déjà sauver des vies. « Même si je n’étais pas encore sapeur pompier, j’ai déjà sauvé deux jeunes filles qui allaient se noyer dans un lac. Je les ai sorties de l’eau et elles sont vivantes. Ce n’était que l’application de quelques exercices en classe. J’ai déjà passé le concours pour devenir policier mais j’ai préféré sauver des vies », raconte-t-il. Il est spécialisé dans le sauvetage des personnes qui se noient ou tombées dans des fossés ou des mines. C’est le plus difficile de toutes les interventions selon le Commandant Randrianarisoa. « Ma spécialité est plongeur c’est-à-dire sauver des personnes enfouies sous terre ou se noyant. La plus grande épreuve marquant ma vie jusqu’à maintenant est le sauvetage d’une personne qui est tombée dans un puits de 40m de profondeur. Le puit renfermait du fumier. Lorsque le fumier est imbimbé par la pluie, il dégage des gaz mortels. Cette personne a succombé dans le puits. J’ai attaché le corps avec une corde et c’est moi qui suis sorti en premier en accrochant la corde autour de mon corps. Soudain, la corde s’est retrouvée attachée à mon cou. J’ai failli mourir en quelques secondes. Les collègues m’ont sorti vite fait et m’ont ramené à l’hôpital », déclare-t-il. Le glissement de terrain à Tsimialonjafy est l’un des évènements effroyables qui se soient jamais produit. « Le problème de Tsimialonjafy est que la terre s’est complètement effondrée. Nous devions tirer des décombres les survivants et les corps sans vie aussi. Or deux grandes pierres se dressaient encore juste tout près de cet endroit. Heureusement que ces pierres ne se sont pas écroulées au moment de l’opération de sauvetage », conclut-il.

Sergent Henri Randrianirina, responsable communication – « Quand on est prêt il n’y a aucun problème »

Devenir sapeur pompier
demande beaucoup de courage et de rigueur. Le sergent Henri Randrianirina fait partie des
personnes qui ne reculent pas
devant le danger. Il a choisi d’entrer dans les sapeurs pompiers en 2011. « Je suis le fils d’un militaire mais je n’aimais pas du tout utiliser des armes mais plutôt sauver des vies.
À chaque incendie ou danger, il faut se préparer psychiquement. La plupart du temps, nous sommes toujours prêts à tout », raconte-t-il. La prise de risque
est devenue une habitude chez le sergent Henri. « Je suis plongeur. Des fois nous devons
repêcher des corps dans des lacs ou des rivières. Les corps, la plupart, sont déjà complètement décomposés. Des fois, nous nous occupons des 4mi qui sont évacués dans notre
infirmerie. Ils sont très sales et couverts d’immondices », enchaîne-t-il. Mais il faut quand même souligner que les sapeurs pompiers ont tous quelque chose qui les ont marqués dans leur vie. « J’ai été terrifié lors d’une intervention à Mahazo. Il s’agissait d’une maison de marchand de scoubidou. Plusieurs bidons d’huile se trouvaient devant l’endroit. En contact avec le feu, ces bidons pouvaient exploser à tout moment et vers nous. Heureusement que le feu a été maîtrisé à temps », ajoute-t-il.

 

Par Mamisoa Antonia et Diamondra Randriatsoa – Photos: Claude Rakotobe – Pompier 

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