Grand Angle

Océan indien – Bain de jouvence pour la littérature

L’auteure Nancy Guilbert fait partie des invités qui vont concourir pour le Prix Ravinala 2019 et partage ses expériences avec les enfants.

La deuxiËme Èdition de la semaine de la littÈrature jeunesse francophone se dÈroule actuellement dans la capitale. Promouvoir la littÈrature jeunesse sous toutes ses formes 
‡ Madagascar et favoriser les rencontres entre les acteurs 
de la littÈrature jeunesse francophone sont les objectifs 
de cet ÈvÈnement qui gagne en intensitÈ

 

Les enfants s’appliquent à cœur joie et font preuve d’imagination.

Face à l’invasion des écrans en touts genres, les nouvelles générations se désintéressent de la lecture. Séduire les tout-petits avec des œuvres adaptées à leur âge s’avère être un moyen efficace pour renouer en eux un lien avec les livres. Sources de savoir inépuisable, les œuvres littéraires transmettent les expériences des aînés. Lire demande une certaine habitude que l’on doit inculquer aux enfants aussitôt que possible. C’est la raison d’être de l’événement  Semaine de la littérature jeunesse francophone, un projet initié par l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger ou AEFE.

L’auteure Nancy Guilbert fait partie des invités qui vont concourir pour le Prix Ravinala 2019 et partage ses expériences avec les enfants.

De rythme annuel, les deux premières éditions de cet événement se sont déroulées dans  la Grande Ile. Pour cette année, il s’étale du 13 au 18 mai à Antananarivo  et  définit comme thème « la littérature jeunesse au cœur de l’Océan Indien ». La Semaine de la littérature jeunesse francophone s’intensifie. Elle investit plusieurs endroits de la capitale, accueille de plus en plus de participants étrangers et s’enrichit dans son contenu. Les différents programmes se déroulent entre l’Alliance française d’Antananarivo, l’Institut français de Madagascar, le Lycée français d’Antananarivo, la Bibliothèque nationale à Ampefiloha, l’hôtel Grand Mellis. Ateliers avec des auteurs et illustrateurs étrangers et malgaches, projections de bandes annonces, expositions, présentations d’une pièce de théâtre, concours pour le Prix littéraire Ravinala 2019, et séances de dédicaces avec les auteurs et illustrateurs participants rythment les six jours de manifestation. Vingt-deux auteurs et illustrateurs ont fait le déplacement. Deux sont venus de La Réunion, deux de l’île Maurice et sept représentent la Grande Ile. Onze auteurs et illustrateurs, des représentants de la France métropolitaine, vont concourir pour le Prix Ravinala. Soixante classes d’établissements appartenant au réseau Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger et d’établissements publics malgaches ont pu bénéficier des échanges avec les participants durant les ateliers. « Promouvoir la littérature jeunesse sous toutes ses formes à Madagascar et favoriser les rencontres entre les acteurs de la littérature jeunesse francophone sont les objectifs de cet événement qui gagne en intensité. La littérature jeunesse au cœur de l’Océan Indien est le thème de cette édition », précise Mamy Yves Rakotomanga, responsable de la médiathèque de l’Institut français de Madagascar.

 

Faible présence 
des auteurs malgaches

Un support en tissus fait partie des nouveautés chez les éditions Jeunes Malgaches.

La littérature jeunesse évolue et affiche un dynamisme à Madagascar. Toutefois, on remarque la faible présence des auteurs malgaches et des nouvelles œuvres locales lors de cette édition. « Le manque d’auteurs malgaches se fait sentir. On en recherche chaque année. Pourtant, les Malgaches adorent écrire. Mais ils ne connaissent pas les démarches à suivre pour sortir leurs œuvres. Et nombreux pensent qu’ils doivent financer eux-mêmes les différentes étapes pour y arriver. Je les sollicite à se renseigner auprès des maisons d’éditions », constate Marie Michèle Razafintsalama des Editions Jeunes Malgaches.

Fiction

Parfois, les animaux, plantes et autres objets de la vie quotidienne tiennent le rôle principal dans un livre pour enfants et s’expriment comme les humains afin de transmettre des messages éducatifs. « Nous devons expliquer aux petits enfants que ce n’est pas réel mais c’est une technique utilisée dans ce domaine », précise l’auteure de  « Anjara et Donga ».

Les produits étrangers qui cartonnent en ce moment.
L’expo- vente sous les arcades de l’Institut français de Madagascar à Analakely présente différents produits.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les œuvres locales évoluent et s’améliorent de plus en plus au niveau qualité.

Textes et illustrations

S’adresser à des jeunes lecteurs nécessite une méthode appropriée. Les textes de la littérature jeunesse sont principalement  accompagnés d’illustrations pour attirer leur attention et les aider à mieux comprendre la narration. Il y a donc le travail de l’auteur et celui de l’illustrateur. Certaines personnes maîtrisent ces deux domaines. D’autres ont besoin de la contribution d’un d’entre eux pour réaliser un livre.

Lalao-Elina Razanadriaka Vololomampisa est une auteure. Elle a déjà sorti trois œuvres pour enfants. « Anjara et Donga » des éditions Tsipika est la dernière en date. Il lui a fallu les coups de crayon d’un dessinateur pour habiller son histoire. « Dès fois, mon dessinateur n’est pas disponible au bon moment et cela retarde la réalisation de l’œuvre. Pour un confort de lecture, les livres pour enfants attirent mieux en présentant des couleurs. Ce qui revient cher lors des éditions. Il faut reproduire à mille exemplaires au moins pour que le prix de vente soit accessible pour les Malgaches », constate-t-elle.

« Fleur de l’eau et Brume du matin » des éditions Jeunes Malgaches a été illustré par Max Razafindrainibe. « Il faut savoir toucher les enfants à travers les dessins. Ils doivent se reconnaître dans le décor. Ce travail demande de l’expérience »,  reconnait-il.

« Je comprends mieux comment on réalise un livre. Nancy Guilbert nous a appris les illustrations en essayant de reproduire les ballons messagers dans son livre Un mur si haut», constate Ony, une élève d’une école primaire publique d’Anjanahary qui a suivi les ateliers à l’Alliance française d’Andavamamba lors de Semaine de la littérature jeunesse francophone.

 

Par Ricky Ramanan / Photos :  Tojo Razafindratsimba-Claude Rakotobe