#1 Faits divers

Jenny Randriamanantena : Fauchée par la mort à dix-neuf ans

Personne ne sait ni l’heure ni l’endroit où on va mourir. La mort frappe par surprise. C’est ce qui est arrivé à une jeune fille âgée de dix-neuf ans, survenue le 8 janvier à Nanisana.

La fatalité de la mort. Jenny Andriambonjisoa Randriamanantena a subitement quitté ce bas monde à la suite d’un incident tragique l’effondrement d’une clôture – à Nanisana, dans l’après-midi du mercredi 8 janvier. Cette perte a profondément transpercé l’âme et le cœur de la mère de la défunte, mais cette dernière garde des souvenirs, les mauvais comme les meilleurs, qu’elle a partagés avec sa fille de son vivant. « Il semble que le destin de Jenny était tout tracé, lié aux souffrances et l’amertume et qu’elle allait vivre dans le malheur. À peine âgée d’un an et trois mois, elle a été orpheline de père. Des bandits nous ont attaqués, le 6 décembre 2002, et ils ont tiré une balle sur mon mari. À l’époque, nous habitions un autre secteur d’Amboditsiry », raconte Annie Flavienne Ravonjiarisoa, mère de Jenny. Jeune veuve, elle a tout fait pour que ses enfants ne manquent de rien, malgré sa situation précaire. Jenny et son frère Jerry ont poursuivi leurs études à l’école Kristy Mpanjaka d’Ambatomainty.

Jenny a atteint l’âge de 14 ans, sa maman s’est remariée. Elle a eu une petite fille née par césarienne.
L’intervention chirurgicale l’a affaiblie et son état de santé vulnérable a poussé la jeune fille à s’occuper de sa mère et de sa sœur. « Depuis ce temps-là, Jenny s’était comportée comme une grande. Elle assumait tout à la maison et ne se plaignait jamais d’être fatiguée. Je l’admirais. Elle endossait de lourdes responsabilités alors qu’elle n’était qu’une adolescente », poursuit Annie Flavienne.

Il n’empêche que les chamailleries entre frère et sœur existent toujours. « Jenny et Larissa sont très loquaces. Quand Jenny et moi nous disputions, c’est maman qui arbitre nos querelles. Dommage que je ne voie plus jamais ma sœur adorée », confie Jerry, le frère aîné.

Jenny menait une vie bien tranquille et sans problème. Son entourage la qualifiait de « disciplinée » et « douce ». « Ma fille était très obéissante. Peut-être parce qu’elle était orpheline. Elle ne discutait jamais les ordres. Elle les exécutait avec passion, dévouement et bonne volonté », poursuit sa mère. Elle se souvient encore de leur conversation sur l’amélioration de leurs conditions de vie. « Jenny nous a promis qu’elle va travailler dur pour subvenir à nos besoins, pour changer la situation et voilà, nous sommes confrontés à un rêve inachevé », déplore-elle.

L’année dernière, Jenny était en classe de première, mais elle avait redoublé sa classe et voulait faire un break. Sa mère et son frère sont prêts à financer ses études jusqu’au bout, mais elle a fait son choix. « Elle nous a fait part de son intention d’arrêter temporairement ses études. Elle voulait travailler, faire des économies et reprendre les cours plus tard. Je ne voulais pas m’interposer entre sa décision et elle. Je lui avais donné ma bénédiction », ajoute Annie Flavienne.

La grand-tante, la mère, le frère et la grand-mère de Jenny

Sympathique
En septembre 2019, Jenny a trouvé un travail en tant que serveuse à La Casa Di Luna à Nanisana. C’était une personne aimable, sociable, agréable, consciencieuse, d’après ses proches et ses collègues. « Son employeur l’appréciait beaucoup car elle comprenait vite et apprenait facilement. Elle me racontait le comportement de certains collègues. Je lui enseignais les bonnes attitudes à adopter au travail, comme tout supporter, car même si elle venait à changer de travail, elle rencontrerait toujours les mêmes pressions, les mêmes caractères qu’elle ne pourra pas changer », confie sa mère.

Au moment du drame, un cordonnier de Nanisana a reconnu qu’il connaissait la victime, une de ses clientes qui recourait à ses services plus de trois fois. « Cette fille était très souriante et très cool », témoigne-t-il.
La famille de Jenny n’a pas pu voir son visage pour la dernière fois. « On m’a informé que ma fille avait des ennuis et que je devais me dépêcher d’aller à Nanisana. Quand une personne m’a dit que je devais me tenir à l’écart, j’ai compris que ma fille était déjà morte. J’étais sur les lieux du drame avec ma tante. Les gens m’ont interdit de la voir sachant qu’elle était méconnaissable. J’aurais aimé qu’elle devienne médecin, mais elle a choisi la série littéraire. Elle avait des ambitions, mais le destin en a décidé autrement. Qu’elle repose en paix ! », termine Annie Flavienne.
 

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