#2 Actualites Politique

Administration – La décentralisation au point mort

Vy Vato Rakotovao trouve une fonction dans ses cordes

Les régimes successifs ont fait de la décentralisation effective le cheval de bataille du développement économique et social. Mais pour le moment,  il est  plutôt question de décentralisation fictive

 

Une fausse note dans la partition présidentielle. Lors de son investiture le 19 janvier 2019, Andry Rajoelina a envisagé la création de la vingt -troisième région.  Beaucoup ont pensé à l’autonomie de Fitovinany encore sous tutelle de Vatovavy. Des pressions en ce sens ont toujours agité la haute sphère du pouvoir. Mais  une décision du Conseil des ministres de mercredi a douché l’euphorie née de la fastueuse  cérémonie prestation de serment.  Olivier  Razafitsotra a été nommé « gouverneur  général » de Vatovavy –Fitovinany. La scission tant  attendue des « siamoises » n’a pas eu lieu. L’opération  s’est avérée trop délicate en elle-même.

Des cas similaires ont marqué le passé. Marc Ravalomanana, en transférant la capitale de la SAVA à Sambava, au détriment d’Antalaha, pour des raisons politiques sournoises,   a été pris sous les feux roulants  des tirs nourris des critiques. Depuis l’époque coloniale, la capitale mondiale de la vanille, vivier inépuisable d’autres ressources forestières très précieuses, a toujours eu l’ascendant sur son concurrent direct.

 Privation

Depuis, Antalaha, la belle au bois dormant, a été délaissée, au point que son aéroport ne pouvait plus accueillir de gros avions. Par la vétusté de la piste d’atterrissage. Il fallait aux « gros bonnets » d’Antalaha, rejoindre par route Sambava, presque une humiliation, pour rallier la capitale par air afin de se mettre « en valeur ».  En outre, l’idée de faire de la Ville d’Eaux la capitale de Madagascar, a aussi effleuré l’esprit de Marc Ravalomanana. Dans l’intérêt de ses propres entreprises basées à Antsirabe.   Mais face à une forte résistance, bouillante cela va de soi, de ceux attachés à des considérations historiques inaliénables, il a renoncé à cette  « inspiration soudaine ».

Au-delà de ces « couacs » à répétition, le concept même de la décentralisation  divise. Il revenait au colonel Bréchard Rajaonarison, un natif du Sud-est,  de la revendiquer en premier en 1974 quand le pays traversait une période trouble. Le bouillant colonel n’a pas trop apprécié la promotion au grades supérieurs au sein des Forces armées.

En faveur des officiers Merina, selon ses convictions. Il a rameuté des collègues côtiers au camp du Groupe mobile de la police, GMP, à Antanimora, pour entrer en rébellion contre l’autorité du général Gabriel Ramanantsoa à qui le père de l’indépendance, Philibert Tsiranana a remis les pleins pouvoirs, le 18 mai 1972, après le samedi noir  cinq jours plus tôt.

 Animosités

La colère des côtiers venait de la surpression de l’impôt per capita, « hetra isan-dahy »,  considéré par ceux qui ont manigancé le « mai malgache » comme  une des tares du néocolonialisme français. Le général Gabriel Ramanantsoa a satisfait les désidérata  des meneurs de grève. Or, ces ressources fiscales internes, ont financé les budgets provinciaux. Furieux,  des jeunes officiers côtiers ont fomenté un coup d’État dans la nuit de la Saint-Sylvestre 1974 en prenant d’assaut la « Villa des Roses » à Faravohitra, où résidait le général. Bien renseigné, il a pu déguerpir avant l’arrivée des trouble-fêtes. Mais dut rendre gants et képi le 25 janvier 1975 et refiler la patate chaude au colonel Richard Ratsimandrava le 5 février 1975.

La crise politico-militaire a atteint son paroxysme dans la soirée du mardi 
11 février 1975 sur les hauteurs d’Ambohijatovo. Le colonel Richard Ratsimandrava, piégé par un guet-apens, a été abattu de seize balles venues d’un commando du GMP. Du moins selon la version officielle. Une tragédie que les actuelles autorités viennent de commémorer.L’exemple allemand est souvent cité comme le plus abouti en matière de décentralisation effective. Les « landers » ont coupé le cordon ombilical avec Berlin. Sans la moindre arrière- pensée ethnique ni tribale. 
À méditer.