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Andry et Mialy Rajoelina – Le retour vers le futur

Le couple présidentiel marche vers le sommet

La HCC a tranché, mardi. Andry Rajoelina est donc, le nouveau Président de la République. Il prendra officiellement ses fonctions ce 19 janvier

Come back. Après cinq ans passés à la présidence de la Transition, un veto international l’empêchant de prendre part à la présidentielle de 2013, et un retrait de la scène politique durant près de quatre années, voilà donc, Andry Rajoelina qui fera son retour au palais d’Etat d’Iavoloha, par la grande porte.
Le porte étendard du parti « Tanora Malagasy vonona » (TGV), est en effet, sorti vainqueur du duel final qui l’opposait à son meilleur ennemi, Marc Ravalomanana, dans la course à la magistrature suprême. Une élection à la présidence de la République actée par la Haute cour constitutionnelle (HCC), lors de la cérémonie de proclamation qui s’est tenue, à Ambohidahy, mardi. La reconquête du pouvoir par les urnes non sans difficulté, mais qui est un scénario déjà prédit par plusieurs analystes depuis le début des débats électoraux.
La prestation de serment du nouveau locataire d’Iavoloha est annoncée pour ce 19 janvier. Une cérémonie qui consacrera officiellement son retour aux commandes des affaires étatiques de la Grande île. Un comeback que l’ensemble de la population, autant ceux qui ont voté pour lui, mais aussi, ceux qui ne l’ont pas fait suivra avec intérêt. « Je me suis préparé. Le Andry Rajoelina de 2018 n’est plus le même que celui de 2009 », déclarait-il dans une interview publiée par l’Express de Madagascar, le 1er décembre. Après son discours de victoire, à l’ARENA Ivandry, où se trouve son quartier général, le Président fraichement élu a réitéré qu’il compte rattraper le retard de développement accusé par Madagascar « en peu de temps ». Dans son allocution il a indiqué qu’il compte travailler d’arrache-pied pour y parvenir. Le travail, justement, est tout ce qu’on attend de Andry Rajoelina, surtout lorsque durant sa campagne électorale il a martelé dans plusieurs localités qu’il a visitées qu’il compte démarrer la concrétisation de ses promesses dès sa prise de pouvoir.

Révolutions

L’état de grâce dont jouit le président Rajoelina pourrait ne durer que quelque temps après son investiture. Étant donné les promesses qu’il a faites durant sa campagne, notamment, des promesses traduites en convention sociale, dont il s’est engagé solennellement à réaliser, l’ancien candidat numéro 13 a une obligation de résultat. Après les égarements de la Transition, qu’il met au crédit de la cohabitation politique, l’ancien leader de la révolution Orange pourrait ne plus avoir le droit de doucher l’espoir placé en lui par la majorité des votants.
à peine son élection confirmée par la HCC, plusieurs citoyens rappellent déjà les engagements solennels qu’il a faits durant sa campagne électorale et qui se déclinent en « treize points ». Des conventions qui devraient mener le pays sur la voie du développement rapide. Andry Rajoelina affirme, en effet, que les projets compilé dans son Initiative pour l’émergence de Madagascar seront réalisés durant ce quinquennat. Charge à lui de traduire en acte ses verbes.
L’élection du nouveau Président de la République lui vaut la reconnaissance internationale. Sa victoire à la présidentielle reçoit, aussi, les félicitations de ses adversaires politiques, en l’occurrence, celles de Marc Ravalomanana. Une conjoncture qui devrait lui permettre de démarrer son mandat dans une atmosphère politique apaisée et des conditions diplomatiques idéales. Pour pouvoir commencer à travailler immédiatement, il faudra, d’abord, mettre en place un gouvernement.
Avec une large majorité des députés qui se sont ralliés à lui durant la joute présidentielle, Andry Rajoelina n’aura pas de difficulté à activer l’article 54 de la Constitution qui prévoit le mécanisme de présentation et nomination du Premier ministre. « Je nommerais le Premier ministre juste après mon investiture et mettra en place rapidement le gouvernement », a-t-il déclaré dans la soirée de mardi, à l’ARENA Ivandry.
Durant le second débat du deuxième tour, il a affirmé déjà connaître 80 % des membres de son gouvernement. Un cabinet qui devrait être composé de vingt-et-un ministères. L’ascension à la présidence de la République de Andry Rajoelina a été faite avec la contribution de ses alliés politiques. Pour bon nombre d’observateur, il faudrait prendre en compte ces alliances dans la composition du gouvernement, afin de préserver la force politique acquise durant la présidentielle.
« Nous allons changer l’histoire de Madagascar », affirme le nouveau Président de la République. Le contexte pourrait, effectivement, être propice pour le renouveau du système étatique. Une idée que veut porter l’IEM et les conventions passées par Andry Rajoelina, avec les électeurs. La refondation est un courant politique qui tient une place conséquente et importante dans les débats et l’échiquier politique depuis quelques années. Travailler avec les partisans de la refondation serait un choix judicieux pour le nouveau Chef d’État.
Dans le discours qu’il a prononcé après l’officialisation de sa victoire, Andry Rajoelina a déclaré  « je serais le Président de tous les Malgaches ». Avec un taux d’abstention de 52 % et 2.586.938 voix obtenues, le nouveau Chef d’Etat est dans l’obligation d’être un fédérateur, de s’ouvrir aux autres sphères politiques pour avoir une dynamique nationale qui contribuera à la concrétisation de ses visions. « Le plus difficile n’est pas de conquérir le pouvoir mais comment y rester » disait, avec insistance Me Francisque Ravony. Albert Zafy en a fait les frais de ses prémonitions. La seule manière d’y parvenir est de travailler et de concrétiser ses promesses.

Par Garry Fabrice Ranaivoson