#1 Portrait

Steve Andriamasy Alias Epistolier – L’étoile montante du Slam

Signe astrologique : gémeaux Plat favoris : crabe Endroit préféré : BBQ à Antsakaviro Couleurs préférées : noir, bleu Personnage préféré: Harvey Specter Jamais sans : ses écouteurs S’il était une chanson : Telo minitra-Epistolier S’il était un mot : Mpandresy

Charmant, certes, mais pas que. Épistolier, de son vrai nom Steve Andriamasy, est un rappeur du label « Kolotsaina mainty », loin des clichés de « badboy » de l’industrie musicale. Étudiant en droit des affaires, il est aussi un orateur hors pair qui a plus d’un titre à son actif pour ses talents débatteur, de slameur, et d’artiste.

Steve Andriamasy alias Épistolier est né le 29 mai 1996. Il prépare actuellement sa thèse en Master 2 à la Faculté de Droit et des Sciences politiques d’Antananarivo. Son apparence soignée en dit long sur sa façon de voir le rap, qui est pour le jeune artiste « une musique respectable ». Un idéal qu’il s’efforce d’atteindre à travers ses morceaux engagés et son étroite collaboration avec des organisations non gouvernementales, telles que Youth first ou Madagascar Will Rise. En décembre 2019, c’est pour les Nations Unies qu’il rappe, à la Cour suprême de Madagascar, l’un de ses titres à savoir « Miatomboka amintsika ». Un morceau qui dénonce la destruction de l’environnement et de la biodiversité qui sévit actuellement. Derrière lui, Épistolier a un bagage impressionnant en termes de récompenses nationales et internationales. En 2016, en tant que représentant de Madagascar, il gagné le premier prix dans le concours de freestyle international, « End of the weak ». L’année suivante, il a gagné le concours Subculture contest organisé par l’Union Européenne sur la lutte contre la corruption et a, en outre, été sacré champion lors du débat à la Jeune Chambre Internationale. En 2018, il a gagné un concours de musique organisé par Médecins du monde sur la contraception. En 2019, il a emmené le prestige des débatteurs malgaches loin, en remportant contre Maurice, Kenya et Comores le débat interuniversitaire organisé par l’Agence Universitaire de la Francophonie. Il a aussi été désigné meilleur débatteur par l’Association des anciens élèves de l’École nationale d’administration (AAENA). Sa dernière récompense est estimée à 10 millions ariary à la suite de sa victoire lors du Bright top III, un concours d’art oratoire anglophone organisé par l’ONG skyline.

JEUNE ARTISTE

Tout a commencé avec un Spoken word sur l’environnement « Mifohaza isika ». Steve Andriamasy a, par la suite, été contacté par National Geographic. Il a écrit pour eux et ils en ont fait un clip. Son titre « Miatomboka amintsika » a aussi été utilisé pour une levée de fonds d’une association nommée Madagascar Will Rise. Et enfin, « Matoky tena », un morceau sur la contraception, a été écrit pour Médecins du Monde. Avec près de 30 000 followers sur facebook, Steve Andriamasy n’hésite pas à prendre position sur des sujets épineux. Ses morceaux sont poignants, engagés. « 26 juin » un titre qui sensibilise contre le tabac découle de l’expérience personnelle du jeune artiste dans la lutte contre le tabagisme, un sujet qui lui tient particulièrement à cœur. « Menaky ny aina » est adressé aux adolescentes qui ont expérimenté une grossesse précoce. Par le biais de ses titres, il témoigne de la pression sociale exercée sur les jeunes et prend position pour « l’anti-discrimination, l’anti-jugement ».

Son album Négrosapiens, en édition limitée, est aujourd’hui en rupture de stock. L’album est à l’image du jeune artiste. « Négrosapiens, c’est chacun de nous. C’est un black qui réfléchit, qui s’investit dans des projets malgré la stigmatisation et les préjugés ». À travers son art, Steve Andriamasy dénonce ouvertement le racisme interethnique qui mine encore Madagascar. En outre, il a voulu transmettre l’esprit entrepreneurial à ses auditeurs. Selon ses mots, « nous ne sommes pas tous obligés de devenir magistrats ou médecins. Entrer dans le business de la vanille, monter une affaire de poules pondeuses, ça se fait. »

Le succès de Steve Andriamasy alias Épistolier n’était pas évident. Il était moniteur de cyber et a commencé par télécharger des instruments sur internet. Il a commencé à écrire des chansons d’amour, puis progressivement, a évolué. Son ascension a commencé après sa victoire dans « End of the weak » contre des participants issus de pays comme la Suisse, le Canada, le Québec, la République Tchèque… Ayant par la suite trouvé un manager qui lui a arrangé des lives dans de petits bistrots, le succès du jeune artiste s’est fait du jour au lendemain dans des endroits comme « Fatapera, No comment bar, Kudeta, CGM »… Aujourd’hui, il nous annonce la sortie de cinq nouveaux titres, son prochain album.

 

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