#2 L'interview

Nicole Rasolonjatovo –  » La cryptomonnaie débarque à Madagascar « 

Fonction: vice-présidente du réseau des femmes de la cryptosphère (REFEC)

Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans les FinTech ?

J’ai toujours été concernée par les problématiques économiques que pouvaient rencontrer l’Afrique, et Madagascar plus particulièrement. Toutes les actions que j’engage en tant que femme entrepreneure malgache répondent à un désir de contribuer à solutionner un besoin réel concernant la liberté d’entreprise et de circulation des biens et des capitaux.

Dites-nous votre parcours en quelques lignes ?

J’ai toujours été attirée par le secteur du commerce et de la technique. Mon parcours est un peu atypique. J’ai commencé par des études de commerce, suivies d’études linguistiques pour finalement revenir à ce qui me passionne, dont la technologie, le tertiaire et le commercial, donc l’entrepreneuriat. Présentement, je suis CEO & Founder de la société « Malgache Transport Maritime », société de transport de marchandises qui opère sur la côte Ouest de Madagascar, directrice de Global Investment Trading Madagascar et Océan Indien. Je suis vice-présidente du Refec (Réseau des Femmes de la Cryptosphère) au niveau du Bureau central et présidente du Recrin (Réseau des Cryptos-Investisseurs) et du Refec à Madagascar.

Pourquoi la Fin Tech ?

Parce que c’est une révolution du système économique et du mode de transaction mondiale qui favorise l’Afrique, dont Madagascar. La Fin Tech  permet de réparer une injustice économique. Ce domaine vient répondre au problème d’exclusion bancaire. Elle favorise la croissance des petites et moyennes entreprises. C’est également un domaine d’activité qui ouvre de nouvelles possibilités de circulation de biens et de capitaux tout en permettant une concurrence saine aux acteurs du secteur privé

L’univers des startups de la finance est encore bien trop masculin. Que pensez-vous de cette affirmation ?

Il est bien vrai que c’est un secteur où l’on s’attend peu à voir des femmes opérer, on nous attend souvent dans le domaine artistique, cosmétique ou encore administratif. Les mentalités aiment à penser à tort que les femmes sont des créatures fragiles qui ne peuvent pas occuper des postes à forte responsabilité ou qu’elles ne peuvent pas absorber un certain niveau de pression. Il ne s’agit pas de manque de compétences, je pense simplement que les femmes n’ont pas encore eu accès aux informations qui pouvaient les inspirer pour faire leur entrée dans ce secteur.

Comment qualifierez-vous la place des femmes dans la FinTech ?

Avant de répondre à cette question, je tiens à dire que je crois dans le potentiel de la femme. Les femmes sont sous représentées dans beaucoup de domaines techniques et la FinTech n’y échappe pas mais il faut quand même dire que les mentalités évoluent et il y a un réel désir de changement ressenti. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle «le REFEC a été créé », dans le but de permettre une plus grande visibilité de l’industrie de la FinTech au grand public et, particulièrement, pour accueillir, conseiller et accompagner les femmes qui veulent comprendre et évoluer dans cette nouvelle industrie numérique.

Comment expliquez-vous que les femmes sont si peu représentées dans ce milieu ?

La FinTech est encore méconnue, et particulièrement, dans les pays d’Afrique. Notre système classique ne permet pas une compréhension réelle de cette industrie. À Madagascar, le pourcentage de personnes non bancarisées est bien trop élevé pour que le monde de la FinTech soit démocratisé. La compréhension de cette révolution du monde de la finance passe par une éducation et une formation. C’est la raison pour laquelle nous avons une session de formation tous les mois. Nous y expliquons la Cryptomonnaie et y présentons de manière pratique des opportunités qui y sont reliées.

Quelles sont, selon vous, les compétences les plus indispensables dans ce domaine ?

La première chose, c’est le courage, le courage d’admettre que ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas quelque chose que cette chose est mauvaise. La deuxième chose, c’est l’audace de croire que les opportunités de réussite qu’offre la FinTech, sont réelles et peuvent réellement changer la vie. L’acharnement au travail est un impératif.  Rien n’arrive par hasard, Il faut croire dans la notion de l’effort et de la persévérance pour obtenir ce que l’on veut voir s’accomplir dans sa vie. Il faut aussi croire que c’est possible car la FinTech est porteur d’un ADN qui la rend accessible à tous. Il n’y a pas d’élus, tout le monde peut profiter des fruits de la cryptomonnaie.

Je suis en train d’écrire un livre sur ma vie de femme entrepreneure. C’est un projet qui me tient beaucoup à coeur pour inspirer les jeunes filles à oser rêver qu’être une Femme n’est pas un frein pour occuper les positions d’influence.

Selon Forbes France, les femmes représentent 33% des équipes FinTech. Mais elles ne sont que 12% à occuper un poste de direction, et moins encore à en être fondatrices ou à diriger ce type d’entreprise (9 %). Votre point de vue sur ce contexte ?

La position des femmes entrepreneures est complexe. Quoi qu’il en soit, c’est la réalité de toutes ces femmes qui se battent et qui entreprennent. Pour un même niveau de responsabilité, les femmes doivent prouver, plus que les hommes, qu’elles ont la capacité intellectuelle, psychologique d’être des dirigeantes de haute voltige. La société a tendance à imaginer un homme à la direction dans les secteurs technologiques. La performance des entreprises dépend de la performance organisationnelle et c’est en cela qu’il ne faut pas négliger le leadership féminin. Il est démontré que sur neuf comportements d’un bon leadership, les femmes pratiquent cinq contre quatre chez les hommes. Le problème ne se place donc pas au niveau des compétences brutes, La place des femmes aux postes de direction et de responsabilité n’occupe qu’un très faible pourcentage parce que nous avons été longtemps reléguées à des positions d’exécution, mais pas de direction. Cela est en train de changer et ce pourcentage devrait être révisé dans les années qui viennent.

Quels sont vos projets,
à titre personnel ?

Je suis en train d’écrire un livre sur ma vie de femme entrepreneure. C’est un projet qui me tient beaucoup à cœur pour inspirer les jeunes filles à oser rêver qu’être une Femme n’est pas un frein pour occuper les positions d’influence. J’y raconterai mon histoire, mes erreurs et mon parcours jusqu’à la place que j’occupe aujourd’hui. Je travaille également à l’expansion de ma société « Malgache Transport Maritime » et cette évolution s’inscrira dans la plus pure tradition de la FinTech. La technologie au service du plus grand nombre.

Et pour Global Investment Trading Madagascar ?

Pour notre produit Liyeplimal qui est un produit de placement financier à fort taux de rentabilité, de
10 % à 125 % annuel, bien que déjà consommé dans soixante douze pays à travers le monde, nous allons en continuer la promotion puisqu’à ce stade, nous n’avons touché que 0,2 % de la population africaine. Notre marge de progression est très grande et notre marché est encore à conquérir. Sur ce projet, nous sommes en collaboration avec Visa qui nous délivre les cartes bleues associées à chaque compte d’investissement actif. Simbcoin est la première cryptomonnaie africaine parmi les 5 000 en circulation. Aujourd’hui, il est soutenu par un projet immobilier d’envergure « Simbcity ». N’importe quel citoyen peut acheter « un token » ou « une pièce ». Grâce à ces pièces, Monsieur ou Madame tout le monde peut devenir un actionnaire du projet qui pèse la « modique » somme de 75 000 000$. La valeur d’achat du Simbcoin est de un dollars américain soit à peu près 3 700 ariary.

Avez-vous des projections sur l’avenir de Simbcoin.

Nous voulons changer le visage économique de l’Afrique. Nous avons compris que le secteur des investissements et la cryptomonnaie sont une aubaine pour l’Afrique, dont Madagascar. Nous voulons transmettre ce savoir et cette opportunité au plus grand nombre afin d’éradiquer la pauvreté de nos mentalités et de nos pays. L’industrie de la cryptomonnaie est une industrie qui pèse plus de 290 milliards de dollars, Nous croyons que si nous acceptons de comprendre ce paradigme du monde de l’économie. Nous pouvons soutenir les politiques des États dans leur désir de lutter contre la pauvreté et améliorer de manière considérable et réelle les conditions de vie de nos concitoyens. Il y a eu la course vers l’or physique, la cryptomonnaie est l’or du XXIe siècle.

Quel premier bilan pouvez-vous nous dresser?

Nous avons fait le lancement officiel du Simbcoin le 16 novembre 2019 et avons déjà vendu 2 600 000 pièces. Nous sommes actuellement dans la « Simbcoin World Tour », un tour du monde pour présenter notre projet qui a fait un arrêt à Antananarivo, le 7 mars 2020. Simbcoin ouvre les possibilités d’actionnariat à tout le monde. Mais cette monnaie est aussi un « Utility Token », elle peut s’échanger et se vendre, son introduction en bourse est prévue dans le courant de cette année. Nous pouvons prévoir que sa valeur augmentera et atteindra les 100$ la pièce dans les dix années à venir. Si vous en achetez mille aujourd’hui, ces 1000 se transformeront en 100 000 et nous parlons en dollars, bien sûr.

 

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