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Tendance – La consommation de viande de tortues réduite à cause du Dinabe

Responsabiliser les autorités locales et la population. L’année passée, le Collectif des organisations de la société civile des jeunes engagés de la région Atsimo-Andrefana (Cojeaa) a initié un projet intitulé « Arovy ty sokake fa tsy anagnam-piry » (ASRA) appuyé financièrement par WWF. Les activités de cette première phase se sont focalisées sur le littoral du Plateau Mahafaly.

Continuité

Au titre de cette année, Cojeaa-Miharo va prendre le relais et mener des activités de sensibilisation et d’information dans les communes dites en amont, lesquelles sont reconnues être des consommateurs de viande de tortues. « Il importe de responsabiliser toutes les autorités des communes et les habitants pour qu’ils prennent conscience de l’importance de la protection des tortues radiata en amont et en aval. Nous allons optimiser les activités de sensibilisation et d’information pour que la protection et la conservation de cette espèce soient une habitude et une culture », fait savoir Jean Fidison Mahatao, président de Cojeaa-Miharo.

L’an passé, ASRA I a ciblé les communes rurales d’Efoetse, d’Androhimpano, d’Itampolo et d’Androka où la tribu Mahafaly ne mange ni ne touche aux radiata. ASRA II interviendra dans les communes rurales de Fotadrevo, de Lazarivo, de Soamanonga et d’Anavoha.

Un rapport de Fatidran’ny ala maike sy ny riake en 2018 dévoile que des habitants issus d’Ihotry, de Tongobory, de de Bezaha, de Fotadrevo, de Lazarivo, de Soamanonga entre autres collectent des tortues dans des fokontany comme Tombogne, Marolinta, Bevoalavo, Avolaza, Ankilebory, Ampasy et ravitaillent des restaurants à Fotadrevo, Tranoroa, Beloha, Belamoty…

Ignorance

Dans ces quatre dernières communes, la consommation de viande de tortue a fait rage pendant plusieurs décennies et des familles de la tribu Antanosy se déplaçaient vers l’habitat naturel des tortues radiées sur le littoral pour les chasser et en faire de la viande fumée. « Notre commune héberge des groupes ethniques Antanosy, Antesaka, Mahafaly, Merina et Betsileo. Durant la période de soudure, entre novembre et mars, les familles vulnérables migrent vers les forêts du littoral pour rechercher des tortues, les massacrer et les transformer en viande. Ces derniers temps, nous n’avons plus entendu parler de vente de viande de tortue en raison de l’application du Dinan’ny sokake inclus dans le Dinaben’Atsimo-Andrefana », remarque le Dr Jean Albertin Rakotoson, maire de la commune rurale de Fotadrevo. En réalité, ces braconniers ignorent la valeur d’une tortue et vendent le morceau d’une patte cuite entre 800 et 1 200 ariary. Les anciens consommateurs, conscients de la fermeté des sanctions stipulées par le « dina », ont préféré quitter la commune et refaire leur vie dans le Nord de l’île. « Tous les mois, nous délivrons entre quarante et cinquante passeports aux familles qui décident de travailler ailleurs. Ils choisissent principalement les districts d’Ambanja et de Nosy Be », rapporte Zefania Laha, troisième adjoint au maire de Fotadrevo.

André Zafinasolo, président du fokontany d’Anavoha-Centre, dans la commune rurale d’Anavoha, souligne que les familles qui ne disposent ni de terrain, ni d’équipement agricole, ni de bétail figurent parmi les grands chasseurs et consommateurs de tortues. Nous croyons que le titike est la meilleure stratégie pour amplifier l’application du Dinabe et surtout pour empêcher les Antanosy de toucher aux tortues », conforte-t-il.

Le vol de tortues radiées a connu un pic entre avril et novembre 2018 avec la saisie de plus de dix sept-mille individus. Depuis que les braconniers et consommateurs ont appris les sanctions infligées aux trafiquants, ils n’osent plus s’aventurer dans la collecte car ils ont peur du « Dinabe » et le considèrent comme une grave menace et une lourde pression de la part de l’État.