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L’avortement

L’avortement est l’expulsion du produit de conception avant qu’il soit viable, c’està-dire moins de 22SA soit environ 5 mois d’âge gestationnel ou moins de 500g.

On distingue l’avortement spontané dû à des pathologies soit d’origine maternelle soit d’origine fœtale, et l’avortement médicamenteux où la grossesse doit être interrompue car elle est néfaste pour la santé de la mère. L’avortement provoqué est le choix de la mère d’ interrompre sa grossesse en dehors de toute pathologie car la grossesse n’a pas été désirée.

L’OMS estime que 25 millions d’avortements provoqués sont sécurisés. 97% de ces avortements ont été pratiqués dans les pays en voie de développement.

L’avortement sécurisé est la pratique de l’avortement dans des conditions sûres, c’est à dire par des agents de santé qualifiés. L’avortement est moins sécurisé s’il est pratiqué par un personnel soignant mais non qualifié, en utilisant une méthode à risque ou dépassée. On parle d’avortement non sécurisé lorsqu’une interruption de grossesse est pratiquée soit par une personne qui n’a pas de compétences ou d’informations nécessaires soit dans un environnement où les normes minimales médicales ne sont pas appliquées, soit les deux. Les méthodes dangereuses sont l’introduction d’objets qui peuvent être pointus, l’utilisation de préparations à base de plantes, l’utilisation de produits toxiques, l’infliction de traumatisme.

Le principal risque est la mortalité maternelle. Selon toujours l’OMS, une femme meurt toutes les 8 minutes dans le monde en raison de complications liées à l’avortement. Les hémorragies, les infections sont les principales complications mortelles. Il peut y avoir aussi des lésions de l’appareil génital, une perforation de l’utérus voire même des organes internes digestifs si on utilise des objets pointus ou tranchants. Les hémorragies sont dues à un avortement incomplet où les tissus et les produits de la grossesse n’ont pas été complètement retirés ou expulsés de l’utérus. Les infections sont secondairement une des complications redoutables, pouvant être mortelles. L’utilisation de produits toxiques, plantes ou médicaments ou autres, risque l’empoisonnement. Elle est ainsi néfaste non seulement pour les organes génitaux mais peut être aussi mortelle. à part la mortalité immédiate, la morbidité et le risque d’infertilité ultérieure sont aussi élevés. L’avortement sécurisé consiste à l’utilisation de médicament à une bonne dose et une bonne voie d’administration. Il y a également la méthode d’aspiration. Les autres pratiques sont alors risquées.

à Madagascar, la loi interdit l’avortement provoqué. Elle condamne non seulement la personne qui l’a subi mais également celui qui a fait l’acte. Tout avortement est alors fait clandestinement. Une étude a montré qu’à Madagascar, la pratique d’avortement provoqué est liée au jeune âge, le fait d’être célibataire, le fait d’avoir plusieurs enfants, le fait d’avoir plus d’un partenaire sexuel, le faible niveau socio-économique et le non utilisation de planification familiale. Le fait de travailler protège les femmes contre cet acte. Le niveau d’instruction, la connaissance des complications d’ un avortement provoqué n’ont pas d’influence sur cette pratique d’après cette étude. Les méthodes de planification familiales sont vulgarisées et sont même disponibles au niveau de la  communauté. La réticence des femmes malgaches quant à leur utilisation reste encore élevée. Or, les méthodes à longue durée d’action telles le dispositif intra-utérin ou l’implant offre moins d’effets secondaires, et le retour à la fécondité est rapide dès l’arrêt de la méthode. Il faut ainsi préconiser l’éducation et la communication.