Actualites Chronique de ... Opinions

«Akoho vavy maneno »

Excusez-moi du peu, mais actuellement, j’ai vraiment l’impression d’une immense régression. Tout le monde hurle sur ce scandale de sujet du bac. Désolée, mais ce n’est que le sommet de l’iceberg. Ce scandale est la résultante d’un état de fait qui dure depuis au moins quarante ans. Sous couvert de rentrée scolaire économiquement effroyable, dans les années 80, les livres scolaires ont été supprimés, vivent les photocopies, et puis le système de censure a été instauré. Infaillible, plus de débats, plus de réflexion, on apprend par cœur et on recrache le tout… Demandez à tous les libraires, vendeurs à la sauvette et autres éditeurs, qu’est-ce qui se vend le mieux : les corrigés-types qu’on apprend sur le bout des doigts… Pas besoin de réflexion, tu appliques la recette et on s’étonne que le processus aille en crescendo, jusqu’au proviseur qui, parait-il, réunit ses élèves ? Il a intérêt à ce que son lycée ait 80% de réussite !

Actuellement, il ne faut surtout pas réfléchir, surtout pas remettre en cause, il faut connaître la recette, le tuyau, le biznnna…

« Toutes les femmes peuvent partir à l’extérieur sans aucune restriction et autorisation maritale », dixit le président Rajoelina la semaine dernière. Nous l’en remercions, et aussi pour cet ajout : « Néanmoins pour des pays à risques où les travailleurs sont maltraités, des mesures de précaution sont recommandées. »

Mais quels sont ces pays à risques et pourquoi des femmes et de jeunes hommes y vont quand même ? La question à se poser c’est : qui envoie ? Car pour pouvoir envoyer ainsi en « esclavage moderne », il faut connaître les réseaux, les passeurs et j’en passe. On a failli taper sur les femmes, mais si on se trompait de cible ? Ne serait-il pas mieux de chercher à savoir qui sont les organisateurs de cette abomination ? On en est encore donc au système de « l’engagement » ? Un siècle après, sinon plus, on en est donc encore là ? Au système de « traite » ?

De toutes façons, soyons clairs et allons au fond des choses : on a parlé de droit de sortie du territoire, si ce n’est pas le cas pour la femme, quid des enfants ? à ma connaissance, un homme peut sortir avec ses enfants, mais pas la femme sans l’autorisation du père.

Mais je peux me tromper. De toutes manières, c’est quoi une femme malgache et quels sont ses droits ? Sûrement pas la possibilité d’interruption de grossesse, même après un viol ou une maladie. Il serait peut-être temps de se dire qu’une femme ne se fait jamais avorter avec joie, le « nifin’akanga » tue et un enfant ne se fait pas seule.

Il y a des choses qui me gênent actuellement. Comme me gêne le fait de cette université privée qui interdit d’accès les filles coiffées crépues à la lionne. Ce ne fut qu’une université, certes, mais cela s’est fait ! Dont acte. Une femme malgache raisonnable, qui veut poursuivre ses études et sa carrière donc, doit avoir des cheveux bien lisses, un teint clair et j’en passe ! Je censure la suite de ma réflexion.

Mais le pire est ailleurs, c’est ce Prix donné à l’exploitation du khat. Bravo ! Les déchets du khat « très consommé » dans le Nord, vont faire du charbon. ! Bravo la pirouette, cette drogue va donc être officiellement légalisée et devenir un produit de première nécessité. Les jeunes gens vont brouter, euphoriques les feuilles de khat, et la méthamphétamine qu’elles contiennent et ainsi, ils ne penseront pas à se révolter, cela dans le Nord. On a fait fort. Depuis un certain temps, les arguments avaient été glissés pour la légalisation de cette drogue… mais le khat en charbon de bois, il fallait trouver ! Entre ça et les plantations de chanvre indien dans le Sud, on est mal barrés. Mais il parait que ces plantations sont économiquement viables et rentables. Je ne sais pas pour qui !