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Rajoelina bientôt cent jours – Des hauts et débats

Régime RAJOELINA, Bientôt cent jours Des hauts et débats

À huit jours de la fin des trois mois effectués à la tête du pouvoir par Andry Rajoelina,
l’heure est au bilan. Des promesses sont en attente d’être réalisées

Une investiture en grande pompe

Les électeurs ont été convaincus par les promesses faites par le candidat pendant la propagande.
L’accession au pouvoir du président Andry Rajoelina est une lueur d’espoir pour la majorité de la population. Ainsi, comme dans d’autres pays, il a bénéficié d’une période privilégiée de cent jours pour démarrer son programme.
En février, le porte-parole du gouvernement, Lalatiana Rakotondrazafy Andriantongarivo a expliqué le alentissement de la prise de décision au sein du gouvernement. « Tout ne peut pas se faire au même moment », affirme-t-elle. Tandis que les observateurs s’impatientent de voir la concrétisation des promesses du président Andry Rajoelina pendant la propagande.

Par ordonnance
Dès son arrivée au pouvoir, le chef de l’État a pris l’initiative de légiférer par ordonnance toute décision afférente à la mise en œuvre de son programme jusqu’à l’entrée en fonction de la nouvelle Assemblée nationale. Début de février, les députés de Tsimbazaza lui donnent le plein pouvoir pour cette action.
Toujours sur le plan politique, la volonté du gouvernement de procéder à l’organisation des législatives est concrète.
Le processus électoral est déclenché. Les partis alliés du pouvoir ont participé activement aux élections afin de viser autant de sièges au sein de l’Assemblée nationale.
Le traitement des affaires brûlantes impliquant les opérateurs et membres de l’entourage de l’ancien président de la République, est remis sur le tapis. En quelques semaines intervalle d’intervalle, le Pôle anti-corruption ont mis à l’examen les dossiers délicats entachés de corruption. D’anciens hauts responsables soupçonnés dans la vente illicite des domaines publics de l’État, sont convoqués devant la barre. Il en est de même des présumés auteurs du trafic des ressources naturelles ainsi que de commanditaires des actes de kidnapping.

Andry Rajoelina garde le sourir

Sorties remarquées
Sur le plan international, le président Andry Rajoelina a effectué quatre sorties à l’extérieur avant l’expiration du premier trimestre de son mandat. Le chef de l’État a assisté au 32e Sommet de l’Union Africaine qui s’est déroulé à Addis-Abeba, les 10 et 11 février. Son deuxième déplacement a eu lieu le 10 mars, à l’île Maurice, durant lequel il a été l’invité d’honneur de son homologue mauricien à l’occasion de la fête nationale de ce pays situé au cœur de l’océan Indien. La délégation malgache, conduite par le président Andry Rajoelina, a assisté également à la rencontre « One Planet Summit » à Nairobi au Kenya, le 14 mars. Son dernier déplacement, la visite d’État au Sénégal a commencé le 4 avril. Il s’agit pour lui de répondre à l’invitation du président sénégalais, Macky Shall, lors de la célébration de la fête nationale de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Les visites menées par le Président malgache ont renforcé la présence de la Grande île dans le concert des Nations, notamment après la tenue d’une élection présidentielle qui a montré une véritable démarche de l’alternance démocratique en 2018.

Dans les affaires internes, l’accession au pouvoir d’Andry Rajoelina a été aussi marquée par l’abrogation de la nomination de plusieurs diplomates à l’extérieur. Neuf ambassadeurs et deux consuls généraux ont été limogés par une décision prise en Conseil des ministres, le 14 février. Cette décision concerne effectivement les diplomates nommés par Hery Rajaonarimampianina.
L’accession au pouvoir du nouveau Président a justifié le raffermissement des relations diplomatiques avec les pays asiatiques. La concrétisation de la coopération avec la Chine est accélérée. Vers la fin du mois de janvier, le gouvernement malgache procède à la présentation des projets entrepris avec son homologue chinois axés sur l’eau potable. La construction de deux cents forages d’eau potable est lancée avec un financement à hauteur de 28 millions de yuans, soit l’équivalent de 4,17 millions de dollars. Cette coopération sino-malgache se manifeste aussi dans la construction de la voie rapide reliant le port de Toamasina à la RN2, dont la pose de la première pierre s’est déroulée la semaine dernière.

Démarrage
De son côté, le gouvernement japonais poursuit ses activités sociales et économiques à Madagascar. Son initiative de collaborer avec la Grande île est, entre autres, marquée par la visite de Kenjy Yamada, vice-ministre parlementaire des Affaires étrangères du Japon vers la fin mars. Le Japon affiche sa volonté de renforcer le partenariat du fait qu’il figure parmi les plus grands partenaires de développement de Madagascar, dont le financement de plus grand chantier et la construction d’infrastructures.
Le financement de la Banque africaine pour le développement en vue de financer le projet d’infrastructure routière et le projet Corridors a été approuvé par le régime. Madagascar bénéficiera d’une enveloppe de 114 milliards ariary pour la construction de la RN 12 reliant Vangaindrano à Taolagnaro, ainsi que la RN9 entre Toliara et le district d’Imanja.
Ce projet prévoit également la réhabilitation d’un pont de neuf cents mètres à Bevoay.
En outre, la signature de conventions portant sur le financement de trois projets pour Madagascar constitue un fait marquant dans l’économie pendant le premier trimestre. Ainsi, une somme de 292 millions de dollars a été accordée.

La Jirama brûle
L’explosion de la grève du personnel au sein de la Jirama est plus ou moins imprévue vu que le perfectionnement de la politique énergétique est la priorité du gouvernement. La manifestation des employés a failli nuire aux intérêts de tous les abonnés. De nombreuses raisons sont à l’origine des doléances du syndicat. Ils dénoncent, entre autres, le népotisme dans le recrutement des dirigeants au sein de la société. C’est ainsi que le Premier ministre Christian Ntsay a annoncé la revue des contrats avec les fournisseurs afin de permettre une amélioration dans la gestion de la Jirama. Pour l’heure, la transition dans l’énergie renouvelable n’est pas réellement palpable face au problème constant de la société d’État.

Des rochers chutent
Pendant que la population s’est réjoui à l’investiture du président Andry Rajoelina, toute la journée du samedi 19 janvier, le pire n’a pas pu être évité à Tsimialonjafy en début de soirée. Les pluies torrentielles ont causé la mort de huit personnes après la chute des rochers du haut de la colline. Le désastre a entraîné l’effondrement de plusieurs
maisons d’habitation après le glissement de terrain. Trois semaines plus tard, le 2 février, la même situation s’est reproduite à Ambanin’Ampamarinana durant laquelle huit personnes ont encore perdu la vie et onze autres blessées. Bon nombre d’observateurs politiques ont pensé que l’éboulement tragique survenu depuis la Haute-ville dès l’entrée en fonction des nouveaux dirigeants, constitue un mauvais présage…

épidémies
Pendant le premier trimestre du règne de Rajoelina, les épidémies de rougeole et de bronchiolite prennent de l’ampleur. La rougeole a fait beaucoup de victimes dans plusieurs régions. Le traitement de l’épidémie a été marqué par la pénurie et la rupture de stock des médicaments dans les pharmacies. Cette situation a rendu difficile la maîtrise de la propagation de la maladie. Tandis que l’épidémie de bronchiolite a connu une flambée dans les hôpitaux pédiatriques de la capitale.
Après avoir constaté l’aggravation de la situation, une descente sur le terrain a été effectuée dans le Nord de l’île afin d’apporter le matériel de soins aux normes exigées.

Sécurité nulle part
Bien que la poursuite des « dahalo » figure parmi la priorité du président de la République, la population s’attend au retour immédiat de la sécurité après la nomination du gouvernement de Christian Ntsay. Une instruction a été donnée aux éléments des forces de l’ordre pour redresser les mesures de sécurité, mais cela n’empêche pas à la vindicte populaire et au kidnapping de se produire dans différentes régions. La vindicte populaire a d’ailleurs
gagné du terrain dans la région SAVA, face à la recrudescence du vol de la vanille verte.
Les locaux de la Jirama ont été incendiés par les usagers à Antalaha à la suite d’un délestage persistant dans la ville. Récemment, la colère de la population a entraîné la destruction du commissariat de police à Maroantsetra après le décès d’un jeune homme gardé à vue dans le violon.

Le vary mora crée des polémiques

Vary mora
Les seize mille cinq cent tonnes de « Vary mora » importés par le gouvernement, débarquent au port de Toamasina vers la mi-mars. La distribution de cette denrée alimentaire ne s’est pas déroulée selon la promesse pendant la propagande. Le riz vendu à un coût moins cher n’est pas dédié à toute la population. Seules les familles les plus démunies peuvent acheter trois kilos, deux fois par semaine, et cela, sous présentation d’un carnet de
Fokontany au guichet.

 

Les promesses en attente de réalisation

• Construction des buildings et des cinquante mille logements sociaux
• Dotation de véhicules blindés aux forces armées
• Utilisation de drones dans la poursuite des « dahalo »
• Implantation du projet Miami beach à Toamasina
• Construction des infrastructures de qualité en matière d’hygiène dont les toilettes et
les douches pour la population
• Mise en place d’un nouveau complexe sportif pour les jeunes, la piscine olympique
• Création d’un site touristique, comme la Côte d’Azur française, à Mahajanga
• Construction des écoles primaires publiques répondant aux normes
• Projet de la ville nouvelle Tanamasoandro dotée d’infrastructures modernes et
modèles qui abriteront, entre autres, les bâtiments dédiés aux différents ministères
• Sécurisation des bovidés par le projet puce électronique
• Installation d’une nouvelle infrastructure de circulation moderne pour le tramway
• Augmentation du SMIG à 200 000 ariary
• Culture de coton à Toliara
• Distribution d’un terrain d’un hectare par personne pour promouvoir le projet agricole
• Finalisation de la construction de la route reliant Ambilobe à Vohémar
• Restructuration de la ville d’Ambatondrazaka comme la ville de Paris
• Octroi des bourses d’études aux étudiants de l’Université
• Dissolution du Sénat afin d’allouer son budget au financement d’autres projets.

Textes: Elise Nandrasanela- photos: l’Express de Madagascar

Editorial