Economie

Infrastructures – Les routes provinciales et communales délaissées

La réfection des routes provinciales et communales sont quelque peu délaissées depuis des années

43% des routes nationales seulement sont en bon état. La réfection des routes provinciales et communales est toujours en quête de financements.
Une autoroute reliant Antsiranana à Toliara. Un grand projet annoncé par le président de la République, Andry Rajoelina à Toamasina, dimanche dernier, à la réception des « vary mora ». Il a également déclaré que la construction des 10 km reliant le port de Toamasina à Tsarakofafa à la sortie de la RN2, commencera dans un mois. Un projet déjà conçu depuis 2016 avec des bailleurs chinois. Des détails autour de la construction de ladite autoroute
Antsiranana vers Toliara soit près de 2000 km n’ont pas été révélés. Quoique le projet fait réagir l’opinion et les observateurs en général. « Une autoroute devra comporter au minimum une 2×2 voies avec des exigences techniques comme les bandes d’urgence, des échangeurs, des aires de repos et autres. Où serait-ce des voies rapides ? Des études d’impacts, de coûts, de rentabilité, ont-elles déjà été entamées ? Combien donc tout cela va coûter ? » se demande Riana Andriamifidy, ingénieur en travaux publics. L’ONG Làlana, spécialisée dans les routes et le développement des transports préconise en revanche, la reconstitution du réseau routier national. « 90% des transports à Madagascar se font par voie terrestre et pratiquement la quasi-totalité des transports terrestres se font par voies routières. Aussi, le réseau routier garantit-il la mobilité des Malgaches et du développement en général et mérité une reconsidération » livre l’ONG dans son analyse.

Faible densité
Les Routes nationales s’étendent sur 11817km et 48% sont bitumées dont 43% seulement sont en bon état. Seules les Routes nationales 2, 4, 6, et 7 qui s’étendent sur 2564 km sont bitumées. Les 47% des Routes nationales secondaires d’une longueur totale de 4654 km sont bitumées. 78% du réseau routier est en mauvais état.
D’après toujours les statistiques de l’ONG Làlana, les routes provinciales, c’est-à-dire reliant les chef-lieux des ex-préfectures à des chefs-lieux des communes environnantes, les dessertes rurales servant de supports aux activités agricoles, soit 16965 km sont encore des pistes en terre et dont la majorité sont en très mauvaise état. Luciano Jahita, fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, travaillant beaucoup sur terrain a répertorié quelques routes à prioriser. Ambatondrazaka – Moramanga, Ambilobe – Vohémar, Mananara – Maroantsetra – Soaneranivongo, Bealanana – Ambatoriha – Antsohihy, Marovoay – Croisement 12, Maintirano –
Tsironimandidy, Analalava – Antsohihy, Soalala – Besalampy – Mitsinjo – Katsepy, Toliara – Fort Dauphin, Mandritsara – Befandriana – Antsohihy, RN4 menant à Tsaratanana. « On estime par ailleurs quelques 20 000 km de routes communales mais de nombreuses communes n’arrivent pas à les entretenir. Ce qui pénalise encore la mobilité de la population rurale » précise encore l’ONG. La densité routière est de 0,049 km par km2 de routes et 1km pour 1000 habitants. Cette densité est de 1,76 km par km2 et 7,6 km pour 1000 habitants en
Allemagne.
Mirana Ihariliva