Rencontre

Koloina Rakotondrabe – Une passionnée de la langue chinoise

Ils sont chaque jour plus nombreux à apprendre le mandarin. Poussés par leurs parents, qui y voient un sésame pour l’avenir, ou poussés par la curiosité, les étudiants sinophones récoltent leurs fruits. Car désormais, pouvoir écrire «chinois» sur un CV est un vrai atout. Rencontre avec Koloina Fara Mamizara Rakotondrabe, une fervente admiratrice des dialectes chinois

Qu’est-ce qui t’a motivé à apprendre la langue chinoise et pourquoi avoir choisi cette langue?
Lorsque j’ai eu mon bac en 2005, j’ai choisi de poursuivre mes études en langues appliquées au tourisme à l’Université d’Antananarivo où j’ai appris pour la première fois le mandarin. À l’époque, on n’a eu que cinquante heures de cours durant l’année scolaire, mais j’ai déjà pu apprendre et comprendre quelques notions. Je faisais beaucoup de recherches et je faisais de l’autodidacte. J’étais très motivée car, premièrement, je savais que la Chine à cette époque était déjà un pays très convoité, beaucoup de personnes rêvaient d’y aller, pour voyager ou faire du business. À part cela, je savais que savoir parler chinois serait un bel atout pour trouver un bon job étant donné que les touristes chinois viennent en masse dans notre pays.

Que peux-tu nous dire du parcours de tes études, comme le rythme des cours ?
Après avoir passé mon diplôme en tourisme, j’ai obtenu une bourse d’études dans une université normale en Chine. Ma filière était Langue et culture chinoises où mes camarades de classe viennent des quatre coins du monde (Indonésiens, Coréens, Thaïlandais….) Toutes nos matières étaient en chinois et on se communiquait en chinois. On parlait tellement chinois tous les jours que cela devenait de plus en plus facile à comprendre.

Quelle a été ta plus grosse difficulté pendant l’apprentissage ? Le chinois est-il vraiment compliqué à apprendre?
En chinois, il y a beaucoup de vocabulaires phonétiquement similaires et j’étais dans une ville où les gens parlaient leurs propres dialectes. Beaucoup de vocabulaires ne figuraient pas dans les livres, donc il faillait se faire beaucoup d’amis chinois et pratiquer avec eux. Les Chinois sont de nature à parler très rapides. En Chine, il m’a fallu six mois environ pour pouvoir proprement distinguer les mots. Chaque apprenant a son propre blocage. Pour moi, ça a été au niveau de l’écoute.

As-tu des amis chinois? Comment sont-ils ?
Oui, j’en ai beaucoup en Chine et à Madagascar. En général, les Chinois sont des gens qui accordent beaucoup d’importance à l’amitié. Mes amis m’ont beaucoup appris sur leur culture et grâce à eux, je suis devenue un grand fan de culture chinoise.

As-tu déjà envisagé de continuer tes études ou de travailler en
Chine ?
Voyager souvent en Chine, oui, mais y travailler pas vraiment.

n Le gouvernement chinois octroie-t-il des bourses d’études à des étrangers ?
Oui, il existe des bourses d’études, mais il faut avoir des notions en chinois et obtenir le HSK (Hanyushuipingkaoshi) un certificat international.
n Et pour toi qui as appris la langue chinoise, existe-il des débouchés?
Nombreux sont les débouchés pour quelqu’un qui maîtrise le chinois. Devenir interprète, travailler en Chine, faire du business, c’est un plus pour trouver un meilleur travail.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui voudrait débuter le chinois ?
Le chinois est une langue facile, son grammaire n’est pas du tout compliqué (les verbes ne s’accordent pas, les mots n’ont ni genre ni nombre). C’est une langue qui favorise la capacité du mémoire car elle fait travailler les deux hémisphères du cerveau. Pour quelqu’un qui voudrait débuter en chinois, il faut d’abord avoir du temps car elle nécessite beaucoup de temps de révision, d’écritures des caractères, d’écoute, de lecture. Ensuite, faire beaucoup de pratique. Et enfin s’armer de patience.

Vu le nombre de Chinois qui résident à Madagascar, penses-tu que le chinois finira par remplacer l’anglais et le français plus tard ?
L’anglais est certes, une langue très dominante, mais d’ici peu, je crois que le chinois va vraiment intéresser la plupart des Malgaches. Le chinois devient de plus en plus utile et très convoité.

Depuis combien d’années as-tu fini tes cours ? Et que fais-tu aujourd’hui ?
J’ai fini mes études en 2014. Et depuis, j’ai créé un centre de langue à Analakely « Chinese Kool », un centre spécialisé en enseignement du chinois mandarin. Nous offrons des cours intensifs journaliers et des cours spéciaux, samedi. Nos cours pour les adultes s’orientent plus vers le chinois appliqué au tourisme et aux affaires. Et pour les enfants nous avons également des cours d’initiation chaque samedi matin.

 Le Nouvel An chinois a été célébré mardi. As-tu marqué cette date par une activité quelconque, ou l’as-tu laissée passer comme une journée ordinaire ?
Pendant le Nouvel An chinois, nous avons dîné avec quelques amis chinois et pour nos étudiants, notre centre a organisé des activités ludiques concernant la nouvelle Année du cochon.

Recueillis par Farah R.