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Indifférence – VIH à Madagascar, un danger lantent

Dans la Grande île, seule 8% de la population est dépistée. La lutte contre l’infection avance difficilement.
Durant la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, l’antenne malgache des Médecins du monde, MDM, a organisé un sondage. Celle-ci s’est limitée à deux questions : Si la persone a déjà fait un dépistage. Dans le cas échéant, envisage-t-elle de faire. Les réponses sont quasi unanimes, face aux bénévole. Presque toutes les têtes ont hoché négativement.
Favorisée par la pauvreté et la pollution, l’épidémie touche notamment les jeunes, les homosexuels et les travailleuses du sexe. Cependant, presque la totalité de la population malgache n’est pas dépistées.
Un séxagénaire témoigne qu’étant un mari fidèle, il n’a pas besoin de se faire dépister. Il ajoute qu’il pratique du sport et recourt aux plantes médicinales.

Paradoxe
Dans un pays de 25 millions d’habitants soumis à des crises sanitaires à répétition, après la peste, c’est une épidémie de rougeole qui frappe cette année. L’urgence semble souvent ailleurs.
Le paradoxe malgache vient du fait qu’on a un chiffre très faible de personnes infectées, alors que toutes les conditions sont réunies pour la propagation du virus. Cela laisse penser que les chiffres sont sous-estimés. La MDM estime qu’environ 90% des séropositifs ne connaissent pas leur statut et risquent de répandre le VIH.
Malgré une série d’indices- présence importante d’autres infections sexuellement transmissibles, de la tuberculose qui est un symptôme fréquent du VIH, de la syphilis, etc.- la population refuse et nie toujours l’existence du VIH-sida.
Certaines catégories de gens, comme les professionnelles du sexe ou les homosexuels, sont plus exposées au virus. 14% des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes sont séropositifs. En outre, 5% des travailleuses du sexe, qui sont nombreuses dans notre pays où la prostitution n’est pas illégale, sont aussi susceptibles d’être séropositives.
Mais à Madagascar, la situation n’évolue pas. Soit les gens pensent que le VIH-sida n’existe pas, soit ils se disent que c’est une maladie de prostituées. Personne ne se sent concerner, d’autant plus qu’au début, il n’y a aucun symptôme apparent. Malgré les progrès accomplis grâce à un meilleur accès au traitement, la prévention du VIH reste un maillon faible et un objectif à atteindre pour les populations marginalisées.

N. R.