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Grand prix d’Iavoloha – Dans un mouchoir de poche

Marc Ravalomanana accepte pour la première fois de disputer le second tour

Présenté comme un ange tombé du ciel par ses partisans irréductibles, extrémistes radicalisés, Marc Ravalomanana traine des casseroles qui font de lui un personnage peu fréquentable

Les plaies du passé mal cicatrisées commencent à rattraper le candidat Marc Ravalomanana à quelques encablures de l’arrivée de la course à la présidentielle. Autoproclamé président de la république le 22 février 2002, estimant avoir remporté l’élection au premier tour, il a incité le « Hazalambo », véritable chasse à l’homme, à l’encontre des partisans de Didier Ratsiraka. Des victimes de tortures durant la longue crise politique suite à ce coup d’État ont fini par sortir de l’ombre. Ils ont raconté leur calvaire.

martyrs

Comme Merci Ratoambolamanana, Ralipo Be ou Paul un des fondateurs de l’entreprise « Trois Frères », tous persécutés par le régime autoritaire de Marc Ravalomanana. Ils ont décidé de rallier Andry Rajoelina et envisagent des poursuites judiciaires à l’encontre de leur bourreau. Les attaques menées par les « Zanadambo », milices composés par des réservistes pour faire sauter les barrages antiéconomiques érigés par Didier Ratsiraka autour de la capitale, ont tué de nombreux militaires dans les rangs. Le pays était au bord d’une balkanisation par la création de la Confédération des États fédérés, ayant comme capitale Toamasina. Marc Ravalomanana était loin d’imaginer les conséquences de ses soifs inaltérables

En outre, Marc Ravalomanana a toujours fait valoir qu’il avait mis les bailleurs de fonds dans sa poche. Parce qu’ils ont accepté de financer le Madagascar Action Plan ou MAP-I. Il a publiquement chahuté James Bond, représentant de la Banque mondiale. «  Dites-lui que c’est nous qui décidons des affectations des fonds », a clamé Marc Ravalomanana à l’endroit de l’interprète de service, lors de l’inauguration du nouveau bâtiment de l’École nationale de greffes et de la magistrature à Tsaralalana.

Mais en décembre 2008, à cause de l’achat dans des conditions mystérieuses et non-élucidées d’un second avion présidentiel chez Lauda Air, compagnie aérienne appartenant à l’ancien champion autrichien de Formule-1, Nicky Lauda, le Fonds monétaire international, FMI, et la Banque mondiale ont décidé de suspendre leurs relations avec Madagascar. Des opérateurs économiques proches du dossier ont même avancé que cette décision aurait été prise au mois de septembre à cause des dérives dictatoriales manifestes perpétrés par Marc Ravalomanana, devenu un tyran, n’acceptant plus la moindre contrariété dans la conduite des affaires nationales. Aucune manifestation des opposants n’a été tolérée.

Les explications fournies par Hajanirina Razafinjatovo, ministre des Finance et du budget de l’époque, sur le montant du « coucou » en question, n’ont pas satisfait les partenaires financiers qui ont eu la nette impression que Marc Ravalomanana a confondu la caisse de l’État à celles de ses entreprises. D’ailleurs, à sa chute le 17 mars 2009, le pouvoir transitoire présidé par Andry Rajoelina a évoqué des millions de dollars d’arriérés fiscaux du Groupe Tiko. Mais Marc Ravalomanana, roublard qu’il est comme l’a si bien décrit le professeur Albert Zafy dans son livre pamphlétaire, a tout fait pour retourner la situation en sa faveur.

roublardises

En exigeant des indemnités astronomiques pour les incendies, pillages et actes de vandalisme qui ont détruit la quasi-totalité des installations du Groupe Tiko, géant de l’agro-alimentaire par les multiples avantages accordés par l’État.

Ces différends fiscaux ont conduit Marc Ravalomanana à se présenter à la présidentielle de 2001 quand Didier Ratsiraka, par le vice premier-ministre du Budget et de la décentralisation, Pierrot Rajaonarivelo, a pris l’audacieuse décision de fermer l’usine et les magasins de Tiko et Magro de Tanjombato. Rancunier comme jamais, Marc Ravalomanana a mené la vie dure à Pierrot Rajaonarivelo, contraint de s’exiler en France. N’a eu son salut qu’à l’arrivée au pouvoir d’Andry Rajoelina. Mais le danger le guette par un éventuel retour au pouvoir de « Ramose ». Comme tant d’autres barons de l’Arema. Pour ne citer que les Jean de Dieu Maharante ou Houssène Abdallah.
Privé d’un soutien officiel du président sortant Hery Rajaoanrimampianina, il a opté avec beaucoup de sagesse et d’humilité pour le « ni…ni », Marc Ravalomanana s’est attaché des services des éléments les plus nuisibles et néfastes du HVM. Adeptes des calomnies, mensonges, dénigrements et diffamations en tous genres et de la dernière vilénie.

Ceux-là même qui ont fait du fondateur du HVM, une personnalité honnie du public et impopulaire par nature. Des membres influents du KMMR, TIM par vocation mais pas par intérêt, commencent à ne plus supporter l’omnipotence de ces mutants du HVM. Qui, du jour au lendemain, prend à la gorge Marc Ravalomanana. Par des menaces de révélations scandaleuses. Au cas où leurs caprices ne sont pas satisfaits. Ils l’ont déjà fait à plusieurs reprises à l’encontre des politiciens en vue. Le chantage permanent, devenu leur malsaine… marque de fabrique. Marc Ravalomanana mise sur ses crocs de légende. et entent inverser la tendance du premier tour

Par Eric Ranjalahy