Dossier

Consommation – Les prix du riz décortiqués

Un marché difficile à gerer

La période de soudure est propice à la hausse des prix des riz locaux. Un essai d’analyse

Un marché difficile à gerer

Essentiel pour tout bon malgache qui se respecte, le riz est pourtant, pour certain, une problématique au quotidien. C’est l’aliment de base, voire l’aliment unique de tout un peuple. Pour avoir une idée de l’impact de cette denrée sur le mode de vie de l’ensemble, un tour d’horizon s’impose.
La période de soudure approchant, la disponibilité et surtout le prix du riz deviennent sources d’inquiétude dans la vie de la plupart des ménages malgaches au revenu moyen. Un Malgache mange en moyenne du riz trois fois par jour. De ce fait, la plupart des Malgaches cultivent le riz et sont des agriculteurs. Une agriculture traditionnelle ancestrale. Historiquement, le riz, dont la culture remont

Les paysans, toujours les moins bénéfiques

e à une période très ancienne, 6 500 ans avant J-C en Thaïlande, 3 000 ans avant J-C en Chine ou 1 500 ans avant J-C au Niger, est une plante tropicale poussant de préférence dans les contrées chaudes et humides. De ce fait, avec ces conditions idéales, la culture du riz ou riziculture est pratiquée dans toute l’île, à l’exception de l’extrême Sud où le climat aride ne le permet pas.
La vie quotidienne repose essentiellement sur cette denrée devenue un véritable pilier économique, social et religieux de toute une nation. Raison pour laquelle, c’est sur les hautes terres et surtout dans la région Betsileo de Fianarantsoa que se trouvent les plus belles rizières en terrasses, à flanc de collines. De ce fait, les rizicultures occupent près de 45 % des surfaces cultivées de l’ensemble du pays, apportant deux à trois récoltes par an,
selon les différentes variétés de riz, fort nombreuses à Madagascar. En effet, le riz a un statut à part des autres produits alimentaires, au cœur de l’économie agricole et de la culture malgaches, qui lui confère un pouvoir important pour assurer la sécurité alimentaire du pays.

Importation à défaut
Cependant depuis quelques années, la Grande île importe aux environs de 200 000 tonnes de riz par an. Cette mesure est prise, car la production est insuffisante, les statistiques indiquent seulement 5 900 000 tonnes en 2011 et 3 000 000 tonnes en 2008 pour les plus de 21 millions d’habitants. Les données recueillies expliquent que c’est seulement entre 1960 et 1970 que la production a suffi pour la population locale, et même une partie fut exportée. Le principal problème est l’insuffisance de la production, selon les observateurs dans ce domaine,en particulier l’insuffisance des terres exploitées.
Pourtant les données du ministère de l’Agriculture indiquent que Madagascar dispose de près de 36 millions d’hectares de terres cultivables, mais jusqu’à maintenant 3 millions d’hectares seulement sont exploités. L’autre raison c’est le rejet des
nouvelles techniques de culture de riz. Avec le peu de surface cultivée, les agriculteurs peuvent produire encore plus par rapport à maintenant. En fait, le problème depuis quelques années se pose sur la non-application de la nouvelle technique rizicole. Plusieurs agriculteurs optent encore pour les techniques traditionnelles (comme le repiquage en foule) malgré la sensibilisation aux nouvelles techniques. Pourtant, avec le Système de Riziculture Améliorée (SRA), qui est une technique moderne (repiquage en ligne, utilisation de semences améliorées, adoption de jeunes plantes, sarclage mécanisé, …), ou l’application du système de riziculture intense (SRI), les paysans peuvent bénéficier d’une production de riz assez conséquente.

La tendance du marché international

Dans chacun de ses numéros Horizon, l’OdR analyse la tendance du marché international essentiellement à partir des rapports mensuels du marché mondial du riz, Osiriz, réalisés
par M. Patricio Méndez Del Villar du CIRAD et disponibles sur le site www.infoarroz.org.

En septembre, les cours mondiaux du riz ont une nouvelle fois marqué des baisses modérées, affichant même une reprise en fin de mois dans un marché plus actif et des disponibilités exportables moindres avant l’arrivée de la récolte principale asiatique en fin d’année. En Inde et au Pakistan, les baisses ont été plus significatives en raison des perspectives de reprise de la production. De même, au Vietnam les prix se sont raffermis grâce à des nouveaux contrats au Moyen Orient. En outre, la demande des principaux pays importateurs d’Asie et d’Afrique devrait se maintenir ferme durant le dernier trimestre de l’année.
En octobre, les cours mondiaux du riz ont montré des tendances mixtes. En Inde et au Pakistan, les prix ont été marqués, une nouvelle fois, par des baisses significatives, en raison de la dépréciation de la roupie et des perspectives de reprise de la production. En revanche, les prix thaïlandais et vietnamiens continuent à se raffermir. La ferme demande africaine et du Moyen Orient tendent aussi à booster les prix asiatiques. L’indice OSIRIZ/InfoArroz (IPO) n’a progressé que de 0,7 points à 198,7 points (base 100=janvier 2000) contre 198,0 points en septembre. Début novembre, l’indice IPO tendait à faiblir à 197 points.

Entre le mois de septembre et le mois d’octobre, les cours mondiaux tendent à se raffermir, sauf pour le PAK 25 qui a connu une tendance progressive à la baisse.
Les prix FOB selon le bulletin Osiriz en octobre 2018 sont les suivants:

• Pak25 : 363$/t en septembre 2018 puis 349$/t en octobre 2018 (baisse de -3.9 %) ;
• Viet25 : 385$/t en septembre 2018 contre 387$/t en octobre 2018 (hausse de 0,5 %) ;
• Thaï25 : 373$/t en septembre 2018 et 371$/t en août 2018 (baisse de -0,5 %).

Par Harilalaina Rakotobe