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Visite à haut risque – Soupape de sécurité pour François

Dans un mois, le Pape François foulera le sol malgache. Les organisateurs s’attèlent d’ores et déjà aux préparatifs de son accueil. Le volet sécurité accapare tous les esprits et hante bien des nuits.

Un dispositif de sécurité imposant et impressionnant. Et efficace si possible. Voilà ce que les Forces de l’ordre entendent mettre en place pour le séjour du Pape François dans la capitale. Pas moins de 10 000 soldats seront mobilisés annonce le ministre de la Défense nationale, le général Richard Rakotonirina. Des bataillons entiers de la gendarmerie nationale vont y prêter main forte, propose le général Richard Ravalomanana. 2500 policiers assureront la fluidité de la circulation annonce le ministre de la Sécurité publique, Roger Rafanomezantsoa. Sans compter les « fines gâchettes » des unités d’élite tapies dans des sites jugés sensibles. Prêtes à dégainer.

Lacunes

Il ne sera plus question de couacs, ni de chaos qui ont marqué le retour triomphal des Barea le 13 juillet. Les organisateurs, lors d’une conférence de presse à la nonciature d’Ivandry, ont mis l’accent sur le strict respect du timing du déplacement du Pape François. Ils prévoient trente cinq minutes, pas plus, pour par- courir la distance Ivato-Ivandry. Le record, sept heures, de la durée du parcours de combat- tant des Barea ne risque pas d’être battu. D’où cette présence massive des éléments des Forces armées. Pour bien dégager les axes empruntés par le souverain Pontife. Car les caméras du monde entier vont être braquées sur Madagascar. L’honneur du pays sera ainsi mis en jeu. Andry Rajoelina, adepte des « réussites médiatiques », ne veut plus entendre parler de défaillances ni de lacunes. D’où qu’elles proviennent. Il suit de près les travaux d’aménagement du terrain vague de Soamandrakizay, devant accueillir la grand- messe papale. La soirée du 26 juin où 16 personnes ont trouvé la mort après le somptueux défilé militaire dans les bousculades à l’entrée et la sortie du stade de Mahamasina, et celle du 13 juillet où il attendait des heures au même endroit maudit l’arrivée des héros de la CAN, lui ont crevé le cœur. Il en a plus qu’assez de ces amateurismes indignes de la patience à toute épreuve du peuple malgache. D’autant que le passé récent rap- pelle des vicissitudes compliquées dans les relations entre le Saint-Siège et Antananarivo. À travers des faits saillants.