#3 Actualites Interview

Toky Nandrianina Ralisaona : « Le tourisme in & out bound se développe »

Les internautes sont les premiers informés des offres de voyages à destination  d’un pays étranger. De bouche à oreille les séjours programmés sont partagés  rapidement entre collègues, camarades, famille. Un opérateur économique qui  travaille dans la réception de groupes de voyageurs étrangers à Madagascar et dans l’envoi de groupes de voyageurs Malgaches à l’étranger, accepte de dévoiler  les réalités sur un secteur en dynamisme qui s’appellera « tourisme  inbound&outbound », il s’agit de Toky Nandrianina Ralisaona.

Comment peut-on se rassurer de la certitude d’une destination offerte par un organisateur maintenant que plusieurs offres de voyage inondent Internet ?

À la base, il faut savoir que seules les entreprises légalement constituées peuvent travailler dans le domaine. Des entreprises qui paient l’impôt et qui obtiennent des licences de l’Economic Development Board of Madagascar ou EDBM , ont une existence juridique comme Madagascar Grande-île Travel. L’entreprise légale reconnue par l’État dans son lieu d’implantation, est la seule à pouvoir entrer en partenariat avec d’autres entreprises du même secteur dans les États étrangers. Normalement lorsqu’une destination à l’étranger est proposée aux férus de voyage locaux, inversement la destination Madagascar est également proposée par l’entreprise partenaire se trouvant dans le lieu de destination. Il y a là un échange formel qui permet de dire que tout se fait dans le respect des lois et la situation légale d’une entreprise est vérifiable.

Pourquoi y-a-il des destinations lointaines peu ordinaires tandis que les pays voisins de Madagascar peuvent être visités ?

Tout dépend de la découverte. Il y a ce besoin de découverte chez chaque passionné ou non de voyage qu’il faut détecter. C’est de là qu’une offre est élaborée. Il y a aussi du neuf à découvrir dans le monde entier et justement s’il fallait choisir entre plusieurs destinations, le meilleur choix c’est de sortir du monde connu pour partir à la conquête de ce qui est inconnu. Voilà toute la beauté de la vie, entre autres possibilités, il y a cette détermination à voyager que chacun peut avoir en soi. Une entreprise de tour operator conçoit en conséquence des offres de « tourisme outbound » pour ce qui sont en partance vers des destinations étrangères préétablies et des offres de « tourisme inbound » sur le territoire national.

Et comment une destination est donc finalement choisie pour être une offre tandis que les besoins individuels de découverte peuvent être variés ?

Grâce à un partenaire, voyager à Cuba est par exemple possible. Cuba peut susciter alors des questionnements chez chaque individu, selon quoi, que peut-on retrouver là-bas et quelles opportunités pourrait-on saisir une fois qu’on foule le sol cubain. La particularité d’une destination fait sa richesse. Quiconque n’a jamais mis les pieds à Cuba peut bénéficier d’un accompagnement personnalisé tout au long du voyage. L’entreprise partenaire sur place est à même de rediriger le voyageur vers les lieux de détente et d’évasion les plus chics, quitte à faire comprendre le sens de la découverte au plus profond de l’âme. Cuba n’a visiblement aucun lien traditionnel avec Madagascar et c’est avec ce cadre de l’habituel qu’il faut rompre.

Votre perception personelle?

Voir le monde dans toute sa splendeur c’est découvrir en quoi il peut être différent. Ce que l’on ignore, c’est que voyager vers Cuba occasionne des escales en Europe et en Amérique du Nord. En transitant à travers plusieurs aéroports, on passe d’un continent à un autre avec les découvertes que cela apporte dans les airs et à travers les hublots . De Madagascar jusqu’à Cuba, on traverse l’Afrique toute entière pour atterrir sur le vieux continent pour ensuite repartir vers l’Amérique et finalement on débarque sur Cuba.

Croyez-vous que tout le monde s’intéressera à un voyage en terre inconnue ?

Une considération de la culture est également prise. C’est le cas lorsque Madagascar Grande île Travel a été la toute première à promouvoir le voyage en terre sainte, c’est-à-dire en Israel. Sachant pertinemment bien l’attachement des personnes à la religion et au christianisme, à partir de plusieurs pays du monde dont Madagascar, Madagascar Grande Ile Travel travaille avec ses partenaires pour embarquer des gens à destination d’Israël. Les exploits ont fait que plusieurs agences de voyages suivent l’exemple de cette destination particulière. Mais l’imitation ne doit pas décourager l’opérateur économique. Au nom du libéralisme économique, le marché ne peut pas souffrir du monopole car le tourisme inbound&outbound se développe. Plusieurs localités dans le monde entier sont encore à visiter toute la vie et elles peuvent faire l’objet d’offres de voyage toujours dans le but de satisfaire les besoins.

Prenez-vous en compte l’appartenance de Madagascar à des marchés régionaux dans la conception d’une offre de voyage ?

Il faut noter d’abord qu’en parallèle à la promotion des destinations étrangères, on se charge également de l’accueil des touristes qui viennent en masse de l’étranger. Cette arrivée des touristes est un facteur important de rentrée de devises pour les hôteliers, restaurateurs, hébergeurs. Dans l’organisation du voyage au départ de leur pays respectifs jusqu’ici à Madagascar, l’entreprise organisatrice ne gagne pas grand-chose , ne serait-ce que 20% de tout ce qui est investi par le voyageur. Cette explication veut dire que le tourisme rapporte à tous mais à des proportions différentes, d’où la nécessité de collaborer car c’est en unissant tous les potentiels et toutes les capacités que les acteurs du tourisme à Madagascar peuvent se développer. Et il faut s’ouvrir au monde entier au lieu de se limiter à des espaces géographiques.

Et qu’en est-il justement des espaces que présentent les marchés régionaux ?

En termes d’échanges et de libre circulation des personnes et des marchandises, les principes sont là mais la réalité est toute autre. Il y a une proportion à atteindre lorsqu’on propose une offre de voyage. Dans le pays étranger où l’on désire emmener des Malgaches, l’entreprise partenaire doit également réussir à inciter un nombre indicatif de personnes pour voyager vers Madagascar. On sous-entend par-là « l’échange équitable ». Combien même Madagascar appartient à des marchés régionaux, la demande dans ces marchés-là par rapport à un voyage touristique vers Madagascar n’est pas significative et vice-versa. On essaie chaque jour d’étendre la limite de l’horizon des Malgaches pour leur offrir des voyages à destination de lieux que le grand public n’a jamais imaginé pouvoir découvrir.

Et que faites-vous en réponse à des besoins spécifiques de voyage ?

C’est là qu’il importe d’expliquer séparément tourisme « inbound » et  tourisme « outbound ». Le besoin du touriste étranger qui veut voyager dans le Sud de Madagascar n’est pas le même que celui du Malgache dans le désir ardent de découvrir la Terre sainte. Il y a cette différence qu’il ne faut pas négliger sinon on occasionne un choc culturel. Déjà des jours avant le départ, il y a une préparation culturelle de tous ceux qui veulent prendre part à un voyage déterminé. Par voyage, chacun a une définition de ses besoins à satisfaire et des offres personnalisées sont conçues sur demande.

Et qu’en est-il de la question sécuritaire et sanitaire en plein voyage ?

L’entreprise promotrice de l’offre de voyage se charge d’établir légalement un partenariat avec une entreprise étrangère présente sur le pays de destination. Ce partenaire est au courant de toutes les situations où il est implanté et est en connaissance de toutes les institutions sur place car il a une existence légale, excluant d’office tout recours à une démarche clandestine, illégale, illicite. Comme on l’a dit précédemment, il y a une éducation qu’on offre au voyageur avant son départ, un accompagnement précis notamment. On éduque les gens à connaître où aller et quoi faire.

Et les voyages dans les pays à risque alors ?

Rien ne se fait à la légère. En amont de tout voyage proposé avec des mois et des mois en avance, il y a au préalable le souci du détail pour privilégier la faisabilité. Trois voyages par an sont organisés et sont tous réussis chez Madagascar Grande île Travel. Ce n’est donc pas une course au nombre qui compte, mais une certitude vis-à-vis de l’intérêt que le public portera sur une offre de voyage proposée. Ces trois voyages sont les voyages en groupe tout simplement, mais en addition il y a les voyages spécifiques pour organismes, entre collaborateurs, entre membres d’une même famille, ce sont les voyages privés dont la confidentialité est de rigueur. Lorsque la conviction de voyager est là , on est également là pour permettre à chacun de réaliser ses rêves.

Qui est le plus rentable le tourisme inbound ou le tourisme outbound ?

Le tourisme inbound, c’est-à-dire à l’intérieur de nos frontières nationales par exemple, rapporte énormément pour les opérateurs locaux. Le tourisme outbound rapporte aux entreprises existantes dans le lieu de destination. L’organisateur du voyage, est celui, qui est dans la chaîne, à se retrouver le moins rémunéré car il participe juste, et cela à juste titre, à la réussite du voyage et il ne perçoit rien sur les frais d’hébergement ou de restauration qui sont encaissés par les hôteliers et restaurateurs. D’où il faut insister sur la collaboration et des partenariats existants contribuent beaucoup à la motivation de l’organisateur de voyage. La concurrence dans le tourisme inbound et outbound n’est pas un problème lorsque chacun excelle et fait de son mieux dans son savoir-faire. Étonnant peut-être, mais n’empêche que cela existe, les participants aux voyages entretiennent une fidélité vis-à-vis de l’organisateur, d’où l’existence des réductions de frais de service à payer.

Et comment peut-on évaluer la satisfaction d’un participant à un voyage ?

L’identification du besoin du participant au voyage se fait très tôt. Tout au long de la période d’accomplissement des formalités administratives, une écoute active est dédiée à chaque participant pour connaître ses desideratas et réelles attentes.C’est en connaissance de ses attentes que le réajustement des conditions et critères contenus dans une offre de voyage intervient. Le voyageur satisfait, se décide à voyager de nouveau, toujours vers de nouvelles destinations bien sûr.

Et qu’en est-il des structures d’accueil que ce soit pour le tourisme inbound ou celui outbound ?

L’économie de moyens est le principe, on oriente le voyageur vers ce qui est à sa portée. On veille de temps à autre à proposer des endroits où le rapport qualité-prix satisfait aux attentes du voyageur en termes d’hébergement, de locomotion, de restauration. L’effort se base sur la quête de tout ce qui peut rendre mémorable et inoubliable un voyage. Pour les touristes qui viennent à Madagascar par exemple, des communautés villageoises en partenariat avec Madagascar Grande île Travel peuvent les héberger. Il y a là le concept consistant à concilier le mode de vie locale avec l’hospitalité que demande un voyageur de passage.

Y a-t-il d’autres options?

Même en passant du temps sous un toit ordinaire et typiquement malgache, le touriste peut déjà garder des souvenirs qu’il raconte ensuite chez Madagascar Grande île Travel. Pas loin du siège de Madagascar Grande île Travel à Alasora, des communautés villageoises sont viabilisées et peuvent accueillir des touristes en provenance de l’étranger. En habituant également les touristes à s’accommoder au mode de vie normal et quotidien des Malgaches, on achemine implicitement ces touristes vers le quotidien vécu par les habitants de la Grande-île.