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Tendance : Petit appétit chez les végans

Quand on parle d’environnement, elle englobe la nature  et l’Homme. Ce dernier, dans le souci de survivre, exploite les ressources qu’il trouve dans la nature dont les plantes  et les animaux. Actuellement, un groupe de personnes se
disant soucieux de l’environnement respectent les animaux.

Vegan style ou véganisme ! Voilà une nouvelle tendance que des milliers de gens adoptent en ce moment. Pour les uns, il s’agit d’un mode de vie et pour d’autres, une prise de décision. Entre végétarien et végétalien, il existe encore une différence. Le premier ne consomme pas de viande (rouge et blanche) tandis que le second se prive de tout produit d’origine animale. Et le vegane, par dessus tout n’exploite jamais l’animal ni dans son régime alimentaire ni dans ses effets vestimentaires. Il ne prend ni lait, ni œuf, ni miel, ni poisson, ni crustacé et bannit cuir, laine, soie, cachemire, fourrure, peau de crocodile, de serpent de sa garde-robe. Pas de perle, de nacre, d’ambre, de plumes, d’écailles, de corne non plus dans ses accessoires.

« Véganisme » dérive de l’anglais « vegetarian » et il a été adopté en 1944 lorsque Donald Watson, fondateur de la Vegan society a supprimé les lettres centrales. Sept ans plus tard, cette société annonce que « Le véganisme est la doctrine selon laquelle les humains doivent vivre sans exploiter les animaux. » Cette philosophie, façon de vivre et à la fois un principe moral excluent alors toute exploitation et cruauté envers les animaux en faveur de la nourriture et de l’habillement.

Certains commencent leurs premiers pas avec le régime végétarien. « J’ai décidé d’adopter cette diète en mars 2018 pour des raisons de santé. J’ai poursuivi un traitement de trois mois mais au bout d’un mois de détox, j’ai ressenti un grand changement. Je me sens légère et je crois que mes organes sont purifiés. C’était compliqué au début – les Malgaches acceptent difficilement le changement surtout lorsque c’est brusque – mais quand le mental adhère, tout va. Depuis, ma frustration a disparu sans avoir fourni d’efforts. J’ai abandonné les aliments truffés de produits chimiques dont je raffolais auparavant comme les chips. Maintenant, j’utilise de l’huile d’olive, ou de l’huile de pépin de raisin. Au restaurant, je prends du plaisir à savourer les plats sans viande », explique Johanesa Niandonirina, enseignante.

Débats

Côté santé, certains médecins avancent que le régime végétarien/végétalien aide une personne à éliminer les mauvaises graisses, donc prévient le surpoids et l’obésité et certaines maladies cardio-vasculaires. Toutefois, ils recommandent aux futurs adeptes de s’y mettre progressivement pour permettre à l’organisme de supporter le changement.

Les omnivores, par contre, voient le véganisme autrement. « Je crois que les véganes détestent exercer la cruauté sur les animaux. Ils protègent l’environnement, disent-ils. Ils sont contre l’élevage industriel, l’utilisation de pesticides dans l’agriculture, donnent des légumes à leur animal de compagnie. Je me demande combien d’entre eux se consacrent à l’agriculture, aménagent un jardin potager, un verger pour cueillir ce dont ils ont besoin car épuiser ce qu’il y a sur le marché et ne rien produire pour le compenser ne suffit pas », critique Nivo Rakotomalala, productrice de légumes. Cette mère de famille raconte qu’elle aime la viande, elle en mange trois fois par semaine et rapporte que « Dieu a tout créé pour que nous puissions régner sur la nature, l’exploiter à bon escient et en prendre soin également. »

Par ailleurs, le Dr Domoina Soa Kanto Rakotonoely, généraliste fait remarquer que le fait de se passer de viande, d’œufs, de produits laitiers entraîne des carences en fer, en vitamine B12, en protéines, en calcium et en vitamine D qui se déclinent sous plusieurs signes. « Le manque de fer provoque la fatigue, l’essoufflement à l’effort, des maux de têtes, la diminution de la force physique, la pâleur. L’absence de vitamine B12 provoque la diarrhée, conduit à l’anorexie, aux douleurs dorsales et des membres. Un régime pauvre en protéine empêche nos organes de jouir des acides aminés essentiels qui évitent l’altération des os, de la désorientation de la colonne vertébrale. La personne devient insomniaque, perd ses cheveux et ses ongles », clarifie-t-il. Ce médecin ajoute qu’un régime pauvre en calcium favorise les fractures, les crampes, l’hypertension artérielle, la carie, le trouble de la coagulation, des risques hémorragiques, les problèmes cardiaques.