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Magiciens : Des jeunes bluffants

Dans la capitale, des jeunes sont en train de devenir célèbres et étonnent les passants grâce à des tours de magie, d’hypnose, de mentalisme… Cependant, à côté, il y a des facettes cachées que ce reportage vous fera découvrir.

Abracadabra. Surtout, s’ils vous accostent, accordez-leur deux minutes. Vous pourriez regretter de ne pas avoir vu de vos propres yeux un de leurs tours. Eh ! oui, depuis plus de cinq ans, de jeunes magiciens se plaisent à surprendre les gens avec leurs tours de passe-passe. KouKoumi Ny Aina, Tendry Andrianjoky et Andie Rosiers Anjaranirina en font partie. Des jeunes qui ont décidé de consacrer du temps à la magie. Depuis l’enfance, ils sont attirés par cet art, mais ce n’est que depuis leur adolescence, que ces personnes assistent véritablement à leurs premiers tours. Cependant, ce n’est pas par magie s’ils ont acquis leurs compétences dans le domaine de la prestidigitation. Pour parvenir à réaliser leurs rêves et devenir « magiciens » professionnels, Koukoumi Ny Aina, Tendry et Andie s’entraînent, sans relâche. Ils regardent des centaines de vidéos, font de nombreuses recherches et passent des heures devant un miroir à faire et à refaire ces tours de prestidigitation. Leurs amis leur servent de cobayes et assistent, jour après jour, à leurs progrès.

Sans relâche

La plupart des Malgaches sont religieux et chrétiens. Beaucoup pensent que s’adonner à la magie incite à ignorer sinon à mépriser la foi. D’autres disent qu’ils ne font que distraire  l’esprit humain à des futilités, donc une perte de temps. Même sa famille a tourné le dos à Tendry Andrianjoky et refuse qu’il poursuive son rêve. «Au début, mes parents ne voulaient pas que je pratique de la magie. Ils ont dit que c’est mal de le faire.  Mais quand je leur ai montré que c’était sain et  il qu’il n y avait aucune mauvaise intention, ils m’ont finalement soutenu », raconte-t-il. Non seulement à la maison, mais même les voisins et les camarades de classe  avaient peur et s’écartait de lui. «Aujourd’hui, beaucoup de gens savent que je connais beaucoup de passes de magie. Comme l’hypnose, le mentalisme… L’inconvénient dans tout cela, c’est que la plupart des gens ont peur  de me parler et m’évitent. En réalité, ils craignent que j’abuse d’eux avec mes tours. Pourtant, je ne le  fais pas pour escroquer ou tromper les gens, mais pour les amuser et les divertir», déclare-t-il. « Pour la société, il est très difficile d’apporter un changement de vision, elle conçoit toujours la magie comme un travail du diable », ajoute Tendry Andrianjoky

Clairvoyance

Certes, un bon magicien devrait être capable d’animer une foule, de l’intriguer, mais aussi de lui faire vivre diverses émotions. Le magicien est ainsi capable d’interagir avec son public. Il saura ainsi l’hypnotiser afin de garder son attention, mais aussi de le divertir, il aura le talent d’orateur et saura mêler humour et sérieux. Le magicien est donc capable de jouer la comédie et de tenir plusieurs rôles. Il  ne doit montrer aucune hésitation ni aucun signe de timidité.  « Efficace, simple et vigoureux, voilà  comment on doit s’y prendre pour faire de la prestidigitation dans les rues ou dans des fêtes familiales. Un simple tour de pièce ou de carte devient alors un miracle car le public est si proche que le magicien, s’il travaille avec naturel, donnera l’impression de créer de la vraie magie », explique Koukoumi Ny Aina.

« L’inconvénient majeur est que rien n’est jamais acquis, il faut sans cesse chercher des nouveautés pour surprendre le public qui n’aime pas revoir les mêmes numéros. Cependant, cet inconvénient est surpassé par un avantage majeur : j’ai fait de ma passion mon métier et travailler est un plaisir », concluent les trois jeunes prestidigitateurs.