#7 Actualites Culture

Décès de Dadah Rabel : Mahaleo en voix de disparition

La culture malgache en général et la grande famille des artistes en particulier à nouveau endeuillées. Tout juste deux semaines après la disparition de Fafah le 20 octobre à Antananarivo, c’était au tour de Dadah Rabel de succomber le 3 novembre à Antsirabe. Une lourde perte et un grand vide pour les trois rescapés Bekoto, Dama et Charle du groupe Mahaleo et également pour de nombreux mélomanes. Avant eux, rappelons les décès de Raoul et Nono respectivement en 2010 et 2014. Si Fafah a été qualifié de voix d’or, Dadah Rabel était un magicien des mots et un arrangeur de haute réputation. Ayant étroitement collaboré avec de nombreux artistes, ce grand défenseur de la langue malgache en citant le défunt poète Rado comme son idole, a su partager sa passion musicale et a laissé un grand héritage pour les nouvelles générations.

À la fois simple, modeste, humble, discret, cette icône de la chanson malgache représentait l’image d’un véritable rassembleur. Peu bavard dans ses attitudes quotidiennes, généreux et aimant beaucoup plaisanter et faire rire, ce loholona (ancien diacre) et membre de la Chorale Antoko Mpihira Analakely ou AMA exprime ce qu’il ressent dans ses pensées à travers ses multiples compositions (Tsy misy ho doria, Faribolana, Embona, Ianao, Hiaraka isika, Jamba, Vololona, Fitia tena fitia, Tsara tso-drano, Ao izy e, Ny zanako vavy, … ). Dans ses textes, Dadah Rabel s’inspirait de différents thèmes comme l’amour dans tous ses états, la vie courante, la mort, les actualités, l’évangélisation, la corruption, la pauvreté, les abus, l’éducation, l’injustice, l’inégalité sociale…

Hommage national

Sa dépouille mortelle a été acheminée le 6 novembre à Antananarivo. Peu avant 16 heures, un accueil émouvant à quelques mètres de l’entrée du Palais des sports à Mahamasina réalisé par une pléiade d’artistes qui ont interprété «Hiaraka isika» puis «Veloma ry fahazanana», «Aleloia». À l’intérieur, un silence total, une grande foule en larmes, fortement attristée et plongée dans une profonde émotion. Un enchaînement de présentations de condoléances, de multiples témoignages de sympathie et de soutien alternés par une vive animation assurée par des artistes issus de diverses disciplines tout au long de la veillée funèbre.

Des catégories de personnalités, des sympathisants… ont rendu un dernier hommage à cet artiste d’exception. Dama abattu et ému a répondu aux journalistes qu’il s’agit d’une situation dramatique avec cette double perte en l’espace de deux semaines. À Bekoto de rajouter qu’il est impossible pour lui et ses deux collègues Dama et Charles de continuer l’aventure car désormais Mahaleo risque l’extinction. De son vivant, Dadah a déjà été décoré Commandeur des Arts, des Lettres et de la Culture avec ses compagnons de route et à 65 ans à titre posthume, il a été promu Commandeur de l’Ordre National le 7 novembre à Mahamasina suivi d’un culte à la cathédrale FJKM à Analakely avant son enterrement dans son caveau familial à Mandrisoa, Betafo.